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À bout de souffle, une employée de bureau d’une école lance une invitation au ministre de l’Éducation

Ombre d'une personne sur un mur de brique en entrevue avec une femme qui porte un chandail noir.
Témoignage à visage couvert d'une personne qui travaille parmi le personnel administratif de la Commission scolaire du Chemin-du-Roy. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Ce n'est pas parce qu'ils travaillent dans l'ombre, cachés dans leur bureau, qu'ils ne souffrent pas. Les employés du secteur administratif de la Commission scolaire du Chemin-du-Roy, en Mauricie, sont aussi au bout du rouleau. C'est le cas de Louise qui a fini par craquer. Elle veut que ça se sache.

Un texte de Marie-Pier Bouchard

Louise (prénom fictif) travaille depuis plusieurs années à la Commission scolaire du Chemin-du-Roy. Elle adore son emploi, mais, un jour, elle a dû s'arrêter et partir en congé de maladie.

Elle a accepté de raconter son histoire sous le couvert de l'anonymat parce qu'elle craint de perdre son emploi.

La femme aimerait voir le ministre de l’Éducation se glisser dans la peau d’un employé du secteur administratif pendant une semaine pour qu'il constate qu’il n’y a pas que les enseignants qui sont en détresse et qui ont besoin d'aide. La surcharge de travail touche aussi le personnel de bureau, soutient-elle.

Je lui donnerais ma place et je regarderais.

Louise, employée du secteur administratif de la Commission scolaire du Chemin-du-Roy

Selon Louise, les coupes du dernier gouvernement libéral dans le monde de l’éducation ont aussi frappé de plein fouet le personnel administratif et les conséquences se font encore sentir.

Elle dit que le nombre de tâches a augmenté significativement pour tout le monde, y compris la direction. Le personnel administratif doit ainsi régulièrement mettre de côté son travail pour gérer une urgence, selon elle.

La to-do list, on n'arrive jamais à la fin. On se sent incompétent. Il y a toujours des choses qui s'ajoutent : un dégât d'eau, une toilette qui ne fonctionne pas, raconte Louise qui affirme qu'avant de partir en congé de maladie, elle apportait du travail à la maison.

On entend souvent : "C'est juste du personnel administratif", mais on est le pilier. Personnel de soutien, ça le dit, on soutient la bâtisse, affirme Louise.

En parlant publiquement, elle veut que la population sache que la détresse psychologique touche aussi le personnel administratif dont on sous-estime l’importance dans le système scolaire, selon elle.

Une employée de la Commission scolaire du Chemin-du-Roy témoigne à visage couvert.Une employée de la Commission scolaire du Chemin-du-Roy témoigne à visage couvert. Photo : Radio-Canada

Plusieurs démissions

La présidente du Syndicat du soutien scolaire Chemin-du-Roy, Gabrielle Messier, affirme que la situation est préoccupante pour l’ensemble des employés.

Depuis le début de l’année scolaire, elle dit être confrontée à une nouvelle réalité : des employés qui abandonnent leur sécurité d’emploi pour aller travailler pour d’autres organisations ou dans le secteur privé.

Il y a eu quatre ou cinq démissions parmi le personnel administratif depuis le début de l’année. Je n’ai jamais vu ça.

Gabrielle Messier, présidente du Syndicat du soutien scolaire Chemin-du-Roy
Une femme devant un mur de brique qui porte un chandail bleuGabrielle Messier, présidente du Syndicat du soutien scolaire Chemin-du-Roy Photo : Radio-Canada

Elle raconte que toutes les semaines, au bureau du Syndicat, elle reçoit des appels d'employés en pleurs.

Gabrielle Messier espère, elle aussi, que le nouveau gouvernement fasse quelque chose pour améliorer les conditions de travail des employés.

Mauricie et Centre du Québec

Santé