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  • Envoyé spécial
  • Les champions et les championnes du climat

    Mereseini Marau, Secrétariat du Forum des îles du Pacifique, Fiji.
    Mereseini Marau, Secrétariat du Forum des îles du Pacifique, Fiji Photo: Radio-Canada / Etienne Leblanc
    Radio-Canada

    Sur tous les continents, des citoyens s'activent au quotidien pour lutter contre les changements climatiques. Jeunes activistes, scientifiques, économistes, écologistes ou ministres tentent à leur façon d'influencer et d'inverser le cours des choses. Notre envoyé spécial à la COP24 en Pologne en a rencontré quelques-uns.

    Un texte d'Étienne Leblanc, envoyé spécial en Pologne

    Un homme porte un chapeau.Juan Carlos Jintiach Arcos, activiste pour l'organisation Peuples autochtones de l'Amazone, Équateur Photo : Radio-Canada / Etienne Leblanc

    Juan Carlos Jintiach Arcos, activiste pour l'organisation Peuples autochtones de l'Amazone, Équateur

    « La forêt amazonienne et les peuples qui y vivent sont très menacés par les effets des changements climatiques. Je passe tout mon temps à tenter d'attirer l'attention sur des pratiques barbares d'entreprises qui, avec le soutien des gouvernements, coupent la forêt pour faire place à du bétail. Couper des arbres pour produire de la viande, c'est absolument tout le contraire de ce qu'il faut faire pour atténuer les effets des changements climatiques. »

    Ayumi Fukakusa, Friends of the Earth, Japon.Ayumi Fukakusa, Friends of the Earth, Japon Photo : Radio-Canada / Etienne Leblanc

    Ayumi Fukakusa, Friends of the Earth, Japon

    « Je tente d'infléchir les pratiques de mon pays. Le Japon prétend qu'il lutte contre les changements climatiques, mais c'est un des pays qui subventionne le plus les énergies fossiles avec l'argent public. Il finance des projets de centrales au charbon au pays et ailleurs. Il exporte sa technologie pour que les pays d'Asie du Sud et d'autres pays en développement puissent construire ces centrales au charbon. Il faut que ça cesse. »

    Malgorzata Czachowska répond aux questions de journalistes.Malgorzata Czachowska, écolière polonaise de 15 ans Photo : Radio-Canada / Etienne Leblanc

    Malgorzata Czachowska, écolière polonaise de 15 ans

    « Qu'en est-il de nous? Je veux avoir un bel avenir. Certains pensent que nous sommes trop jeunes, trop petits et que nous ne valons rien. Mais ce n'est pas vrai. Chacun d'entre nous peut accomplir beaucoup de choses. »

    Un homme noir porte une chemise et une cravate colorées.Sena Alouka, Jeunes volontaires pour l'environnement, Togo Photo : Radio-Canada / Etienne Leblanc

    Sena Alouka, Jeunes volontaires pour l'environnement, Togo

    « Bientôt, je prendrai la mer! Parce que je n'aurai pas de solution. Je prendrai le petit bateau. Chez nous, on dit "Barça ou Barzakh". Ça veut dire : "Barcelone ou la mort". Je pleure parce que je crois que nous avons une chance que la COP24 pose les balises pour que le monde puisse éviter la catastrophe. Mais là, on est en train de jouer au petit enfant, au petit dieu, au petit savant. »

    L'homme porte de lunettes et a les cheveux noirs.         Sriram Madhusoodanan, Corporate Accountabilty International Photo : Radio-Canada / Etienne Leblanc

    Sriram Madhusoodanan, Corporate Accountabilty International

    « Nous tentons de convaincre les multinationales de changer leur comportement. En contribuant aux changements climatiques, les grands industriels de la planète exacerbent la vulnérabilité de personnes qui sont déjà très pauvres. Ils en ont déjà assez d'avoir faim, on ne peut pas les faire souffrir davantage. En Inde, des millions de personnes meurent chaque année des grandes canicules ou de la pollution industrielle dans les régions. »

    Une femme porte un chandail noir et un foulard autour du cou.Lydinyda NACPIL, Jubilee South Asia Pacific Movement, Philippines Photo : Radio-Canada / Etienne Leblanc

    Lydinyda Nacpil, Jubilee South Asia Pacific Movement, Philippines

    « Mon pays voit de plus en plus de typhons frapper les milliers d'îles de l'archipel. Chaque année, des villages entiers sont détruits, des enfants meurent, et personne n'en entend parler. Les changements climatiques nous touchent tous les jours et c'est toujours de pire en pire. Ça ne peut plus durer. »

