•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L'Australie reconnaît Jérusalem-Ouest comme capitale d'Israël

La ville de Jérusalem.
Le président américain Donald Trump a reconnu Jérusalem comme capitale d'Israël le 6 décembre 2017. Photo: Getty Images / AFP/Thomas Coex
Agence France-Presse

L'Australie a annoncé samedi qu'elle reconnaissait Jérusalem-Ouest comme capitale d'Israël, mais a précisé que le déménagement de sa mission diplomatique de Tel-Aviv attendrait la conclusion d'un accord de paix entre Israéliens et Palestiniens, ces derniers qualifiant la décision de Canberra d'« irresponsable ».

Le premier ministre australien Scott Morrison a fait cette annonce dans la foulée des rares dirigeants à suivre la décision du président américain Donald Trump, mais a toutefois assuré que son pays était prêt à reconnaître les aspirations visant à la création d'un État palestinien ayant Jérusalem-Est pour capitale, lorsque le statut de cette ville sera clarifié par un accord de paix.

L'Australie reconnaît désormais Jérusalem-Ouest – où siègent la Knesset [Parlement] et de nombreuses institutions gouvernementales – comme capitale d'Israël.

Scott Morrison, premier ministre de l’Australie

« Et nous envisageons de déménager notre ambassade à Jérusalem-Ouest quand ça sera faisable [...] après la conclusion du statut final » de cette ville, a-t-il poursuivi dans un discours à Sydney, précisant que des travaux étaient déjà en cours sur le nouvel emplacement de l'ambassade.

En attendant, l'Australie va établir un bureau chargé de la défense et du commerce dans la partie ouest de la Ville sainte, a-t-il précisé.

« En outre, réitérant son engagement pour une solution à deux États, le gouvernement australien est également déterminé à reconnaître les aspirations du peuple palestinien pour un futur État avec sa capitale à Jérusalem-Est », a-t-il ajouté.

Le premier ministre australien Scott Morrison envisage de déménager l'ambassade en Israël à Jérusalem-Ouest quand ça sera faisable. Le premier ministre australien Scott Morrison envisage de déménager l'ambassade en Israël à Jérusalem-Ouest quand ça sera faisable. Photo : Associated Press / Mark Schiefelbein

Il a précisé que l'Australie ne s'abstiendrait plus désormais à l'ONU au moment de voter des résolutions qui selon lui « attaquent » Israël, mais qu'elle s'y opposerait, y compris celle demandant de ne pas installer de missions diplomatiques à Jérusalem.

Depuis 1967, l'ONU ne reconnaît pas l'annexion par Israël de la partie orientale de la Ville sainte.

Israël-Palestiniens, les racines d'un conflit. Consultez notre dossier.

Une décision décriée par la Palestine

La direction palestinienne a qualifié d'« irresponsable » la décision australienne, estimant qu'elle viole le droit international. « Le statut final de l'ensemble de Jérusalem doit être déterminé lors de négociations », a déclaré dans un communiqué samedi Saëb Erekat, numéro deux de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP).

Cette décision est « motivée par des questions mesquines de politique intérieure qui aboutissent à des politiques allant à l'encontre de la paix et de la sécurité dans le monde », a-t-il poursuivi.

Le secrétaire général adjoint de la Ligue arabe pour les Affaires de la Palestine et les Territoires occupés, Saïd Abou Ali, a aussi « vivement dénoncé » la nouvelle position de Canberra, estimant qu'elle constitue « un alignement flagrant sur la politique de l'occupation israélienne et un encouragement à poursuivre son agression continue » contre le peuple palestinien.

Israël a au contraire salué « un pas dans la bonne direction » et « félicite le gouvernement australien pour son attitude au sujet des sanctions contre l'Iran, sa position pro-israélienne à l'ONU et contre l'antisémitisme », a indiqué le ministère israélien des Affaires étrangères dans un communiqué.

Le président américain Donald Trump a reconnu Jérusalem comme capitale d'Israël le 6 décembre 2017, avant d'y transférer en mai l'ambassade américaine depuis Tel-Aviv. La cérémonie avait coïncidé avec des heurts dans la bande de Gaza, et au moins 62 Palestiniens avaient été tués ce jour-là par des tirs israéliens.

Une décision « risquée » pour l’Australie

Un homme aux cheveux gris et portant un complet parle derrière un micro et devant des drapeaux d'Israël.Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou Photo : Getty Images / Jack Guez

Scott Morrison avait déjà évoqué en octobre, avant une élection partielle cruciale pour sa courte majorité, ce changement d'orientation dans la politique étrangère australienne. Cependant, il avait temporisé après un tollé politique en Australie.

Saluée à l'époque par le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, cette annonce avait suscité la colère de l'Indonésie voisine, qui compte la plus importante population musulmane du monde, et le gel de négociations pour un accord commercial bilatéral. Anticipant l'annonce de sa décision, Canberra a conseillé vendredi la prudence aux Australiens qui se rendraient en Indonésie.

Le premier ministre cherche à séduire l'électorat juif et chrétien conservateur et à s'attirer les bonnes grâces de la Maison-Blanche, alors qu'il redoute un revers électoral l'an prochain. Samedi, il s'est aussitôt attiré les critiques du Parti travailliste (opposition), estimant que le gouvernement a mis « l'intérêt personnel devant l'intérêt national ».

« Il s'agit d'une décision totalement risquée qui n'apporte aucun bénéfice » et place l'Australie « en décalage » avec la communauté internationale, a déclaré une haute responsable travailliste, Penny Wong, dans un communiqué.

La décision du gouvernement Morrison risque d'alimenter les tensions. L'ambassadeur palestinien en Australie, Izzat Abdulhadi, a affirmé vendredi à l'AFP que le gouvernement palestinien entendait appeler les pays arabes et musulmans à « retirer leurs ambassadeurs » et à « prendre des mesures de boycottage économique ».

Politique internationale

International