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Comment l'unité des grands brûlés du CHUM répare les corps et soigne les cœurs

Le reportage d’Anne-Louise Despatie
Radio-Canada

Peu d'hôpitaux ont une unité consacrée aux grands brûlés. Celle qui a été déplacée de l'Hôtel-Dieu au nouveau Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM) est la plus sophistiquée du Canada. Elle reçoit des patients qui ont besoin d'une foule de spécialistes, en commençant par les plasticiens. Radio-Canada l'a visitée.

Une fois par mois, Alexandra Duchesne vient rendre visite à quelqu'un qui a besoin de parler. Cette bénévole est également une patiente de l'unité des grands brûlés.

« Ça leur donne l'espoir que tu continues à vivre après. Tu restes une personne normale. Je n'ai pas l'air brûlée en ce moment », explique-t-elle en souriant.

Et pourtant.

Le 17 mai 2017, le souper qu'elle préparait a changé sa vie.

« J'ai mis la mitaine de cuisson. J'ai pris le chaudron pour le jeter dehors, mais on a fait un face à face dans le cadre de porte. Le chaudron d'huile nous a explosé dessus, la mitaine a pris en feu parce qu'il y a eu un coup de vent. Je tenais le chaudron pour pas blesser ma soeur encore plus. Moi, j'ai été brûlée au troisième degré sur le bras droit et au deuxième degré sur le reste du corps. »

Alexandra Duchesne après l'accident.Alexandra Duchesne après l'accident Photo : Radio-Canada / courtoisie

Sa sœur et elle ont été transportées au CHUM. Elles avaient toutes les deux besoin de greffes de peau. Le prélèvement fait sur sa cuisse pour réparer les brûlures à son bras aura été l'expérience la plus douloureuse de toutes ces opérations.

Mon troisième degré, on le voit plus tant, tellement ma greffe est belle, montre la jeune femme. J'étais optimiste que mes blessures allaient bien guérir. C'est sûr ce qui est dur après, c'est vraiment le regard des autres.

Alexandra Duchesne
Une jeune femme alitée est accompagnée de sa sœur.Alexandra Duchesne et sa sœur à l'hôpital Photo : Radio-Canada / courtoisie

Nathalie Rouchet, assistante infirmière-chef à l'unité des grands brûlés du CHUM, voit cette souffrance tous les jours. « C'est la douleur, c'est les familles, c'est l'image de soi, c'est beaucoup de choses. On a des patients de partout au Québec, de Val-d'Or, c'est difficile à gérer du point de vue familial. »

Les besoins en soins et en services sont énormes : ils vont des plasticiens aux psychologues en passant par les ergothérapeutes.

Environ 150 patients sont hospitalisés au cours d'une année, 75 % des cas sont graves, mais l'unité suit également 1000 patients par année en clinique externe. La réhabilitation peut durer des mois.

Une salle d'opération, vide, se spécialise dans les soins prodigués aux grands brûlés.La salle d'opération de l'unité des grands brûlés du CHUM Photo : Radio-Canada / Anne-Louise Despatie

Au CHUM, les grands brûlés arrivent au neuvième étage, sans passer par l'urgence. L'unité a son propre bloc opératoire. Une salle spéciale où la température est élevée, où le patient est couché sur un lit où l'on peut lui prodiguer des soins spécialisés.

« Ça prend des infirmières spécifiques, qui connaissent les brûlures et comment on peut les traiter », explique Ali Izadpanah, plasticien et directeur médical de l'unité des grands brûlés.

Un homme est debout à côté d'un lit spécialisé dans le traitement des grands brûlés.Ali Izadpanah, plasticien et directeur médical de l'unité des grands brûlés au CHUM Photo : Radio-Canada / Anne-Louise Despatie

Pour Alexandra et sa sœur Marie, fini la friture à la maison.

Leur accident est un exemple des cas qui se présentent à l'unité. Le temps des Fêtes est d'ailleurs une période propice à ce type d'accident.

Les chiffres montrent que quatre brûlures sur cinq sont thermiques, c'est-à-dire dues à un contact avec une chaleur excessive. Les autres brûlures peuvent être chimiques ou électriques.

La casserole d'huile, le brûleur à fondue, l'eau bouillante, le feu de foyer et la chandelle oubliée près du sapin de Noël sont des coupables connus au centre des grands brûlés.

Des conseils :

  • Mettre une plaque à biscuits sous le poêle à fondue et avoir un deuxième brûleur. Idéalement avoir un modèle électrique;
  • Limiter l'achalandage près du réchaud et éviter les vêtements amples (longues manches, matériel inflammable comme les tissus synthétiques, le nylon par exemple);
  • Ne jamais utiliser d'accélérant liquide pour allumer le foyer (éviter le retour de flammes) et utiliser des matières sèches;
  • Ne pas laisser sans surveillance de l'huile sur le poêle et surveiller sa température en y jetant des bouts de pain, par exemple.

Avec les informations d'Anne-Louise Despatie

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