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Des sages-femmes déplorent l'arrêt du financement de leur ordre professionnel par l'Ontario

Québec s’entend avec les sages-femmes
L'Ordre des sages-femmes de l'Ontario ne recevra plus la subvention de fonctionnement qu'il recevait du ministère de la Santé et des Soins de longue durée depuis 25 ans.

Des sages-femmes ontariennes ne cachent pas leur déception face à l'interruption, par le gouvernement provincial, du financement de fonctionnement de l'Ordre des sages-femmes de l'Ontario (OSFO).

Un texte de Bienvenu Senga

Par voie de communiqué, l’organe de réglementation de la profession de sage-femme en Ontario a indiqué jeudi qu’il ne recevrait plus la subvention annuelle qu’il recevait de la province depuis 25 ans.

Par conséquent, l’ordre professionnel pourrait être forcé d'augmenter les frais d’adhésion dont doivent s’acquitter annuellement ses 956 membres. La somme s'élève actuellement à plus de 2000 $.

Amy Moland-Osborne, sage-femme œuvrant à Timmins, dans le Nord-Est de l’Ontario, estime que cette mesure aura pour conséquence de réduire le nombre de sages-femmes.

Je crois que certaines sages-femmes vont prendre la décision de quitter la profession, affirme-t-elle.

Ça va nous coûter cher de travailler. Plusieurs sages-femmes vont peut-être vouloir trouver un nouveau métier.

Amy Moland-Osborne, sage-femme de Timmins

Les propos de Mme Moland-Osborne sont corroborés par Kim Cloutier-Holtz, sage-femme à New Liskeard, qui est aussi membre du conseil d’administration de l’Association des sages-femmes de l’Ontario.

Elle estime qu’en raison de leur faible nombre, les sages-femmes ontariennes paient déjà des frais de membriété supérieurs à ceux de la plupart des ordres professionnels du domaine de la santé.

On doit payer ces frais-là avant de commencer à travailler pour avoir le droit de travailler. Si ces frais augmentent, ça va rendre la vie difficile pour plusieurs sages-femmes, indique-t-elle.

L’importance d’un ordre professionnel

La sage-femme Natalie MacLeod, de l’organisation Sudbury Community Midwives, qualifie la décision du gouvernement rendue publique jeudi de choquante, d’autant plus qu’elle est rétroactive au mois d’avril dernier. L’OSFO ne recevra donc pas la somme de 750 553 $ qu’elle attendait pour l’année fiscale 2018-2019.

Le gouvernement nous démontre qu’il ne valorise pas le travail et la profession des sages-femmes.

Natalie MacLeod, sage-femme de Sudbury

Mme MacLeod croit aussi que la province aurait dû maintenir sa subvention à l'OSFO, étant donné le rôle de l'organe dans le contrôle de la qualité des services offerts par les sages-femmes.

L’ordre est mis en place pour protéger le public. C’est pour s’assurer que lorsqu’une femme ou une famille demande des soins d’une sage-femme, elle sait qu’elle va avoir des soins qui sont pareils partout. S’il y a un manque, c’est à l’ordre d’identifier ce manque-là, note-t-elle.

Sur son site web, l’OSFO précise que l’interruption du financement provincial n’aura pas d’impact sur sa capacité à réglementer la profession de sage-femme en Ontario.

Un impact chez les étudiantes

Annie Lacaille est étudiante au programme de formation des sages-femmes de l’Université Laurentienne. Selon elle, en arrêtant de fournir la subvention de fonctionnement à l’OSFO, le gouvernement décourage les aspirantes à la profession.

Pour nous les étudiantes, on se dit qu’on s’embarque dans cette merveilleuse profession, puis elle n’est pas soutenue par le gouvernement. C’est un message qu’il ne nous aide pas.

Annie Lacaille, étudiante au programme de formation des sages-femmes de l’Université Laurentienne

L’étudiante rappelle que la rémunération des sages-femmes a déjà fait l’objet d’une plainte contre le gouvernement ontarien.

En septembre dernier, le Tribunal des droits de la personne de l’Ontario a donné raison à l’Association des sages-femmes de l’Ontario en reconnaissant que les sages-femmes avaient été victimes d'iniquité salariale depuis 2005.

Dans sa décision intérimaire, la vice-présidente du Tribunal, Leslie Reaume, a indiqué que le ministère de la Santé et des Soins de longue durée n’avait pas suivi les principes régissant la rémunération en place depuis 1993.

Dans un courriel envoyé vendredi à Radio-Canada, une porte-parole de la ministre de la Santé et des Soins de longue durée précise que le gouvernement reconnaît l’importante contribution des sages-femmes ontariennes et les soins qu’elles fournissent aux familles.

Notre gouvernement a été élu pour effectuer une réforme du système de santé et le mettre sur la bonne voie pour l’avenir [...] Nous travaillons avec nos partenaires du domaine de la santé pour créer un nouveau plan à long terme de livraison des soins de santé, écrit Hayley Chazan.

Nord de l'Ontario

Santé physique et mentale