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Une lettre du maire de Whistler provoque l’indignation des secteurs pétroliers et bancaires

Le maire Jack Crompton devant les anneaux olympiques.
Le maire de Whistler, Jack Crompton, invite la compagnie pétrolière albertaine Canadian Natural Resources à participer au coût des changements climatiques. Sa lettre a provoqué une chaîne de réactions de la part de l'industrie des énergies combustibles au Canada. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Le maire de Whistler a envoyé une lettre à la compagnie albertaine Canadian Natural Resources Ltd (CNRL) pour l'inviter à « partager le fardeau financier des changements climatiques ». Ce message a fait réagir plusieurs pétrolières, et devant leur frustration, la Banque CIBC songe à déplacer de manière permanente une conférence annuelle d'investisseurs du secteur de l'énergie qui se tient dans le lieu de villégiature britanno-colombien.

Dans un courriel, l'établissement financier explique également qu’elle annule sa présentation sur les investissements du secteur pétrolier et gazier cette année. Cette présentation était prévue durant la grande rencontre annuelle des investisseurs à Whistler en février.

« Nous reconnaissons votre frustration, qui est justifiée », écrit le directeur général et chef de la banque d’investissement de CIBC, Roman Dubczak. « Nous ne voulons pas que vous ayez à choisir entre la conférence et ce qui est juste pour vous. ».

Cette décision survient après que certaines compagnies pétrolières et gazières ont annoncé leur retrait de la conférence cette année, en solidarité avec la compagnie Canadian Natural Resources.

La compagnie de Calgary a reçu une lettre du maire Jack Crompton qui l’invite à aider sa municipalité.

« Nous avons dû planifier 1,4 million de dollars dans notre budget de 2018 pour protéger notre village des effets des feux de forêt », écrit-il dans une lettre datée du 15 novembre 2018. « Pour une ville de moins de 15 000 habitants, il s’agit d’un gros fardeau à porter. »

CNRL a répondu à la lettre du maire Jack Crompton vendredi.

« Il est important de reconnaître que les changements climatiques sont un problème global qui demande des réponses internationales », dit le président de CNRL, Tim McKay.

« Nous ne dépenserons pas notre temps ni l’argent de nos investisseurs dans une communauté qui ne semble pas avoir d'estime pour notre travail », déclare pour sa part le chef de l'exploitation pour la compagnie Prairie Sky, Cameron Proctor, dans un communiqué.

C’est l’organisme West Coast Environmental Law (WCEL) qui a lancé la campagne de lettres destinées aux compagnies pétrolières et gazières. L’avocat de la WCEL, Andrew Gage, déplore le fait que Whistler soit pointé du doigt.

« Le coût des changements climatiques est énorme, mais les gens qui sont à responsables de l’industrie des combustibles fossiles n’en paient pas le prix », dénonce-t-il.

« Ces lettres mettent de l’avant le fait que ces compagnies doivent payer pour leur impact sur l’environnement. »

Il estime que c’est parce que le maire de Whistler a envoyé sa lettre à une compagnie canadienne que le cas attire l’attention, alors que d’autres municipalités britanno-colombiennes ont aussi envoyé des lettres à des compagnies pétrolières établies à l’étranger depuis 2017, dans le cadre de cette campagne.

Le district de West Vancouver, les villes de Powell River, de Victoria et de Colwood y ont, notamment, participé.

Colombie-Britannique et Yukon

Industrie pétrolière