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Saint-Damien-de-Buckland se prépare au départ de sa communauté religieuse

Le reportage de Marie-Maude Pontbriand

La municipalité de Saint-Damien-de-Buckland dans Bellechasse s'apprête à vivre une transformation. La communauté religieuse des Soeurs de Notre-Dame du Perpétuel Secours, qui représente 10 % de sa population, quittera le village où elle est établie depuis plus de 125 ans. Le tiers de ses terres a été vendu à une coopérative agricole, le reste se cherche encore une nouvelle vocation.

La communauté religieuse compte plus de 170 soeurs et embauche 80 personnes pour s'occuper des religieuses et de leur domaine de plus de 200 000 mètres carrés.

Mais comme la plupart des congrégations religieuses au Québec, ses membres sont vieillissantes. Elles ont en moyenne 83 ans.

« Devant notre réalité actuelle, on n'avait pas le choix que de se relocaliser ailleurs parce qu'on n'a plus les ressources humaines pour demeurer propriétaire et assurer la gestion de tout ce domaine-là, puis les services à donner aux soeurs âgées », explique la supérieure générale de la congrégation, soeur Madeleine Fillion.

La communauté religieuse a donc décidé de quitter le village. « Une nouvelle dramatique » pour le maire Sébastien Bourget.

Une fois le choc de la nouvelle encaissé, la municipalité se relève les manches et tente de trouver des solutions pour passer à travers cette épreuve.

Plutôt que de voir ça de façon dramatique pour Saint-Damien, je la vois plutôt comme un Saint-Damien 2.0.

Sébastien Bourget, maire de Saint-Damien-de-Buckland

« Saint-Damien a été bâtie grâce à la congrégation, on a atteint la fin de cette histoire-là. Maintenant, on en repart une nouvelle », raconte le maire.

Le maire est donc à la recherche de promoteurs qui auraient envie de développer les terres des religieuses.

L'agriculture à la rescousse

Une partie de la propriété vient d'être achetée par une coopérative agricole qui souhaite faire partie de ce « Saint-Damien 2.0 ».

Les soeurs ont vendu le tiers de leurs terres à prix d'ami à la coopérative Les choux gras. Elles ont même accepté d'être créancières parce qu'elles voyaient en cette transaction l'occasion inespérée de perpétuer la vocation agricole de la congrégation.

« Leur présence ici c'est comme un retour aux sources », raconte la soeur supérieure.

C'est une bonne nouvelle. Ils vont continuer un petit quelque chose de nos origines, alors nous nous sommes heureuses et eux aussi.

Madeleine Fillion, supérieure générale

Une occasion unique aussi pour la coopérative Les choux gras fondée en 2017 qui compte une soixantaine de membres.

« Pour nous, c'est un grand honneur, affirme le directeur de la coopérative Nicholas Fecteau, on est rempli de gratitude envers les soeurs. »

Madeleine Fillion, supérieure générale des Soeurs de Notre-Dame du Perpétuel Secours et Nicholas Fecteau, directeur de la coopérative Les choux grasMadeleine Fillion, supérieure générale des Soeurs de Notre-Dame du Perpétuel Secours et Nicholas Fecteau, directeur de la coopérative Les choux gras Photo : Radio-Canada / Daniel Coulombe

Le groupe veut y exploiter la terre selon des principes de la permaculture, soit prendre soin de la terre, de l'humain et partager production et connaissances.

Une salle de formation sera d'ailleurs aménagée dans un petit chalet construit près du verger.

Les légumes seront vendus dans une boutique à côté de la serre, dans laquelle on espère prolonger la saison des récoltes dès l'an prochain.

La transaction a été conclue en novembre. La coopérative compte commencer à donner des formations dans ses nouveaux locaux d'ici le printemps.

La municipalité a aussi créé un comité pour se préparer au départ des soeurs qui aura lieu en 2020.

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