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Une Autochtone d'Elsipogtog victime de trafic de personnes, affirme sa soeur

Des mains liées.

Selon la PDG du Centre canadien pour mettre fin à la traite des personnes, 90 % des victimes au Canada sont nées au pays.

Photo : iStock / aradaphotography

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Une jeune femme de la Première Nation d'Elsipogtog, dans le sud-est du Nouveau-Brunswwick, est convaincue que sa sœur s'est enlevé la vie après avoir été prise dans les mailles d'un réseau de traite de personnes à Moncton.

Kayla Peters s’appuie sur les nombreuses histoires que sa sœur, Tiffany Peters, lui a racontées avant sa mort, le 21 septembre dernier, à l'âge de 28 ans.

« Ils ont menacé ma sœur de la vendre à un autre gars dans une nouvelle ville. C’est là que la traite de personnes m'est venue en tête. »

— Une citation de  Kayla Peters, la sœur de Tiffany Peters

Tiffany Peters consommait parfois de la drogue lorsqu’elle était adolescente, mais ce n'est qu'après avoir quitté son petit ami et ses deux enfants qu'elle est devenue consommatrice de drogues dures, selon sa soeur.

Kayla Peters raconte que sa sœur lui a dit qu’elle était forcée de se vendre parce qu’elle devait de l’argent à un groupe d’hommes pour de la drogue. Ces hommes la maintenaient sous leur coupe, affirme Kayla Peters, en lui disant qu'ils avaient des vidéos sexuelles la montrant et en menaçant de les remettre à sa famille.

Les deux jeunes femmes côte à côte, souriantes. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Kayla Peters,à droite, et sa grande soeur, Tiffany.

Photo : Radio-Canada / Gracieuseté : Kayla Peters

Dès lors, et ce pendant un an, Tiffany Peters a été battue, violée et, toujours selon sa sœur, droguée. Les hommes menaçaient de s’en prendre à ses enfants si elle ne faisait pas ce qu’ils voulaient.

Dans sa lettre de suicide, elle a demandé un test [toxicologique], comme un test de dépistage de drogues. [...] Elle mentionne [aussi] qu’elle a été violée, souligne Kayla Peters.

Tiffany Peters essayait par tous les moyens de sortir de ce monde durant les derniers mois de sa vie. Elle était sur une liste d’attente pour un lit dans un centre de réadaptation et a demandé l'aide de la police.

« Ils lui ont dit que ce n’était que les effets de la drogue, qu’elle était paranoïaque et qu’elle devrait aller voir un thérapeute. »

— Une citation de  Kayla Peters, la sœur de Tiffany Peters

Elle considère que sa sœur fait partie des femmes autochtones disparues et assassinées.

Je dis assassinée puisque c’est techniquement commettre un meurtre que de pousser quelqu’un au suicide, lui donner l’impression qu’il n’a pas le choix, explique-t-elle.

La croix sur la tombe de la jeune femme autochtone, originaire d'Elsipogtog, au Nouveau-Brunswick.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Tiffany Peters est morte le 21 septembre dernier.

Photo : Radio-Canada / Mike Heenan/CBC

Un problème répandu

La PDG du Centre canadien pour mettre fin à la traite des personnes, Barbaro Gosse, indique que les victimes du trafic d'êtres humains ne reçoivent souvent pas l’aide nécessaire lorsqu’ils se présentent à la police ou aux travailleurs de première ligne.

Souvent, les victimes qui ont vécu à travers de pareils traumatismes ont de la difficulté à bien expliquer leur situation à quelqu’un qui n’a pas été formé [de façon à les comprendre], explique Barbara Gosse.

Elle souligne que plus de 90 % des victimes de la traite des personnes au Canada sont nées au pays.

19 plaintes dans la dernière décennie

La porte-parole de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) au Nouveau-Brunswick, Jullie Rogers-Marsh, ne peut commenter le dossier de Tiffany Peters pour le moment, sauf pour dire que sa mort fait l'objet d'une enquête.

Jullie Rogers-Marsh affirme que la Gendarmerie royale du Canada attend les résultats de l’autopsie, mais ne sait toujours pas quand le rapport sera terminé.

Elle indique toutefois que dans les 10 dernières années, la Gendarmerie royale du Canada au Nouveau-Brunswick a ouvert 19 dossiers liés à la traite de personnes. De ceux-ci, certains concernaient la prostitution et d’autres, des immigrants forcés à travailler.

Avec les informations de Vanessa Blanch et Oscar Baker III, de CBC

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