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La Nouvelle-Écosse veut garder sa mainmise sur les quotas de pêche au sébaste

Des sébastes.

Des sébastes.

Photo : Pêches et Océans Canada / Claude Nozères

Radio-Canada

Le retour remarquable du sébaste dans le golfe Saint-Laurent laisse entrevoir une bataille dans l'est du pays pour les éventuels quotas de pêche commerciale, qui pourraient reprendre après un moratoire de près de 30 ans.

Une compagnie de la Nouvelle-Écosse demande au gouvernement fédéral de faire preuve de retenue avant de précipiter la fin de ce moratoire décrété en 1995.

Le stock de sébaste aurait atteint les 2,5 millions de tonnes en 2017 dans le golfe du Saint-Laurent, selon Pêches et Océans Canada. La biomasse est énorme. C’est probablement la plus imposante de l’histoire, dit Jan Voutier, dirigeant de Ka'Le Bay Seafoods, une division de Louisbourg Seafoods, spécialisée en transformation des produits de la mer en Nouvelle-Écosse.

M. Voutier juge qu’il faudra encore de quatre à cinq ans pour que le sébaste soit d’une taille convenable, qu’il estime à 33 centimètres ou plus, pour la pêche commerciale. Selon lui, il n’y a pas de marché présentement pour un sébaste qui n’atteint pas cette taille. Ceci doit être géré avec beaucoup de prudence, affirme-t-il.

Jan Voutier.

Jan Voutier, dirigeant de Ka'Le Bay Seafoods, une division de Louisbourg Seafoods.

Photo : Radio-Canada / CBC

Pêches et Océans Canada fixe à 22 centimètres la taille minimale pour qu’un sébaste puisse être commercialisé. Caroline Senay, biologiste au ministère, indique qu’une grande partie de la biomasse actuelle est en deçà ou autour de 22 centimètres.

Un conflit interprovincial se dessine pour se partager la manne

Les entreprises de la Nouvelle-Écosse détiennent présentement la majorité du quota de sébaste du golfe du Saint-Laurent. Concrètement, cela n’a aucun effet tant que le moratoire est en vigueur et qu’il n’y a pas de pêche commerciale.

Ottawa a accordé pour 2018 et 2019 plusieurs permis de pêche expérimentale au sébaste, au large de Terre-Neuve-et-Labrador et du Québec.

Pêches et Océans Canada assure que ces permis ne sont pas permanents. Mais Jan Voutier s’inquiète néanmoins.

Nous sommes conscients qu’il y a des besoins dans les autres provinces, mais en même temps, nous avons des entreprises à faire fonctionner, dit M. Voutier. La Nouvelle-Écosse a été un joueur majeur de l’industrie pendant longtemps, et chaque fois que nous perdons une industrie, la Nouvelle-Écosse y perd.

Keith Colwell.

Keith Colwell, le ministre des Pêches et de l’Aquaculture de la Nouvelle-Écosse, le 23 février 2018 à Halifax.

Photo : Radio-Canada / Stéphanie Blanchet

Une bataille pour les quotas s’annonce pour l’an prochain, mais le Keith Colwell, le ministre des Pêches en Nouvelle-Écosse, dit s’attendre à ce que les quotas actuels soient maintenus.

Les compagnies néo-écossaises ont attendu des années pour que les stocks de sébaste se rétablissent dans le golfe, fait valoir le ministre.

Louisbourg Seafoods est l’un des 20 membres du Conseil du poisson de fond de l’Atlantique. Ce regroupement d’entreprises détenant des quotas de pêche était auparavant connu en tant que Conseil des allocations aux entreprises d'exploitation du poisson de fond (GEAC). Le changement de nom du groupe pour Atlantic Groundfish Council a été annoncé jeudi, à l’aube de son congrès bisannuel à Halifax.

Le conseil demande lui aussi à Ottawa d’attendre avant d’autoriser à grande échelle la pêche commerciale au sébaste.

Des sébastes.

Des sébastes.

Photo :  Pêches et Océans Canada / Claude Nozères

Plus tôt ce mois-ci, le syndicat Fish, Food and Allied Workers Union (FFAW) a reçu du fédéral un octroi de 700 000 $ provenant du Fonds des pêches de l’Atlantique, afin de mener une pêche expérimentale au sébaste.

L’ambition du syndicat basé à Terre-Neuve-et-Labrador est de trouver une façon de pêcher les sébastes de la taille réglementaire, en évitant de capturer les poissons trop petits.

Dans un communiqué de presse, Keith Sullivan, le président du syndicat FFAW, parlait d’une occasion sans précédent de construire à partir de zéro une pêche durable qui pourrait apporter d’importants avantages économiques aux communautés de Terre-Neuve-et-Labrador.

Mais en Nouvelle-Écosse, Jan Voutier ne voit pas les choses du même oeil. Ce n’est tout simplement pas bon pour l’avenir de l’industrie. C’est trop tôt, et c’est trop d’efforts, déclare-t-il.

D'après un reportage de Paul Withers

Avec les informations de CBC

Nouvelle-Écosse

Industrie des pêches