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Des milliers de manifestants à Rome pour les droits des migrants

Des membres d'associations antiracistes et des migrants manifestent à Rome pour protester contre le récent décret gouvernemental limitant le droit d'asile.
À la suite des consignes de fermeté du ministre italien de l'Intérieur, Matteo Salvini, les permis humanitaires sont passés à 17 % en septembre, 13 % en octobre et 5 % seulement en novembre. Photo: AFP/Getty Images / VINCENZO PINTO
Agence France-Presse

Plusieurs milliers de personnes ont défilé samedi après-midi à Rome pour protester contre une politique beaucoup plus restrictive quant à l'accueil des migrants, imposée par le nouveau gouvernement populiste italien.

Le mot d'ordre du cortège, dans lequel certains manifestants portaient des gilets jaunes comme les protestataires français, était Get up, stand up, stand up for your rights, du titre de la célèbre chanson de Bob Marley.

« On a commencé ces deux dernières années en criminalisant d'abord ceux qui ont sauvé des milliers de vies en mer », les ONG humanitaires avec leurs navires proches des côtes libyennes « pour arriver à la fermeture des ports pour les bateaux chargés de naufragés », a dénoncé le collectif Projet Droits, regroupant des juristes et des associations de défense des droits de l'homme.

« Aujourd'hui, avec le décret Salvini, on a annulé la protection humanitaire, créant une foule interminable de personnes contraintes à la clandestinité », ajoute le collectif dans un communiqué.

Abolir les permis de séjour humanitaires

Le ministre de l'Intérieur et vice-premier ministre Matteo Salvini, également patron de la Ligue (extrême droite) a fait adopter un décret-loi dont la principale mesure est d'abolir les permis de séjour humanitaires accordés jusqu'à présent aux personnes vulnérables, aux familles ou aux femmes seules avec enfants, aux victimes de traumatismes pendant leur périple vers l'Italie...

Matteo Salvini, le ministre de l'Intérieur de l'Italie. Matteo Salvini, le ministre de l'Intérieur de l'Italie. Photo : Reuters / Tony Gentile

« Aujourd'hui, la mesure de sécurité évoquée par le ministre de l'Intérieur ne fera qu'augmenter le nombre de personnes sans documents sur le territoire et cela va engendrer la clandestinité », a déclaré à l'AFP-TV un des manifestants, l'Ivoirien Koné Brahima de la Coalition internationale des sans-papiers et migrants.

« Nous sommes contre ça. Nous voulons une régularisation de tous, un logement pour tous et nous voulons [du] boulot », a-t-il ajouté.

« On construit toujours plus de murs, de barrières, de séparations. Ces derniers choix législatifs de l'Italie aussi provoquent plus de discrimination, créent davantage de malaise, de difficultés », a déploré Tony Scardamaglia, un Sicilien de Palerme qui a rappelé tous les métissages vécus par son île natale.

De la rancoeur

Ce décret avec toutes les mesures qu'il contient « oriente la rancoeur des couches sociales appauvries par la crise et les inégalités vers l'intolérance, la xénophobie et le racisme », dénoncent également les associations.

Depuis 2008, plus de 120 000 personnes ont obtenu un titre de séjour humanitaire, valable deux ans et renouvelable.

Ces dernières années et jusqu'en août, les commissions d'asile ont accordé en moyenne le permis humanitaire à 25 % des demandeurs. À la suite des consignes de fermeté de M. Salvini, elles ont anticipé la fin des permis humanitaires, qui sont passés à 17 % en septembre, 13 % en octobre et 5 % seulement en novembre.

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