    La femme porte une robe turquoise et une fleur orange à la tête.Mereseini Marau, Secrétariat du Forum des îles du Pacifique, Fiji Photo : Radio-Canada / Etienne Leblanc

    Mereseini Marau, Secrétariat du Forum des îles du Pacifique, Fiji

    « Je n'ai pas besoin de lire un rapport scientifique pour comprendre les effets des changements climatiques. Dans mon pays, on voit le niveau de la mer augmenter sans cesse. Les terres agricoles sont envahies par l'eau salée, les gens sont obligés de se déplacer à l'intérieur des terres, ou de partir. Nous sommes le canari dans la mine. Tous les jours, je travaille pour que les décideurs politiques des pays riches entendent notre message. »

    Diego Pary Rodriguez porte un chapeau et des lunettes.Diego Pary Rodriguez, ministre des Affaires étrangères de Bolivie Photo : Radio-Canada / Etienne Leblanc

    Diego Pary Rodriguez, ministre des Affaires étrangères de Bolivie

    « Il y a une grande injustice climatique sur la planète et il faut l'éliminer. Nous ne sommes pas vraiment responsables des changements climatiques, mais nous en subissons les effets de façon très intense. Je passe beaucoup de temps à rencontrer des élus des pays industrialisés pour les sensibiliser à notre réalité. »

    Un homme au crâne dégarni porte des lunettes et un complet-cravate.Jean-Pascal Van Yepersele, ancien vice-président du GIEC et professeur de climatologie à l'université catholique de Louvain. Photo : Radio-Canada / Etienne Leblanc

    Jean-Pascal van Ypersele, ancien vice-président du GIEC et professeur de climatologie à l'Université catholique de Louvain, Belgique

    À l'occasion de la COP24, M. van Ypersele a écrit un texte qui a fait sensation en Belgique, intitulé « Lettre à mes arrières-petits-enfants, à ouvrir en 2118 », dont voici un extrait : « Trop peu nous écoutent et agissent en conséquence. Pourtant, en continuant à utiliser l'atmosphère comme poubelle à CO2 et à épaissir ainsi la couche d'isolant thermique autour de la Terre, nous scions la seule branche sur laquelle il est possible de s'asseoir dans le système solaire. Beaucoup s'accrochent encore à leurs vieilles habitudes, leurs vieilles technologies et leur triste philosophie : "Après moi le déluge, tant que je peux en profiter à fond". [...] Je vous demande une chose : pensez, vous aussi, aux conséquences de vos choix d'aujourd'hui pour vos arrières-petits-enfants et tous les enfants du monde de 2218 ».

    Une femme écoute une intervention avant de parler au micro.Laurence Tubiana, présidente de la Fondation européenne du climat et ancienne négociatrice en chef de la France à la COP21. Photo : Radio-Canada / Etienne Leblanc

    Laurence Tubiana, présidente de la European Climate Foundation et ancienne négociatrice en chef de la France à la COP21

    « Je suis optimiste! Si j'étais pessimiste en travaillant sur le climat, je ferais autre chose. C'est un travail de très longue haleine, c'est très difficile, c'est quand même une économie de deux siècles qu'il faut renverser, donc, bon! Je suis optimiste parce que ça bouge! »

    Un homme porte des lunettes et une courte barbe.Pierre Cannet, Responsable des programmes Climat, Énergie et Villes durables au WWF France Photo : Radio-Canada

    Pierre Cannet, responsable des programmes climat, énergie et villes durables au WWF France

    « Si cette grande mobilisation de l'Accord de Paris a été historique, nous avons eu depuis trois ans de nouveaux signaux décourageants. Par exemple, la hausse des émissions de CO2 en 2017 de 1,4 %. La hausse des émissions probablement aussi en 2018 de 2,7 %, comme nous l'indique le Global Carbon Project. Malheureusement, cette hausse des émissions témoigne que notre système international, que notre système économique et que la société n'est pas encore engagée dans une transition qui soit au niveau. Tout cela montre bien que l'urgence climatique est encore ici en discussion, encore en négociation. Alors même que les scientifiques nous indiquent clairement la voie à prendre. Ils nous indiquent que nous avons pris du retard et que les signaux sont au rouge depuis trois ans. »

    Changements climatiques

    International