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James Comey appelle les républicains à se tenir debout devant Donald Trump

James Comey, l'index levé, s'adresse aux journalistes.
James Comey a reproché aux républicains de ne pas avoir le courage de défendre la vérité. Photo: Associated Press / J. Scott Applewhite
Radio-Canada

L'ancien directeur du FBI James Comey a accusé le président Donald Trump de nuire à l'État de droit avec ses attaques contre le FBI. Il a du même souffle reproché aux républicains de ne pas avoir le courage de défendre la vérité.

C'est un James Comey visiblement excédé qui est sorti de sa deuxième audition à huis clos devant deux commissions de la Chambre des représentants lundi.

« Une autre journée consacrée aux courriels de Hillary Clinton », a-t-il déploré devant les journalistes après avoir témoigné pendant près de six heures devant la commission judiciaire et la commission de la surveillance gouvernementale, toutes deux présidées par les républicains.

« Tout cela pendant que le président des États-Unis ment à propos du FBI, attaque le FBI et attaque l'État de droit. Comment tout cela peut-il avoir un quelconque sens », a demandé l'ex-directeur du FBI, limogé par Donald Trump en mai 2017.

Autrefois, les républicains comprenaient que les actions du président importent, que ses propos importent, que l'État de droit et la vérité importent. Où sont ces républicains aujourd'hui?

James Comey

« La réputation du FBI a été écornée parce que le président des États-Unis, avec ses alliés, a menti en permanence à son propos. Beaucoup de gens bien [...] croient ces absurdités », a dénoncé M. Comey.

« Les personnes qui sont mieux informées, y compris les membres républicains de cette instance, doivent avoir le courage de se tenir debout et de dire la vérité, a-t-il ajouté. Leur silence est honteux. »

Il a aussi critiqué le président d'avoir traité son ex-avocat Michael Cohen de « rat » pour avoir collaboré avec le FBI.

« Souvenez-vous, Michael Cohen est seulement devenu un rat après que le FBI a fait quelque chose d'absolument impensable et inouï avant le déclenchement illégal de la Chasse aux Sorcières. Ils ont PÉNÉTRÉ À L'INTÉRIEUR DU BUREAU D'UN AVOCAT », a tempêté le président américain dimanche.

Le FBI avait perquisitionné en avril, et sur ordre de la justice, les bureaux de Michael Cohen, ex-avocat de Donald Trump qui a été condamné à trois ans de prison pour s'être rendu coupable d'évasion fiscale, avoir menti au Congrès et avoir enfreint les règles du financement électoral.

« Le président des États-Unis qualifie de rat un témoin qui a collaboré avec son propre département de la Justice », a souligné James Comey, appelant à nouveau les républicains à dénoncer ce genre de comportement.

Les courriels d'Hillary Clinton encore sur la sellette

Dix jours après une première audition devant les commissions parlementaires, James Comey a confié avoir de nouveau été interrogé sur l'utilisation d’une messagerie personnelle et d'un serveur privé par Hillary Clinton, rivale démocrate de Donald Trump lors de la présidentielle de 2016, lorsqu'elle était secrétaire d'État sous la présidence de Barack Obama.

James Comey a dit avoir été aussi questionné sur un dossier réalisé par le FBI grâce auquel, selon les républicains, les enquêteurs fédéraux ont justifié l'obtention d'un mandat pour surveiller l'un des membres de la campagne de Trump.

« Je trouve frustrant d’être ici pour répondre à des questions bien moins importantes que les valeurs sur lesquelles ce pays est fondé », a déploré M. Comey.

Cette année, l'ex-dirigeant du FBI a déclaré au cours d'une entrevue que le magnat de l'immobilier était « moralement inapte à être président ». Dans ses mémoires, publiés en avril dernier, il l'a décrit comme un menteur à l'« ego démesuré » et au comportement mafieux.

La Maison-Blanche avait d'abord justifié le congédiement de James Comey par sa gestion de l'enquête sur les courriels d'Hillary Clinton. Plus tard, le président a dit qu'il pensait à « l'affaire de la Russie » lorsqu'il a pris sa décision, avant d'affirmer le contraire un an plus tard.

Donald Trump l'a par ailleurs accusé, sans preuve, d'avoir divulgué à la presse des informations confidentielles.

Le congédiement de James Comey a ouvert la voie à la désignation du procureur spécial Robert Mueller pour prendre en charge l'enquête sur l’ingérence de la Russie dans la campagne présidentielle de 2016 et sur une éventuelle collusion avec l'équipe de campagne de Donald Trump.

Ironiquement, Hillary Clinton avait accusé James Comey d’être responsable de sa défaite parce qu'il avait annoncé publiquement avoir rouvert son enquête sur ses courriels, à 11 jours du scrutin.

Donald Trump, président des États-Unis
Avec les informations de CNN, Reuters, et AFP

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