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Allstate aurait demandé à ses employés de ne plus offrir d'assurance aux citoyens de Brampton

La photo d'une femme.

Medha Joshi croit qu'une consigne de travail chez Allstate est discriminatoire.

Photo : Radio-Canada / Michael Cole/CBC News

Radio-Canada

Une Ontarienne poursuit en justice l'un des plus importants fournisseurs d'assurance de la province, soutenant qu'elle aurait été limogée pour avoir demandé des explications au sujet d'une politique qu'elle juge « discriminatoire ».

Selon Medha Joshi, qui travaillait pour Allstate, ses patrons ont demandé à elle et à ses collègues de ne plus tenter de vendre des polices d'assurance aux résidents de la ville de Brampton, en Ontario.

C'est mal, il n'y a pas d'autre mot pour cela, a déclaré Mme Joshi en entrevue. J'ai dénoncé la situation, et j'ai été renvoyée pour cette raison.

À la fin du mois dernier, Joshi et son avocat, Andrew Monkhouse, ont engagé une action en justice devant la Cour supérieure de l'Ontario contre Allstate Insurance Canada. Jusqu'au mois d'octobre, Joshi occupait le poste de directrice d'agence dans la société, où elle dirigeait une équipe de vente travaillant dans les bureaux d'Allstate à Milton, en Ontario.

Selon Mme Joshi, à la fin de l'été de cette année et en revenant d'un congé de maladie, elle a appris que la direction avait ordonné de ne plus proposer de police d'assurance automobile aux résidents de Brampton.

Il a été dit très clairement qu'il y avait beaucoup de fraudes à Brampton. Il y avait un très grand nombre de réclamations et un très grand nombre de réclamations frauduleuses, affirme-t-elle.

Mme Joshi affirme que les véritables raisons derrière la consigne sont racistes.

Nous connaissons la communauté qui réside à Brampton. Ce sont des minorités visibles, dit-elle.

Selon les données du dernier recensement, plus de 44 % de la population de la ville est originaire d'Asie du Sud, c'est-à-dire de l'Inde, du Sri Lanka, du Bangladesh, du Pakistan, de l'Afghanistan, du Bhoutan et du Népal. Plus de 73 % de la population fait partie des minorités visibles.

Le prix des polices d’assurance automobile est un problème depuis plusieurs années à Brampton et les politiciens se servent fréquemment de cet enjeu. Selon le site de comparaison d’assurances Kanetix.ca, les conducteurs de la ville paient des primes plus élevées pour leurs polices que dans les localités voisines. En 2017, par exemple, les conducteurs de Brampton ont payé 70 % de plus par mois pour leur assurance que la moyenne provinciale.

Les compagnies d’assurance ont la prérogative d’appliquer des primes variables pour des personnes de différents âges et sexes. Toutefois, les augmentations et les diminutions des primes d’assurance sont réglementées par la Commission des services financiers de l’Ontario (FISCO) – une entreprise ne peut pas modifier unilatéralement les taux.

Selon Mme Joshi et son avocat, cependant, les directives d'Allstate ne correspondent pas à ces règles.

En Ontario, si un demandeur remplit un ensemble de critères définis par les fournisseurs et approuvés par FISCO, aucune assurance ne peut être refusée, quel que soit son lieu de résidence ou son origine ethnique.

Je ne savais pas comment, de bonne foi, donner cette directive à mon équipe, comment transmettre ce message. Je ne peux adhérer à une telle directive.

Mme Joshi affirme que ses superviseurs ont bien fait attention de ne jamais écrire la directive, de seulement la donner oralement. De plus, lorsqu'elle a demandé à rencontrer ses patrons dans le but de discuter de la consigne, ceux-ci l'évitaient, dit-elle.

Je n'arrivais pas à rencontrer mon responsable, je ne pouvais pas avoir de discussion avec mon responsable. Il disait qu'il n'était pas disponible; il ne répondait pas aux courriels.

Elle admet que malgré ses propres réserves quant à la prétendue décision de ne plus vendre de polices d'assurance à Brampton, elle a essayé de faire des compromis. J'avais besoin de mon emploi, explique-t-elle.

Finalement, lors de ce qui devait être une rencontre de routine avec ses supérieurs, Mme Joshi a été renvoyée. Elle affirme n'avoir jamais eu d'avertissement.

La compagnie Allstate a affirmé qu'elle avait pris part à une conspiration pour faire muter un employé vers un bureau d'une région différente, une allégation que Mme Joshi nie.

Elle et son avocat réclament 600 000 $ de dommages et intérêts à Allstate pour congédiement injustifié et violation du Code des droits de la personne de l’Ontario.

Allstate Insurance Canada n'a pas répondu à la demande de commentaires de CBC Toronto. La société a toutefois indiqué au tribunal son intention de se défendre. Monkhouse a déclaré s'attendre à ce qu'Allstate dépose une déclaration de défense exposant ses arguments contre Mme Joshi au début de l'année prochaine.

Me Monkhouse a déclaré que les résidents de Brampton devraient déposer leurs propres plaintes pour violation des droits de la personne contre Allstate.

Avec les informations de CBC News

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