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Deux partenaires de Michael Flynn accusés d'avoir fait du lobbyisme pour la Turquie aux États-Unis

Michael Flynn, debout, près de sa limousine
L'ex-conseiller à la sécurité nationale des États-Unis Michael Flynn a collaboré avec le procureur spécial Mueller. Photo: Reuters / Jonathan Ernst

Des procureurs fédéraux ont accusé deux partenaires d'affaires de l'ex-conseiller à la sécurité nationale des États-Unis de lobbyisme illégal pour le compte de la Turquie. L'affaire découle notamment de l'enquête du procureur spécial Robert Mueller sur la Russie.

Des procureurs d'Alexandria, en Virginie, ont accusé l'ex-partenaire d’affaires de Michael Flynn, Bijan Kian (aussi connu sous le nom de Bijan Rafiekian), et l'homme d'affaires turc Ekim Alptekin d’avoir conspiré pour influencer « secrètement et illégalement » des politiciens américains et d'avoir omis de s'enregistrer en tant que lobbyistes étrangers.

Leur but était d’obtenir l’extradition du prédicateur musulman Fethullah Gülen, accusé par le président turc, Recep Tayyip Erdogan, d’avoir fomenté le coup d’État avorté de juillet 2016. « Les accusés ont cherché à discréditer et à délégitimer le citoyen turc aux yeux des politiciens et du public », précise l'acte d'accusation.

Bijan Kian, qui a comparu lundi devant un tribunal fédéral d’Alexandria, est aussi accusé d'avoir fait de fausses déclarations au FBI. Il a été libéré sous caution. Son comparse est toujours en fuite.

Selon l'acte d'accusation, Ekim Alptekin, un homme d'affaires proche du président Erdogan, a travaillé sous la direction du gouvernement turc et a tenu celui-ci informé de l’avancement de la campagne, un fait dissimulé par les accusés.

La cause a été transmise par le procureur spécial Mueller, chargé de l’enquête sur l’implication de la Russie et l’éventuelle collusion avec l’équipe de campagne de Donald Trump lors de la présidentielle de 2016.

Collaboration probable de Michael Flynn

Ces accusations semblent témoigner de la coopération de Michael Flynn avec la justice. Dans le cadre d'une entente conclue avec le procureur spécial Mueller, il avait admis qu'un contrat de consultation privé qu'il exécutait alors qu'il travaillait parallèlement comme conseiller pour la campagne présidentielle de Donald Trump était dirigé par des responsables turcs.

Selon les documents de cour, Bijan Kian était vice-président de l’entreprise de Michael Flynn, le Flynn Intel Group. Ekim Alptekin a quant à lui contribué au financement du contrat de consultation privé de M. Flynn.

Le gouvernement turc a demandé aux États-Unis d'arrêter et d'extrader M. Gülen en juillet 2016, mais le département américain de la Justice a rejeté sa requête parce qu'elle n'avait pas respecté « les normes légales en matière d'extradition », selon l'acte d'accusation.

L'opération secrète de lobbyisme, appelée « Campagne vérité », et par la suite « Opération confiance », semble avoir commencé peu après.

Selon les documents de cour, des courriels évoquent des réunions entre Ekim Alptekin et des ministres turcs, notamment pour parler « de la confidentialité, du budget et de la portée du contrat », mentionnent les procureurs.

Au cours de l'été, Bijan Kian, Ekim Alptekin et Michael Flynn se sont aussi réunis à New York avec deux ministres turcs pour discuter de la campagne contre M. Gülen, d’après les documents du tribunal.

Michael Flynn a écrit un texte d'opinion publié dans le journal The Hill le 8 novembre 2016, jour de l’élection présidentielle. Dans son texte intitulé La Turquie, notre alliée, est en crise et a besoin de notre soutien, il qualifiait Fethullah Gülen d'« islamiste radical » et de « mollah islamique véreux », le comparant à l’ayatollah Khomeney d’Iran.

L'entreprise de M. Flynn a reçu un total de 530 000 $ pour son travail.

Bijan Kian risque 15 ans de prison et M. Alptekin, 35 ans.

Flynn connaîtra sa peine mardi dans l'enquête sur la Russie

Ces accusations ont été dévoilées un jour avant que soit prononcée la sentence de Michael Flynn dans une affaire liée à l'enquête du procureur spécial Mueller.

En décembre 2017, Michael Flynn avait reconnu avoir menti aux enquêteurs fédéraux au sujet de conversations avec l'ex-ambassadeur russe Sergueï Kislyak. Il avait alors également admis qu'il avait violé à plusieurs reprises les lois exigeant que les entreprises enregistrent leur travail au nom de clients étrangers.

Plus tôt ce mois-ci, les procureurs ont recommandé la clémence de la cour, citant son « aide substantielle » dans l'enquête sur la Russie, mais aussi dans d'autres enquêtes en cours non précisées, dont fait vraisemblablement partie celle sur Kian et Alptekin.

Le ministère turc des Affaires étrangères a par ailleurs affirmé dimanche que le président Trump avait assuré à son homologue turc que son administration faisait le nécessaire pour extrader Fethullah Gülen.

Selon la presse américaine, l'administration Trump chercherait un moyen légal de justifier son extradition pour convaincre Ankara de cesser de faire pression sur l'Arabie saoudite au sujet de l'assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, ce que la Maison-Blanche a démenti.

Avec les informations de New York Times, Associated Press, et CNN

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