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Les Acadiens de la Nouvelle-Écosse déçus de ne pas être représentés au Sénat

Une vue du Sénat à Ottawa.
Le Sénat à Ottawa Photo: Reuters / Chris Wattie / Reuters
Radio-Canada

La communauté acadienne de la Nouvelle-Écosse est déçue que le siège de l'ancien sénateur Gérald Comeau, vide depuis cinq ans, n'ait pas été comblé par un autre Acadien.

Un texte de Caroline Lévesque

Le premier ministre Justin Trudeau a annoncé, mercredi, la nomination de quatre nouveaux sénateurs pour combler des sièges vacants, dont Stanley Kutcher, en Nouvelle-Écosse.

Le Dr Kutcher est un spécialiste dans le domaine de la santé mentale des adolescents.

Cette nomination met fin à la longue tradition de sénateurs acadiens néo-écossais, qui remonte à 1907.

Siège vacant depuis cinq ans

Depuis cinq ans, les Acadiens veulent que le gouvernement remplace le siège vacant de l'ancien sénateur acadien de la Nouvelle-Écosse, Gérald Comeau, afin de les représenter.

La Nouvelle-Écosse possède actuellement dix sièges à la Chambre rouge, occupés par huit sénateurs anglophones, une Afro-Néo-Écossaise et un Micmac.

Marie-Claude Rioux, directrice générale de la Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse (FANE), se dit déçue, d'autant plus qu'elle est au courant qu’il y avait des candidatures acadiennes pour siéger au Sénat.

Un des rôles du Sénat c’est de protéger les communautés en milieu minoritaire, indique Mme Rioux. En n’ayant pas de sénateur qui porte la voix des Acadiens de la Nouvelle-Écosse, on est laissés pour compte. Ça a un impact réel dans la vie des gens. Quand on n’a pas quelqu’un qui porte notre voix [dans un des paliers politiques], on est perdant, car personne ne prend en compte nos intérêts. Tant et aussi longtemps que les gens n’ont pas vécu en situation minoritaire, c’est extrêmement difficile de se mettre dans la peau la communauté francophone de la Nouvelle-Écosse.

Gerald Comeau.Depuis cinq ans, les Acadiens veulent que le gouvernement remplace le siège vacant de l'ancien sénateur acadien de la Nouvelle-Écosse, Gérald Comeau, afin de les représenter. Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Attendre la fin d'un autre mandat

Également déçu de ne pas voir un des siens siéger au Sénat, Chris d'Entremont, député d'Argyle-Barrington et porte-parole du Parti progressiste-conservateur pour les affaires acadiennes, dit que depuis la retraite de Gérald Comeau, en 2013, les Acadiens attendaient que le premier ministre prenne une décision.

Mais il faut attendre encore, reconnaît-il. Le mandat de Tom McInnis fini en 2020, alors ça nous donne un peu de temps pour la communauté de pousser le gouvernement à mettre quelqu’un de descendance acadienne, au moins.

Ralph Surette, chroniqueur politique au Chronicle Herald, un journal à Halifax, se désole de constater que la tradition instaurée au Sénat soit désormais perdue.

On est dans un nouveau cycle de questions linguistiques, tout d’un coup en Ontario, et au Nouveau-Brunswick avec le nouveau gouvernement élu, dit-il. Ça sera le devoir des organismes de faire pression. C’est sûr que c’est décevant.

Par courriel, le bureau du premier ministre Justin Trudeau a insisté sur le fait que les candidatures sont examinées par le Comité consultatif indépendant.

J’aimerais également souligner que nous sommes fiers d’avoir nommé Arthur Leblanc au poste de premier lieutenant-gouverneur acadien de la Nouvelle-Écosse l’année dernière, a écrit Eleanore Catenaro, attachée de presse au Cabinet du premier ministre.

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