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La « résistance » des Franco-Ontariens, ça rapporte

Renée O'Neill pose devant des étagères remplies de t-shirts.

Renée O'Neill gère la boutique en ligne EnTK depuis quatre ans.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Thériault

Radio-Canada

Les organismes franco-ontariens connaissent une explosion des commandes de marchandises depuis l'annonce des compressions dans les services en français du gouvernement Ford.

Un texte de Jean-Loup Doudard

Renée O’Neill, propriétaire de la boutique en ligne EnTK, croule sous les commandes depuis le 15 novembre. Avec l'aide de l'illustrateur Marc Keelan-Bishop, elle a créé un nouveau t-shirt faisant référence au combat des enseignantes franco-ontariennes qui avaient utilisé leurs épingles à chapeaux pour défendre leurs écoles de langue française et protester contre le règlement 17 en 1912.

Un t-shirt noir avec le texte « Sortez vos épingles à chapeaux » et une illustration d'un poing qui tient une épingle en forme de fleur de lys.

Le t-shirt de la « résistance » fait référence au combat des enseignantes franco-ontariennes qui s'étaient servies de leurs épingles à chapeaux pour défendre leurs écoles de langue française.

Photo : Renée O'Neill/ENTK

Ironiquement, les compressions de M. Ford ont eu l'effet de vraiment augmenter l'achalandage à ma boutique. J'ai eu des mois de novembre et décembre inhabituellement occupés.

Renée O’Neill, propriétaire de la boutique en ligne EnTK

En quelques semaines, son chiffre d’affaires annuel a presque doublé. Le nouveau design s'est déjà vendu à 850 exemplaires, alors qu'elle vend d'habitude de 1000 à 1200 t-shirts par année.

Les compressions dans les services en français du gouvernement progressiste-conservateur ont mobilisé les Franco-Ontariens partout en province. Plus de 14 000 manifestants sont descendus dans les rues le 1er décembre.

La « résistance » se manifeste beaucoup sur les réseaux sociaux, où de nombreuses personnes exhortent les francophones de l’Ontario à devenir membres de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO). Une stratégie lucrative, à en croire la porte-parole de l’organisme.

Actuellement, on a répertorié 300 nouvelles adhésions, ce qui, en argent, équivaut à 6700 $.

Ngoné Diagne, chargée de projets en communication et marketing, Assemblée de la francophonie de l'Ontario

L’ACFO du Grand Sudbury, qui détient les droits de distribution du drapeau franco-ontarien, ne demeure pas en reste. Sans dévoiler les chiffres exacts, l’organisme révèle avoir connu une hausse des commandes de drapeau comparable à celles du 20 mars, lors des célébrations de la Journée internationale de la Francophonie.

Façade en automne du campus du Collège Boréal de Sudbury

Campus du Collège Boréal de Sudbury

Photo : Radio-Canada / Yvon Thériault

Les commandes dépassent même les frontières de la province, les Québécois et les membres de la diaspora franco-ontarienne à Montréal cherchant à afficher le vert et blanc, selon Marie-Ève Pépin, vice-présidente du conseil d’administration de l'Association canadienne-française de l'Ontario (ACFO) du Grand Sudbury.

Elle explique ce phénomène par le fait que même avant l'annonce des compressions, un mouvement de prérésistance était déjà en branle à l'échelle nationale.

La sortie de Denise Bombardier avait fait un éveil national dans les communautés éloignées minoritaires et quand la résistance s'est montée du côté franco-ontarien, le public était tout ouïe.

Marie-Ève Pépin, vice-présidente de l'ACFO du grand Sudbury

En entrevue à l'émission télévisée Tout le monde en parle en octobre, l'animatrice et écrivaine avait affirmé qu'à travers le Canada, toutes les communautés francophones ont à peu près disparu, ce qui a suscité de vives réactions dans la francophonie hors Québec.

Malgré l’ampleur qu’a prise son entreprise à temps partiel, Renée O’Neill ne souhaite pas en faire son gagne-pain. Elle reverse tous les profits des ventes de son nouveau t-shirt au fonds de « résistance » de l'AFO.

Renée O'Neill plie un chandail doté de l'inscription "Restez Calme, oui il y a des francophones hors québec."

Renée O'Neill a déjà vendu plus de 850 t-shirts depuis l'annonce des compressions dans les services en français, le 15 novembre dernier.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Thériault

Je me suis dit : "Qu'est-ce que je peux faire comme geste, personnellement, pour appuyer la cause?" Alors, pourquoi pas mettre ça au service de ma communauté et faire une activité de financement? dit Renée O'Neill.

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