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Les Québécois de plus en plus énergivores, selon une étude

Le tuyau d'échappement d'un véhicule conventionnel
Les véhicules en marche rejettent de nombreux gaz dans l'atmosphère dont le dioxyde de carbone (CO2) – ce gaz est le gaz à effet de serre qui contribue le plus aux changements climatiques. Photo: Radio-Canada / Marc Godbout
La Presse canadienne

François Legault a beau dire qu'il rejette le pétrole « sale » de l'Ouest canadien au profit de l'hydroélectricité, mais de nouvelles données indiquent que les Québécois consomment des quantités record d'essence et continuent d'acheter de plus en plus de camions et de plus grandes maisons.

Selon le rapport publié par la Chaire de gestion du secteur de l'énergie de HEC Montréal, les Québécois sont largement perçus à travers le pays comme étant soucieux de l'environnement. Mais par habitant, ils comptent parmi les plus gros consommateurs d'énergie de la planète.

Le premier ministre du Québec a récemment soulevé l'ire des Canadiens de l'Ouest lorsqu'il a rappelé aux journalistes qu'il n'y avait « aucune acceptabilité sociale » dans sa province pour un oléoduc « d'énergie sale » en provenance de l'Alberta.

Ses propos lui ont valu des réprimandes d'experts et de politiciens de l'Ouest, dont la première ministre de l'Alberta, Rachel Notley, qui a invité M. Legault à « descendre de ses grands chevaux ».

Le professeur Pierre-Olivier Pineau, coauteur du rapport intitulé l'État de l'énergie au Québec 2019, a reconnu que les critiques ont raison de soulever la contradiction entre certaines positions qu'adopte la province et les habitudes de consommation de sa population.

Oui, il y a un certain degré d'hypocrisie chez tous les humains. Et, évidemment, en ce qui concerne certaines positions que les Québécois prennent [sur l'énergie], il y a une certaine hypocrisie qui est présente.

Le professeur Pierre-Olivier Pineau, coauteur du rapport

Les Québécois ont cependant de quoi se pavaner en matière de mode de vie vert, précise l'expert. Les émissions de carbone par habitant au Québec sont les plus faibles au Canada, révèle M. Pineau, et la province a réussi à réduire ses émissions globales de 11 % depuis 1990.

Ce succès est moins attribuable aux choix personnels qu'aux circonstances, explique le chercheur.

« Il y a deux causes essentielles : la première est que 100 % de l'électricité est de source renouvelable. De plus, on est une province moins riche. Comme les Québécois sont moins riches, ils ont moins de voitures, ont des maisons moins grosses et, donc, ils consomment moins d'énergie », fait-il valoir.

La question du transport

Les voitures que conduisent les Québécois consomment toutefois de plus en plus d'essence, indique son rapport.

Les ventes de véhicules énergivores comme les camions, les VUS et les camionnettes ont augmenté de 246 % entre 1990 et 2017 au Québec, tandis que les ventes d'essence ont bondi de 33 % au cours de la même période.

Chaque année depuis 2015, ces types de véhicules dominent les autres au chapitre des ventes.

« Parmi les 3,7 millions de Québécois qui exerçaient un emploi en 2016 et se déplaçaient chaque jour de la semaine pour aller travailler, 78 % déclaraient utiliser principalement un véhicule privé », selon des données de l'Institut de la statistique du Québec citées dans le rapport.

Chantier au QuébecAu Québec, un prometteur immobilier qui bâtit des condos n'est pas obligé d’exercer une surveillance sur son chantier. Photo : iStock

De grandes maisons

Le rapport indique également qu'entre 1990 et 2016, la superficie moyenne d'une maison dans la province a augmenté de 17 %.

De plus, par habitant, les Québécois consomment beaucoup plus d'énergie que la moyenne mondiale, plus que les citoyens de pays comme la Chine et l'Allemagne, et presque autant que les États-Unis.

Et bien que le rapport de M. Pineau suggère que les Québécois devraient se vanter un peu moins de leur vertu environnementale, il vient rectifier une autre populaire ligne d'attaque contre la province.

À la suite des commentaires sur le pétrole « sale » de François Legault, des commentaires dans les médias et les réseaux sociaux ont souligné l'hypocrisie du Québec de préférer le pétrole étranger en provenance de pays qui violent les droits de la personne.

Le rapport mentionne cependant qu'en juin 2018, 94 % du pétrole consommé au Québec provenait des États-Unis ou du Canada.

Depuis 2015, l'inversion de l'oléoduc 9B d'Enbridge a fait en sorte que 53 % du pétrole consommé au Québec provienne de l'Ouest canadien, comparativement à environ 10 % en 2014.

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