•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Intoxications aux opioïdes : Sherbrooke deuxième au Québec

Des pilules bleues dans un sac de plastique

Les surdoses d’opioïdes représentent la première cause de mortalité chez les 30-39 ans au pays.

Photo : Radio-Canada / CBC News

Radio-Canada

La crise des opioïdes comme le fentanyl ou la morphine n'épargne pas l'Estrie. Selon les plus récentes données de l'Institut canadien d'information sur la santé, Sherbrooke arrive au deuxième rang quant au nombre d'hospitalisations liées à leur consommation.

Ces drogues font des ravages partout au Canada. Plus de 2000 Canadiens sont morts au cours des six premiers mois de l'année à la suite d'une surdose.

À Sherbrooke, le nombre d'hospitalisations liées à une intoxication aux opioïdes atteint 18,2 cas par 100 000 habitants, tout juste derrière Saint-Jean-Sur-Richelieu.

En comparaison, à Montréal, ce chiffre atteint 6,9 cas pour 100 000 habitants.

Ça peut sembler paradoxal. On pense que les problèmes de drogue, ce sont des problèmes de grandes villes. Les données nous prouvent que ce n’est pas le cas, souligne Christina Lawand, chercheuse principale pour l’Institut canadien d'information sur la santé (ICIS).

La tendance est constatée partout au Canada. Le nombre d’hospitalisations liées à une intoxication aux opioïdes atteint des sommets dans les collectivités de 50 000 à 99 999 habitants.

Selon l'ICIS, les ressources plus limitées en région expliquent en partie cet écart entre les grands centres et les plus petites municipalités.

Les grandes villes luttent depuis plus longtemps avec des problèmes de toxicomanie, ajoute la chercheuse.

Dans certaines villes, l'accès plus facile à la Naloxone, un médicament utilisé en cas de surdose, ou à un centre d'injection supervisée peut également faire la différence.

Une trousse de naloxone.

La distribution de trousses de naloxone, un antidote aux effets des opioïde, s'inscrit dans la stratégie prônée par les intervenants de la convetion Stimulus : la réduction des méfaits.

Photo : Radio-Canada / CBC/Robert Short

Un changement de culture en cours

Le défi est grand pour le réseau de la santé de l'Estrie qui adapte ses services à la crise depuis déjà plusieurs années.

On se rend compte que de plus en plus de gens qui ont des besoins et le réseau est en train de changer sa culture pour déployer des services directement dans la communauté, estime la chef de service en santé mentale et dépendance, Amélie Desbiens-Tremblay.

Il n'y a pas de liste d'attente pour la clientèle qui souffre de dépendance aux opioïdes. En ce moment, 120 personnes sont actuellement prises en charge sur le territoire du CIUSSS de l'Estrie-CHUS.

Nos partenaires ont été formés. Ils ont reçu les équipements nécessaires pour intervenir rapidement en cas de surdosage, ajoute-t-elle.

Amélie Desbiens-Tremblay assure que les ressources sont suffisantes en Estrie et que le réseau est prêt à faire face aux cas de surdoses.

La Naloxone a été déployée et est disponible pour nos partenaires communautaires. Les moyens sont au rendez-vous pour traiter les surdosages,, assure-t-elle.

Selon les intervenants, un meilleur travail de prévention reste essentiel pour résorber cette crise.

Estrie

Drogues et stupéfiants