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Gilets jaunes : quelques accrochages malgré une mobilisation à la baisse

Des policiers appréhendent un gilet jaune à Paris

Photo : Reuters / Benoit Tessier

Radio-Canada

La mobilisation est à la baisse en France où des gilets jaunes manifestent pour la cinquième semaine consécutive. Un important dispositif de sécurité a été déployé, notamment à Paris, où les policiers ont eu recours à des canons à eau pour disperser la foule. En fin de journée, la police a annoncé que cinq personnes avaient été blessées.

Au terme d'une semaine marquée par les annonces du président Emmanuel Macron pour accroître le pouvoir d'achat et l'attentat meurtrier de Strasbourg, la tension reste forte dans le pays, à 10 jours de Noël, période cruciale pour le chiffre d'affaires des commerçants.

Suivez la couverture en direct de nos correspondants :

Le ministère de l'Intérieur a évalué le nombre de participants à 66 000 dans toute la France, soit deux fois moins que les 126 000 recensés samedi dernier.

À Paris, 4000 manifestants ont été comptabilisés notamment sur l'avenue des Champs-Élysées, la place de l'Opéra et celle de la République.

Malgré quelques échauffourées et des tirs de gaz lacrymogène sporadiques, notamment sur les Champs-Élysées, aucune violence grave n'était à déplorer en milieu d'après-midi.

Mais à la nuit tombante, les policiers ont utilisé les canons à eau sur l'avenue des Champs-Élysées pour disperser quelques dizaines de manifestants.

« Les policiers ont entrepris de vider les rues des derniers manifestants, raconte le correspondant à Paris, Jean-François Bélanger. Ils ont fait un usage assez important de gaz lacrymogènes. »

« Ça risque de mettre un terme à cette manifestation des gilets jaunes », croit-il.

Une mobilisation à la baisse

« Je suis déçue [de la baisse de participation], dit une manifestante. Mais je sais qu’il y a pas mal de gens qui sont bloqués aux péages et dans les gares. »

« Il y a énormément de gens qui ne sont pas ici », souligne le correspondant de Radio-Canada à Paris, Yanik Dumont Baron.

« Toute la semaine à Paris, en France, on a entendu des appels pour rester à la maison en disant qu’il faut manifester notre colère, nos revendications autrement. Visiblement, il y a des gens qui ont entendu cet appel-là. »

Un policier asperge des manifestants de poivre de cayenne alors qu'un autre les repousse avec un bouclier antiémeute dans une rue de Paris.

La manifestation a été ponctuée d'affrontements avec des policiers.

Photo : Getty Images / Jeff J Mitchell

Place de l'Opéra à Paris, des centaines de manifestants ont réclamé un « référendum d'initiative citoyenne » et observé une minute de silence en mémoire des victimes de l'attentat commis mardi soir à Strasbourg, qui a fait quatre morts.

Une des raisons pour lesquelles il y a moins de gens, c’est le contrôle policier.

Yanik Dumont Baron, correspondant à Paris

« Il y a des policiers qui bloquent toutes les rues, explique Yanik Dumont Baron. Vous voulez entrer [sur les Champs-Élysées], pas de problème, mais on va fouiller vos sacs à dos avant. [Mais] on sort à certains endroits seulement, ce qui permet d’attraper les casseurs. »

« La plupart des vitrines sont placardées parce qu’on s’attend à des dégâts », ajoute-t-il.

Les explications de notre correspondant Yanik Dumont Baron

Interpellations

La préfecture de police de la capitale a annoncé en fin de journée avoir procédé à 168 interpellations, dont 115 personnes ont été placées en garde. On est loin des 1082 interpellations effectuées au même moment samedi dernier.

En dehors de la capitale, les autorités dénombraient 199 blocages contre 297 il y a une semaine.

À Toulouse, environ 4500  manifestants ont fait face à quelque 600 membres des forces de l’ordre qui ont fait usage d'un canon à eau et de gaz lacrymogène pour les disperser. Certains commerces et banques ont été vandalisés. La préfecture a fait état de 30 interpellations et de 10 personnes légèrement blessées.

À Bordeaux, 4500 gilets jaunes et étudiants ont manifesté dans le centre-ville et quelques échauffourées ont eu lieu. La police a indiqué avoir placé 27 personnes en garde à vue.

À Marseille, la préfecture de police fait état d'une manifestation qui a attiré 2000 personnes et qui a mené à 16 interpellations. Un policier a été blessé par un projectile.

Du côté de Lyon, 1000 participants du mouvement des gilets jaunes sont descendus dans la rue où neuf personnes ont été interpellées et six policiers blessés.

Puis à Nantes, plus de 1000 personnes ont manifesté, 17 individus ont été interpellés et un policier a été blessé, selon la direction départementale de la sécurité publique.

Au nord-est du pays, à la frontière avec la Belgique, un automobiliste est mort hier après avoir percuté un poids lourd stationné sur la voie rapide en raison d’un barrage de gilets jaunes.

Il s'agit du septième décès lié aux événements depuis le début des manifestations.

« Il n'y a pas d'essoufflement »

« Le mouvement n’est pas du tout essoufflé », martèle l'instigateur du mouvement des gilets jaunes, Ghislain Coutard, de Narbonne dans le sud de la France, en entrevue sur les ondes de RDI.

« Il ne faut pas croire les médias français, qui nous mettent des bâtons dans les roues », assène-t-il.

Il estime que les Français « n'ont rien gagné » avec les annonces du président concernant le pouvoir d'achat.

C'est des miettes, ça ne concerne pas tout le monde. Il [le président Macron] a donné des acquis qu’il avait déjà prévus. Non, il n’a rien donné du tout. Il a encore menti, comme d’habitude.

Ghislain Coutard, instigateur du mouvement des gilets jaunes

« Il ne faut pas lâcher », ajoute-t-il.

De son côté, Yanik Dumont Baron rapporte que les manifestations ne se limitent plus à la question du pouvoir d'achat. « Les gens qui sont ici […] ont des revendications qui sont plus constitutionnelles. On réclame la démission d’Emmanuel Macron ou encore la destitution du gouvernement actuel », dit-il.

Un important déploiement policier

À Paris, 8000 membres des forces de l'ordre sont mobilisés, appuyés par 14 véhicules blindés de la gendarmerie.

Le périmètre de protection des institutions, autour de l'Élysée, du ministère de l'Intérieur, de l'Assemblée nationale et de Matignon, est renouvelé. Dans le reste de la ville, un quadrillage préventif très serré a été mis en place, a expliqué le préfet de police de Paris, Michel Delpuech.

Des policiers antiémeutes se tiennent debout, alignés devant un café fermé à Paris.

Des policiers surveillent le Café de la Paix, à Paris

Photo : Getty Images / Lucas Barioulet

Selon le ministère de l'Intérieur, 69 000 policiers et gendarmes sont mobilisés à l'échelle nationale, un peu moins que samedi dernier.

La semaine dernière, les violences ont donné lieu à près de 2000 interpellations dans le pays, dont la moitié dans la capitale, où de nombreux commerces ont été endommagés ou pillés, tandis que d'autres avaient renoncé à ouvrir leurs portes.

Le gouvernement, imité par de nombreux responsables politiques et syndicaux à l'exception notable de la Confédération générale du travail (CGT) et de La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon, a exhorté les gilets jaunes à ne pas manifester cette semaine, invoquant le drame de Strasbourg et la fatigue des forces de l'ordre.

En province, des élus ont demandé des renforts policiers comme à Toulouse, où les dégâts ont été considérables la semaine passée.

Avec les informations de Reuters

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