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  • La boxe et les blessures cérébrales

    L'animateur Michel Benoît présente un reportage sur l'état de santé de Cleveland Denny.  Dans une mortaise à l'arrière de l'animateur, il y a une image de Cleveland Denny couché dans une civière.

    En 1980, le boxeur Cleveland Danny mourait des suites de lésions cérébrales apparues lors d'un combat avec Gaétan Hart.

    Photo : Radio-Canada

    Radio-Canada

    Les boxeurs pratiquent un sport qui est parfois périlleux, comme l'a confirmé l'accident qu'a subi Adonis Stevenson le 1er décembre 2018 à Québec. Retournons avec nos archives constater les raisons de ces dangers et les efforts entrepris pour les éviter.

    Une tragédie de plus

    Cleveland Denny est devant son adversaire qui lui assène plusieurs coups de poing à la tête. Le boxeur s’agenouille puis s’écroule. Il ne se relèvera plus jamais.

    Téléjournal, 3 juillet 1980

    Ce tragique accident est décrit par le journaliste Charles Tisseyre dans un reportage qu’il présente au Téléjournal du 3 juillet 1980 et qu’anime Michel Benoît.

    Le 20 juin 1980 au stade olympique de Montréal, le boxeur Cleveland Danny affronte en match revanche Gaétan Hart, le champion canadien des poids légers. Ce dernier lui a ravi le titre deux ans auparavant.

    Vers la fin du combat, Gaétan Hart frappe plusieurs fois le visage de son adversaire.

    Cleveland Danny s’écroule.

    Ce qu’on ignore, c’est que l’attaque a provoqué la création d’un caillot de sang qui exerce une pression sur son cerveau. À l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, les médecins constatent que l’athlète est à l’article de la mort.

    Ils doivent le plonger dans un coma artificiel pour tenter de le sauver. Cleveland Denny décédera malgré leurs efforts le 7 juillet 1980.

    Aux funérailles de Cleveland Denny, Gaétan Hart, complètement atterré, déposera sur le cercueil de son adversaire la ceinture de champion en signe de respect.

    L’affaire fait grand bruit à l’époque et l'on prend conscience des dangers que fait courir la boxe au cerveau des athlètes.

    […] il y a aussi des blessures plus graves immédiates infligées soit par un coup de poing brutal ou par une rapide succession de coups moins puissants. Il peut se produire alors des hémorragies importantes à la périphérie du cerveau, mais plus graves encore à l’intérieur de ce dernier.

    Charles Tisseyre

    Ce soir, 10 juillet 1980

    Le 10 juillet 1980, le journaliste Charles Tisseyre propose à l’émission Ce soir qu’anime Normand Harvey un reportage sur les blessures du cerveau que peut provoquer la pratique de la boxe.

    Le journaliste interroge le neurologue Guy Courtois de l’Université de Montréal sur les risques que court le cerveau durant un combat de boxe.

    Il peut y avoir de graves lésions qui sont parfois mortelles. Entre 1945 et 1980, plus de 300 boxeurs sont décédés de blessures au cerveau produites lors de combats.

    Il peut aussi y avoir un mal moins létal, mais plus insidieux.

    De petites lésions cérébrales peuvent se produire et s’accumuler. À la longue, celles-ci affectent les facultés mentales des boxeurs.

    Les boxeurs atteints de ce mal sont, comme on le dit dans le jargon de la boxe, « punch drunk », abrutis par les coups. De 15 % à 50% des boxeurs en seraient atteints.

    Le décès de Cleveland Denny secoue le milieu de la boxe québécois. Une étude est commandée pour voir comment on pourrait mieux encadrer ce sport que plusieurs décrivent alors comme une « barbarie légale ».

    Cette étude donnera lieu à la publication de ce qu’on appelle le rapport Néron qui est rendu public le 14 mai 1981.

    Univers des sports, 17 mai 1981

    Le rapport Néron fait l’objet d’un reportage que le journaliste Serge Arsenault présente le 17 mai 1981 à l’Univers des sports qu’anime Lionel Duval.

    Le rapport souligne les dangers associés à la boxe en raison du manque de contrôle et de l’absence de règlements.

    Le milieu, conclut le rapport, doit se reprendre en main. La principale recommandation est alors de créer une fédération de boxe professionnelle au Québec.

    Peut-on réduire les risques d’accident? Une piste de solution serait selon certains de diminuer dorénavant le nombre de rounds ainsi que la durée de ces derniers de trois à deux minutes.

    En effet, les possibilités de blessure augmentent beaucoup à la fin des combats.

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