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Canada Goose reporte l'ouverture de son magasin à Pékin

Des couturières fabriquent des manteaux dans une usine de Canada Goose à Toronto.

Photo : Reuters / Mark Blinch

Radio-Canada

Le fabricant de manteaux Canada Goose a annoncé vendredi qu'il reportait l'ouverture de son magasin à Pékin, qui devait avoir lieu samedi. La compagnie parle de problèmes de construction pour justifier cette décision.

« Canada Goose poursuit la mise en œuvre de son projet d’expansion en Chine. Toutefois, l’ouverture de notre magasin à Pékin est retardée par des travaux », a indiqué l’entreprise torontoise dans un communiqué, sans préciser quand cette ouverture aura finalement lieu.

Le fabricant de manteaux d’hiver de luxe ne dit pas non plus s'il est victime du coup de froid dans les relations canado-chinoises, à la suite de l'arrestation de la directrice financière de Huawei, Meng Wanzhou, à Vancouver. Cette dernière a été libérée sous caution en attendant son éventuelle extradition aux États-Unis. Dans ce qui semble être des représailles, la Chine a arrêté deux Canadiens, soupçonnés « d’activités menaçant la sécurité nationale ».

Canada Goose, qui a fait l’objet d’une campagne de boycottage sur les réseaux sociaux en Chine, a vu son action plonger de plus de 20 % à la Bourse de Toronto. Selon Bloomberg, des messages publiés sur Weibo, le Twitter chinois, laissaient craindre une manifestation devant le nouveau magasin pékinois, samedi.

Si la Chine est susceptible d’utiliser l’arme économique en guise de sanction, elle ne serait pas l’instigatrice de cette campagne de boycottage, croit Zhan Su, titulaire de la Chaire Stephen-A.-Jarislowsky en gestion des affaires internationales à l’Université Laval. « Globalement, je ne crois pas que l’autorité chinoise soutient ce genre d’initiative, pour l’instant. Et je ne crois même pas que la plupart des Chinois vont suivre », observe-t-il.

Un impact économique appréhendé

Quoi qu’il en soit, le litige diplomatique entre Ottawa et Pékin fait craindre des répercussions sur les relations d'affaires entre le Canada et la Chine. Des chefs d'entreprise avouent qu'ils y penseront à deux fois avant de se rendre en Chine.

« Ça crée un peu un [sentiment] de panique. On sent un peu que les entreprises ne sont pas en contrôle de ce qui se passe. Aucune entreprise n’aime se sentir à la merci des tensions diplomatiques », explique Carl Boutet, stratège en commerce de détail.

« Il y a plusieurs membres de la communauté d’affaires canadienne qui nous ont fait part d'inquiétudes, surtout après l’arrestation de deux Canadiens », confirme la directrice de la Chambre de commerce du Canada à Shanghaï, Hélène Larochelle.

L'organisation, ajoute-t-elle, « suit de très près la situation », mais espère qu'il n'y aura « pas de répercussions à long terme pour les relations d’affaires » entre les deux pays.

Les échanges commerciaux entre la Chine et le Canada ont atteint près de 95 milliards de dollars en 2017. Il s'agissait d'une hausse de 8 % par rapport à l'année précédente.

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