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Des artistes ontariens exigent le maintien du Fonds culturel autochtone

Des autochtones sautent dans les airs
Le Festival d'art autochtone de Toronto offre une vitrine sur la musique, l'art visuel et la nourriture autochtone d'ici et d'ailleurs. (archives) Photo: Fort York/Facebook

Des artistes autochtones de l'Ontario réclament le maintien du Fonds culturel autochtone du Conseil des arts de l'Ontario. Le gouvernement progressiste-conservateur indique être en train d'effectuer une révision du Fonds, censé financer des projets artistiques mettant en valeur les cultures autochtones.

Le gouvernement libéral de Kathleen Wynne s'était engagé à financer le Fonds culturel autochtone en 2017 pour répondre aux appels à l’action de la Commission de vérité et réconciliation du Canada. La somme promise était de 5 millions de dollars par année.

Melody McKiver, qui est originaire de Sioux Lookout, dans le Nord-Ouest de l'Ontario, a déjà reçu une subvention par l’entremise du programme. Ils/elles (Melody McIver utilise les pronoms they/them en anglais) estiment que l’avantage du fonds est qu’il a été conçu pour être accessible à toutes les personnes autochtones.

En tant que personne qui a travaillé avec plusieurs groupes de jeunes Autochtones, j’ai pu me rendre compte que la demande de subvention peut être un processus très compliqué et difficile à naviguer pour ceux qui n’y sont pas habitués. Le Fonds culturel autochtone priorise le travail en communauté, les présentations orales, des questions courtes et accessibles, explique Melody McKiver qui jouent ils/elles-mêmes de la musique.

Une disparition permanente ou une réduction du Fonds culturel autochtone serait une grande perte, croient-ils/elles.

Les premières subventions ont permis à des artistes de produire un travail exceptionnel et il y a encore beaucoup de potentiel.

Melody McKiver, artiste anichinabé

Jeudi, le gouvernement de l'Ontario a confirmé qu'il avait revu à la baisse son financement au Conseil des arts de l'Ontario pour l'exercice financier 2018-2019. L'agence recevra 5 millions de dollars de moins que prévu.

Les efforts de réconciliation en péril

Melody McKiver croit aussi qu’en réduisant le Fonds, le gouvernement ferait un pas de plus en arrière pour ce qui est de la réconciliation avec les peuples autochtones.

En réassociant le ministère des Affaires autochtones à celui du Développement du Nord et des Mines, le gouvernement a déjà envoyé un message clair. Les jeunes Autochtones et ceux vivant dans la pauvreté étaient une priorité pour le Fonds culturel autochtone. Si le gouvernement leur dit qu’ils ne sont plus une priorité, il admet que la réconciliation n’est pas une de ses priorités, déclarent-ils/elles.

Réappropriation de la culture

Grâce à une subvention qu'elle a reçue plus tôt cette année, la cinéaste métisse vivant à Toronto Danis Goulet a pu vivre une immersion en langue crie.

La langue maternelle de mon père est le cri, mais elle n'a pas été transmise à ma génération. Pour moi, le Fonds culturel autochtone m'a permis de l'apprendre par l'entremise d'activités.

Danis Goulet, cinéaste vivant à Toronto
Une femme et un sapin de Noël en arrière-planDanis Goulet indique que le Fonds culturel autochtone permet à plusieurs personnes d'origine autochtone de renouer avec des traditions ancestrales. Photo : Radio-Canada

L’artiste et auteure Aylan Couchie, de la Première Nation de Nipissing, comptait avoir recours au Fonds culturel autochtone pour réaliser de nombreux projets. La création d’une banque d’archives numérique regroupant les récits oraux d’aînés autochtones lui tient particulièrement à coeur.

Plusieurs de nos aînés ont perdu leur langue et leurs traditions culturelles à cause des pensionnats autochtones, des choses comme le perlage, la confection des tambours. Avec le fonds, nous avions l’occasion de voir comment nous pouvions, de manière créative, concevoir des projets qui permettaient à notre jeunesse de réapprendre ce que nous avons perdu, fait-elle savoir.

Par courriel, l’attaché de presse du ministre du Tourisme, de la Culture et du Sport, Michael Tibollo, précise que la révision du programme vise à s’assurer que les taxes des contribuables soient employées à bon escient et à maximiser l’impact du soutien aux cultures autochtones. Brett Weltman ajoute que la révision n’aura pas d’impact pour les artistes dont les subventions ont déjà été approuvées.

Avec les informations d'Olivia Stefanovich de CBC News

Nord de l'Ontario

Politique provinciale