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Pétrole : le maire de Calgary hué pour avoir parlé en français

Naheed Nenshi, devant un podium, s'adresse au manifestants.

Le porte-parole d’Action Canada, Cody Battershill (droite), avait été forcé de reprendre le micro pour demander aux manifestants de conserver le silence.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

L'hostilité de certains Albertains envers le Québec s'est manifestée lundi lors d'une manifestation propipeline à Calgary. Le maire Naheed Nenshi a été accueilli par des huées quand il a voulu prononcer quelques mots en français devant une foule de 2500 personnes rassemblées en soutien à l'industrie pétrolière.

Un texte de François Joly

La manifestation avait lieu à l’appel de l’organisme Canada Action en collaboration avec le conseil municipal de Calgary. Naheed Nenshi souhaitait s’adresser aux Québécois et au premier ministre François Legault pour leur rappeler que les revenus de l’industrie pétrolière albertaine profitent à l’ensemble du pays.

Le maire de Calgary hué lorsqu'il parle français

C’est important pour nous de protéger notre environnement. C’est important pour nous de bâtir le Canada. C’est important pour nous que tous les Canadiens aient l’occasion d’avoir la prospérité.

Les phrases en français du maire de Calgary, Naheed Nenshi

La fin de son allocution a été accueillie par des applaudissements.

Le porte-parole d’Action Canada, Cody Battershill, avait été forcé de reprendre le micro pour demander aux manifestants de conserver le silence. « Ce message doit se rendre partout au pays, a-t-il déclaré. Je vous demande d’être respectueux pendant que le maire s’adresse à nos concitoyens au Québec. »

Plusieurs conseillers municipaux ont lancé un appel à la création d’une coalition de villes qui appuient l’industrie pétrolière en raison des revenus qu’elle génère partout au pays.

Des frustrations persistantes

Les récentes déclarations du premier ministre du Québec, François Legault, décrivant le pétrole albertain comme étant une énergie sale ont été très mal reçues en Alberta. M. Legault répondait à une question au sujet d’une éventuelle relance du projet de pipeline Énergie Est, qui transporterait du pétrole de l’Alberta jusqu’au Nouveau-Brunswick, en passant par le Québec.

Les propos de François Legault avaient poussé Brian Jean, ancien chef de l’opposition officielle en Alberta, à lancer un appel au boycottage des produits québécois.

Beaucoup d'Albertains, dont le ministre des Finances, Joe Ceci, ne tolèrent pas non plus que le Québec reçoivent près de 13 milliards de dollars de transfert de péréquation.

Un manifestant tenant sa pancarte au milieu des manifestants.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un manifestant tient une pancarte sur laquelle est écrit « Le Canada ne fonctionne plus ».

Photo : La Presse canadienne / Jeff McIntosh

Les frustrations sont nombreuses en Alberta, où plusieurs projets de pipelines se heurtent à d’importants obstacles, notamment à la suite de décisions des tribunaux. Le manque de capacité d’exportation pour l’or noir a entre autres mené à une diminution majeure des prix du pétrole canadien par rapport à celui produit aux États-Unis.

Parler aux Québécois

Il y a deux langues officielles dans ce pays et nous ne devrions pas en éliminer une de notre message.

Marg McCuaig-Boyd, ministre albertaine de l'Énergie

La ministre qui souhaitait tendre la main aux Québécois a ajouté qu’il ne faut pas présumer que ceux-ci s'opposent tous à l’industrie pétrolière.

Le maire Naheed Nenshi a pour sa part salué le maire de Québec, Régis Labeaume, qui selon lui déploie d’importants efforts pour défendre l’industrie pétrolière.

Malgré l’hostilité de certains manifestants, des francophones présents à l’événement ont tenu à exprimer leur frustration envers la province de Québec. « Il y a beaucoup d’activisme pour l’environnement. Au Québec, on dirait qu’on s’imagine qu’il y a des piscines pleines de pétrole et de goudron, mais ce n’est vraiment pas le cas », explique Jean-François Bérubé, qui travaille dans l’industrie pétrolière en Alberta depuis 2005.

Avec les informations de Geneviève Normand et Charlotte Dumoulin

Alberta

Francophonie