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Pas d'indemnité de départ de 120 millions pour l'ex-PDG de CBS accusé d’agressions sexuelles

Leslie Moonves parle lors d'une entrevue.
Leslie Moonves a dit regretter « infiniment » d'avoir mis des femmes mal à l'aise en leur faisant des avances, ajoutant toutefois avoir toujours respecté les refus essuyés. Photo: Reuters / Lucy Nicholson

Le réseau de télévision CBS a annoncé lundi qu'il n'entendait pas verser à son ancien PDG Leslie Moonves les 120 millions résiduels de son indemnité de départ en raison des accusations de harcèlement et d'agressions sexuels formulées à son endroit.

Celui qui fut l’une des figures les plus puissantes de la télévision américaine risque cependant de contester en cour la décision de son ancien employeur.

La chaîne américaine a évincé Leslie Moonves de son poste en septembre dernier, à la suite d'une deuxième série d'accusations d’agressions sexuelles lancées par des femmes.

Le dirigeant de 68 ans, qui a fait de CBS le plus populaire des réseaux américains, aurait commis les gestes qui lui sont reprochés avant son arrivée à la tête de CBS, mais aussi après.

La semaine dernière, la chaîne a annoncé qu'elle donnerait 20 millions de dollars à près d’une vingtaine d’associations soutenant le mouvement #MoiAussi et l'égalité des femmes au travail, une somme prélevée à même l’indemnité de départ de 140 millions prévue au contrat de Leslie Moonves.

Le conseil d’administration de CBS attendait les conclusions de l'enquête indépendante de deux cabinets d'avocats pour déterminer si l'entreprise lui verserait le reste de l'indemnité.

Debevoise & Plimpton et Covington & Burling étaient mandatés pour se pencher sur le comportement de Leslie Moonves, mais aussi la culture de l’entreprise.

Dans un communiqué expliquant les motifs de « congédiement justifié » de son ancien haut dirigeant, le conseil d’administration invoque un « abus de pouvoir délibéré », la violation des politiques de l’entreprise et de son contrat de travail ainsi que son refus délibéré de coopérer pleinement à l'enquête.

Le communiqué ne révèle cependant pas les détails de l’enquête.

De multiples témoignages

Une version préliminaire du rapport obtenue par le New York Times au début du mois accusait Leslie Mooves d’avoir détruit des preuves et d’avoir cherché à apaiser ses accusatrices en leur promettant un emploi.

Le rapport mentionnait aussi des allégations de nouvelles accusatrices, venues s’ajouter aux 12 témoignages relayés dans deux enquêtes du New Yorker, qui ont mené au congédiement de Leslie Moonves.

Les femmes interviewées par le journaliste Ronan Farrow affirmaient notamment avoir été touchées ou embrassées de force, contraintes à faire des fellations, et l’accusaient d’exhibitionnisme et de violences physiques.

Certaines femmes ont aussi accusé Leslie Moonves d'avoir entravé leur carrière après qu'elles eurent repoussé ses avances.

Celui-ci a reconnu avoir eu des relations sexuelles avec trois des femmes, assurant toutefois qu’elles étaient consensuelles, mais a nié tout autre contact sexuel avec ses autres accusatrices.

Selon le conseil d'administration de CBS, l’enquête a permis de conclure que le harcèlement et les représailles n'étaient pas omniprésents au sein de l’entreprise, mais que ses politiques et pratiques avaient échoué à prévenir les incidents passés.

Les enquêteurs ont constaté que l'entreprise avait échoué à tenir ses hauts dirigeants responsables de leur conduite, toujours selon le conseil d'administration.

Celui-ci a mentionné avoir retenu les services de conseillers externes pour régler ses problèmes de ressources humaines.

Depuis le début de l'affaire Harvey Weinstein, en 2017, des dizaines d'hommes de pouvoir américains ont été poussés vers la sortie dès les premières accusations de harcèlement ou d'agressions sexuels rendues publiques.

Avec les informations de Reuters, et AFP

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