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Douche froide pour des entrepreneurs du cannabis à Ottawa

Des plants de cannabis. Photo: La Presse canadienne / Elizabeth Earl/Peninsula Clarion via AP
Radio-Canada

Le gouvernement ontarien a annoncé, jeudi, que seulement 25 magasins seraient permis à travers toute la province en avril et que seuls 5 d'entre eux seraiet ouverts à Ottawa et dans l'Est ontarien.

Les heureux élus seront choisis selon un système de loterie. Cette annonce prend au dépourvu de nombreux entrepreneurs de la région de la capitale nationale. La Commission des alcools et des jeux de l'Ontario avait annoncé qu'elle accueillerait les demandes dès le 17 décembre, sans préciser qu'il y aurait une limite au nombre de magasins.

La situation est frustrante pour Koby Smutylo, fondateur de l'entreprise de production Indiva et porte-parole pour le magasin Ouid.

Quand le gouvernement communique un message et que les entreprises agissent en fonction de ça, puis il nous dit quelque chose de différent, alors que nous avons dépensé beaucoup de ressources et engagé des gens, c'est une grosse déception, a-t-il dit, ajoutant qu’il croit que cette décision est néfaste pour le développement économique de la province.

Koby Smutylo répond aux questions d'une journaliste dans un local vide. Koby Smutylo, fondateur de l'entreprise de production de cannabis Indiva et porte-parole pour le magasin Ouid. Photo : Radio-Canada

Ouid n'est pas la seule entreprise dans cette situation. Plusieurs autres entrepreneurs ont confirmé à Radio-Canada qu'ils avaient signé des baux dans la région pour ouvrir des magasins de cannabis. Ils ont maintenant peu de chance de voir leur ambition se concrétiser à court terme.

Entre surprise et déception

La nouvelle ne surprend pas trop Ming Saad, une militante pour le cannabis. Selon elle, le fait que la Société ontarienne du cannabis (OCS) ait de la difficulté à répondre à la demande actuelle explique en partie pourquoi seulement 25 permis seront octroyés au départ.

Elle est déçue de la décision du gouvernement Ford et croit que le nombre de permis, du moins pour cette première vague d’octrois, est trop bas. Elle croit toutefois que le gouvernement saura s’ajuster afin de pouvoir répondre à la demande. Ce n’est que le début, a-t-elle dit.

Avant la légalisation, une vingtaine de points de vente illégaux étaient ouverts à Ottawa seulement. La plupart d’entre eux avaient fermé leurs portes à la suite de la légalisation dans l'espoir d'obtenir un permis.

Ouvrir la porte au marché noir

Certains craignent que cette limite de 25 magasins favorise le marché noir. Si on a trop peu de points de vente et que c'est trop difficile d'acheter légalement, on va continuer d'aller au marché noir, a averti Eugene Oscapella, un professeur en criminologie à l’Université d’Ottawa.

Joel Harden répond aux questions d'une journaliste. Le député néo-démocrate d'Ottawa-Centre à Queen's Park, Joel Harden. Photo : Radio-Canada

Franchement, c’est insuffisant, a pour sa part plaidé Joel Harden, député d’Ottawa-Centre pour le Nouveau Parti démocratique à Queen’s Park. Selon lui, l’approche du gouvernement progressiste-conservateur n'est pas la bonne.

Il a indiqué que cette décision va a l'encontre des recommandations des entrepreneurs qui sont intervenus devant le Comité permanent de la politique sociale, duquel il est membre.

De son côté, le gouvernement justifie le tout en évoquant la pénurie de produits. Il n'y aurait pas assez de cannabis prêt à la vente pour fournir plus de 25 magasins en avril.

Avec les informations de Roxane Léouzon

Ottawa-Gatineau

Commerce