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Documents médicaux au dépotoir : la commissaire à la vie privée ouvre une enquête

Des dossiers dans un sac à ordure.

Randal Sibbeston dit avoir trouvé les documents dans une boîte de carton, au dépotoir de Fort Simpson. Il les a depuis mis dans un sac à ordures.

Photo : Hilary Bird/CBC

Radio-Canada

La commissaire à l'information et à la protection de la vie privée des Territoires du Nord-Ouest annonce la tenue enquête indépendante après la découverte de nombreux documents médicaux dans un dépotoir de Fort Simpson.

Un texte de Mario De Ciccio

Les documents vus par CBC News, qui n’est pas en mesure d’en vérifier l’authenticité, contiennent des numéros d’assurance sociale et d'assurance maladie, ainsi que des informations détaillées sur la santé mentale de patients.

Vendredi, le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest et sa commissaire à l’information et à la protection de la vie privée, Elaine Keenan Bengts, n’avaient pas encore pu mettre la main sur les documents et en identifier la provenance.

N'empêche qu’Elaine Keenan Bengts y voit déjà une « violation majeure » de la vie privée d'habitants des territoires et a lancé les préparatifs d’un examen en vertu de la Loi sur les renseignements sur la santé du territoire.

« Ce n’est pas bon, mais je n’en sais pas beaucoup sur l’affaire pour l’instant », affirme-t-elle. « Tout ce que je sais, c’est qu’il y a des documents qui ont été retrouvés à un endroit où ils n’auraient pas dû être. »

Une femme aux cheveux bouclés regarde la caméra. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Elaine Keenan Bengts est la Commissaire à l’information et à la protection de la vie privée des Territoires du Nord-Ouest.

Photo : Radio-Canada / Mario De Ciccio

« Le gouvernement a des politiques claires sur la détention et la destruction d'information », explique la commissaire.

On dirait que les protocoles n’ont pas été suivis.

Elaine Keenan Bengts, commissaire à l’information et à la protection de la vie privée des T.N.-O.

La commissaire dit avoir communiqué avec Randal Sibbeston, l’homme qui a trouvé les documents au dépotoir, vendredi matin.

Le même jour, Randal Sibbeston, qui avait toujours en sa possession les documents, a indiqué à CBC News qu’il avait l’intention de les rendre à la commissaire.

Son examen devrait prendre plusieurs mois qu'un rapport ne formule des recommandations auxquels le gouvernement devra répondre.

Un homme devant une pile d'objets, dans un dépotoir. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Randal Sibbeston dit avoir trouvé la boîte de dossiers médicaux dans la zone de récupération du dépotoir de Fort Simpson.

Photo : Radio-Canada / Hilary Bird

La réponse du gouvernement

Le ministère de la Santé et des Services sociaux n’a pas répondu aux demandes d’entrevue de Radio-Canada.

Dans un document publié en ligne, l’Administration des services de santé et des services sociaux des Territoires du Nord-Ouest a aussi indiqué avoir lancé une enquête pour comprendre ce qui s’est passé.

L’Administration dit prendre la vie privée des habitants des territoires au sérieux et que sa priorité est d’obtenir les documents pour éviter d’autres violations.

Une fois qu’elle aura reçu les documents, l’Administration devra communiquer avec les personnes touchées, indique le document.

« Une horreur », selon une psychologue

Une psychologue agréée de Hey River, Heidi Yardley, dit craindre l’effet qu’une nouvelle comme celle-là pourrait avoir sur la confiance des clients quant à la sécurité de leurs dossiers.

« Un constat celui-ci, surtout lorsqu'il est rendu public, pourrait créer un problème de confiance dans la profession », craint la psychologue.

Heidi Yardley a tenu à assurer que la plupart des thérapeutes sont tenus légalement et éthiquement à respecter la confidentialité de la vie de leurs patients. Elle ajoute que son bureau garde toutes les informations sur ses clients dans un classeur verrouillé, lui-même dans une salle verrouillée.

Une femme devant un ruisseau. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Hiedi Yardley suggère au gens de demander à leur professionnels de la santé comment leurs informations sont documentées et stockées.

Photo : Courtoisie

Ce n’est pas la première fois que le service de santé fait parler de lui pour des questions d’atteinte à la vie privée. Un ordinateur portable contenant des informations sur 80 % de la population du Territoire à été volé cette année.

Selon la députée de Yellowknife Centre, Julie Green, ces exemples de violations de la vie privée peuvent avoir un effet sur la population.

« Je crois que les gens font confiance au système de santé, mais qu’ils sont au courant des violations à la vie privée et que ça les inquiète », estime-t-elle.

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Grand-Nord

Santé publique