•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La dette par habitant atteint un record à Terre-Neuve-et-Labrador la vérificatrice générale

Julia Mullaley en conférence de presse le 12 septembre 2018.

Julia Mullaley, vérificatrice générale de Terre-Neuve-et-Labrador.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La dette provinciale est aujourd'hui évaluée à 14, 7 milliards de dollars, ce qui représente 28 000 $ par habitant. La vérificatrice générale affirme que c'est la dette la plus élevée de l'histoire de la province et que celle-ci continuera d'augmenter.

Selon le rapport, la dette provinciale augmente constamment depuis 2012. En date du 31 mars 2018, elle s’est élevée à 27 761 $ par habitant. Il indique par ailleurs que la dette a grimpé de 1,1 milliard de dollars depuis l’année passée.

Cela représente un fardeau fiscal important pour tous les Terre-Neuviens.

Julia Mullaley, vérificatrice générale de Terre-Neuve-et-Labrador

Le rapport indique d’ailleurs que cette dette continuera d'augmenter dans un futur rapproché. Pour l’an prochain, il évalue la dette moyenne par habitant à 29 256 $.

En ce qui concerne le déficit provincial, il a subi une baisse récente, mais reste toujours considérable.

Le déficit était de plus de 2 milliards de dollars en 2016 et est passé à 900 millions de dollars pour l’exercice fiscal 2017-2018. Le rapport prédit que le déficit se creusera de 500 millions de dollars de plus lors de l’année 2018-2019.

Autre détail peu reluisant du rapport : le ratio du déficit au PIB (produit intérieur brut) de la province. Ce pourcentage met en contexte le déficit vis-à-vis la taille de l’économie.

Il se situe présentement à 2,8 %, ce qui est le plus haut taux au Canada. Il devra chuter à 1,6 % l’an prochain, mais ce chiffre reste toujours au-delà de la moyenne canadienne.

Le ratio aurait pu être plus important si ce n’était du fait que la province génère le plus de recettes par habitant que toute autre province au Canada : les dépenses par habitant de Terre-Neuve-et-Labrador sont sensiblement plus élevées que les autres provinces et l'impôt provincial est un des plus élevés au Canada, selon le rapport.

Ces données laissent entendre que la question du revenu n’est pas le problème principal causant les déficits, mais plutôt le niveau des dépenses, conclut Julia Mullaley dans son rapport.

Un peu de répit en prévision?

La dette par habitant devrait se stabiliser en 2022-2023, mais seulement si la province enregistre un surplus, comme prévu.

Julia Mullaley indique toutefois que cette prévision du gouvernement est basée sur une production de plus en plus accrue du pétrole et l'augmentation de son prix au cours des prochaines années.

Comme on le sait tous, ces sources de revenus là sont volatiles, et ne sont pas exactement sous le contrôle de notre gouvernement. Alors il y a certainement un risque, souligne-t-elle.

Selon la vérificatrice générale, avec les emprunts et les impôts déjà élevés dans la province, la seule façon pour que le gouvernement provincial puisse revenir à un surplus est de couper dans les dépenses.

Celui-ci prévoit d’ailleurs des compressions de 400 millions de dollars au cours des quatre prochaines années, ce qui ne lui donnerait pas beaucoup de marge de manœuvre si les prévisions se révèlent inexactes.

Le gouvernement conscient des défis

Le ministre des Finances, Tom Osborne, reconnaît que le budget comporte des risques, comme le soutient Julia Mullaley, mais affirme que le gouvernement se concentre à revenir à l’équilibre budgétaire.

La province a fait face à un défi fiscal sans précédent en fin 2015, début 2016, et revenir à un surplus présente aussi son lot de défis, déclare le ministre. Nous n’avons pas le contrôle sur le taux d’inflation, l’indice des prix à la consommation [ou] le prix du pétrole.

Il indique que le gouvernement compte faire des compressions de 400 millions de dollars en misant sur plusieurs initiatives, comme réduire le nombre de véhicules dans la flotte gouvernementale, diminuer le montant d’espaces loués et éliminer l’indemnité de départ dans le secteur public.

Terre-Neuve-et-Labrador

Économie