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Affaire Khashoggi : « invraisemblable » que le prince saoudien ne soit pas impliqué, dit Trudeau

Les détails avec Louis Blouin
Rania Massoud

Le premier ministre Justin Trudeau juge « invraisemblable » que le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, ne soit pas impliqué dans le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi.

Dans une entrevue accordée lundi à Patrice Roy à l’occasion des fêtes de fin d’année, M. Trudeau affirme avoir évoqué l’affaire du journaliste Jamal Khashoggi avec le prince héritier saoudien lors du G20 à Buenos Aires, fin novembre.

Le journaliste saoudien a été assassiné début octobre à l’intérieur du consulat saoudien à Istanbul. Riyad soutient que le meurtre a été commis sans l'accord de ses plus hauts dirigeants. Les autorités saoudiennes ont rejeté une demande d'extradition turque des suspects, parmi lesquels deux proches du prince héritier Mohammed ben Salmane.

Je pense que l’idée qu’un pays et un leader qui est aussi contrôlant que le prince Salmane ait perdu contrôle de sa garde rapprochée comme ça, ça me paraît très invraisemblable.

Justin Trudeau

Abordant la question controversée du contrat de véhicules blindés qui lie Ottawa à Riyad, M. Trudeau a assuré que son gouvernement est en train de réviser le document en question.

On est maintenant en train de regarder les permis d’exportation pour voir si on peut faire quelque chose pour moins en envoyer ou ne pas en envoyer à cause du meurtre du journaliste Khashoggi, qui est absolument inacceptable, [...] mais surtout à cause de la crise humanitaire au Yémen.

Justin Trudeau

Selon lui, « ça prend des actions pour arrêter cette situation-là ».

« C’est un contrat qui exige de la confidentialité, malheureusement » , a toutefois dit M. Trudeau à l’animateur du Téléjournal 18 h. « C’est un contrat très difficile. »

Ce contrat, signé en 2014 par les conservateurs et approuvé en 2016 par les libéraux, accorde les permis autorisant General Dynamics Land Systems Canada à exporter des véhicules d'assaut en Arabie saoudite.

La filiale canadienne de l'entreprise General Dynamics a cependant mis Ottawa en garde, lundi, affirmant que le gouvernement fédéral devra débourser des milliards de dollars en pénalités si son contrat d'une valeur de 15 milliards pour la vente de véhicules blindés à l'Arabie saoudite devait être annulé de façon unilatérale.

Les tensions avec la Chine

Concernant les tensions avec Pékin, à la suite de l’arrestation au début du mois de décembre à Vancouver d’une dirigeante du géant chinois Huawei, Meng Wanzhou, à la demande de la justice américaine, le premier ministre canadien dit toujours miser sur la diplomatie pour régler la crise.

Jeudi dernier, Pékin a confirmé avoir arrêté deux ressortissants canadiens, disant qu’ils sont soupçonnés « d'activités menaçant la sécurité nationale » dans des affaires distinctes.

M. Trudeau, qui affirme ne pas avoir eu de contacts directs avec le président chinois, Xi Jinping, dit procéder par « des pressions à degrés » dans ce dossier.

« Si jamais je lui parlais et je disais : “Il faut les relâcher demain” et qu’il me dit non, ça serait quoi, ma prochaine conversation? Qu’est-ce qu’on fait après ça? » s’est demandé M. Trudeau. « Donc, les ambassadeurs se parlent et les ministres aussi pour essayer de régler ça, sans mettre plus de pressions politiques sur une situation qui ne devrait pas être politique », a-t-il ajouté.

Il y a beaucoup de gens qui sont en train de mêler la politique à ce dossier. [...] Nous, on demeure un pays intègre qui ne joue pas de la politique avec la vie de ses citoyens.

Justin Trudeau

L’entrevue sera diffusée dans son intégralité mardi à 17 h sur ICI RDI et à 18 h sur ICI TÉLÉ.

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