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Une chaire de recherche pour lutter contre la pyrrhotite

Les explications de Maude Montembeault
Radio-Canada

Québec et Ottawa unissent leurs forces pour lutter contre les problèmes liés à la présence de pyrrhotite dans le béton utilisé dans la construction résidentielle. Les deux paliers de gouvernement financeront, à hauteur de 4,9 millions de dollars sur quatre ans, une chaire de recherche pour remédier au problème.

Le Conseil national de recherches du Canada (CNRC) et l’Université Laval seront cotitulaires de la chaire de recherche qui sera financée, outre le CNRC, par la Régie du bâtiment du Québec (RBQ).

L’objectif de la chaire sera de fournir des solutions techniques à l'Association canadienne de normalisation pour lui permettre de mettre à jour « les normes sur les agrégats de béton » et les « intégrer aux codes nationaux ».

Les chercheurs établiront les seuils acceptables de la teneur de différents sulfures, comme la pyrrhotite, dans les agrégats de béton canadiens destinés à la construction. La chaire a également pour mandat de mettre au point des méthodes d’essai rapides, fiables et peu coûteuses pour détecter les teneurs en sulfures qui peuvent s’avérer dangereuses pour la construction.

Le ministre fédéral de l’Infrastructure, François-Philippe Champagne, et la ministre provinciale des Affaires municipales et de l'Habitation, Andrée Laforest, ont fait l’annonce de la création de cette chaire de recherche à Trois-Rivières, une ville particulièrement touchée par le problème de la pyrrhotite.

[Le CNRC], c’est le plus grand organisme de recherche au Canada que l’on met derrière cette initiative-là.

Le ministre fédéral de l’Infrastructure, François-Philippe Champagne

« Cette nouvelle chaire de recherche aboutira à de nouvelles normes de construction plus sécuritaires et réglera un problème concret », a ajouté par voie de communiqué le ministre de l’Innovation, des Sciences et du Développement économiques, Navdeep Bains.

Rappelant la mise en place d’un programme d’indemnisation, la ministre Laforest a indiqué que ce nouvel investissement dans la recherche constituait la deuxième phase de la lutte contre les effets de la pyrrhotite.

« Cette deuxième phase contribuera à faire évoluer les connaissances techniques dans le domaine, a déclaré Mme Laforest. Ainsi, nous pourrons éventuellement adopter de nouvelles normes afin de mieux protéger nos concitoyens et concitoyennes et ainsi éviter que des drames tels que celui vécu par les familles de Trois-Rivières ne se reproduisent. »

Ce dossier va rester près de moi sur le bureau, on va travailler ensemble, en collaboration, pour que le dossier évolue pour enlever le stress à tous les citoyens concernés par le problème de pyrrhotite.

La ministre québécoise des Affaires municipales et de l'Habitation, Andrée Laforest

Des victimes satisfaites

Le président de la Coalition d’aide aux victimes de la pyrrhotite, Alain Gélinas, s'est dit satisfait de la mise sur pied de cette chaire de recherche. « Ça fait longtemps que la coalition demande à avoir cette recherche qui se fait pour établir une nouvelle norme, un taux acceptable de pyrrhotite dans le béton, ce que nous n’avons pas à l’heure actuelle », a déclaré M. Gélinas en entrevue à RDI.

Le président de la coalition s'attend à ce que les chercheurs parviennent rapidement à certains résultats. « C’est une étude qui est commencée depuis 2014, qui a été un peu laissée de côté faute de financement, et qui est reprise maintenant », a-t-il expliqué. Et d'ajouter : « Avec tous les chercheurs qui vont s’activer là-dessus, ça donne une lueur d’espoir. »

Depuis le début de la crise de la pyrrhotite, on se fie sur la norme européenne.

Alain Gélinas, président de la Coalition d’aide aux victimes de la pyrrhotite

La crise de la pyrrhotite à Trois-Rivières touche quelque 8000 maisons construites de 1995 à 2008, selon M. Gélinas. Environ la moitié des maisons ont été testées pour connaître l’étendue des dommages causés par le minerai dans le béton.

M. Gélinas précise qu'il en coûte en moyenne 187 000 $ pour effectuer les travaux de réfection sur les résidences, mais l’aide offerte par le gouvernement est plafonnée à 75 000 $.

Un minerai qui fragilise le béton

La pyrrhotite est un sulfure de fer que l’on retrouve parfois dans les agrégats de béton. La présence de ce minerai dans les agrégats peut provoquer le gonflement, voire l'éclatement du béton et provoquer l’affaissement des habitations.

Bien que des tests de détection de ces sulfures dans le béton existent, ils n’ont toujours pas été validés et perfectionnés. Les résultats des travaux de la chaire de recherche constitueront une première mondiale.

Ces travaux profiteront non seulement aux citoyens de Trois-Rivières touchés par la pyrrhotite, mais également à ceux des États-Unis, de la Norvège, de l’Irlande et de l’Afrique du Sud, qui sont également aux prises avec ce problème.

Société