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L’avez-vous vu? Une robe qui compte les attouchements, et l'action la plus rapide du règne animal

Radio-Canada

Une robe munie de capteurs permet de détecter le nombre d'attouchements non désirés, et le mouvement le plus rapide du monde animal est enregistré aux États-Unis. Voici quelques nouvelles que vous auriez pu manquer dans les derniers jours.

Un texte d’Alain Labelle

1. Le mouvement animal le plus rapide à ce jour

Les mandibules de la fourmi Dracula sont les appendices en mouvement les plus rapides du monde animal.Les mandibules de la fourmi Dracula sont les appendices en mouvement les plus rapides du monde animal. Photo : Adrian Smith

Le monde animal est peuplé d’appendices plus rapides les uns que les autres, mais ceux de la fourmi Dracula (Mystrium camillae) battent leurs adversaires au fil d’arrivée.

Cette fourmi avait déjà une réputation singulière. Elle tient son nom vampirique du fait qu’elle suce le sang de ses propres larves afin de se nourrir. Cette pratique, très rare, est connue sous le nom de « cannibalisme non destructeur ».

Mais son originalité ne s’arrête pas là. L’entomologiste américain Andrew Suarez et ses collègues de l’Université de l’Illinois ont établi que, grâce à ses mandibules (les deux appendices devant la tête qui servent à attraper et à broyer la nourriture), elles sont capables de réaliser le mouvement le plus rapide du monde animal.

Le chercheur Andrew Suarez.Le chercheur Andrew Suarez Photo : Université de l’Illinois

La Dracula, présente en Afrique, en Australie et en Asie du Sud-Est, peut en effet faire glisser ses mandibules l'une contre l'autre à une vitesse de 90 mètres par seconde (soit 324 km/h).

La structure de sa « mâchoire » est différente de celles d’autres fourmis aux puissantes pièces buccales. Au lieu d'être composée de trois parties distinctes (le ressort, le loquet et le bras de levier), la mâchoire de la Dracula les possède réunies au sein de ses mandibules.

Celles-ci atteignent cette vitesse inégalée en pressant leurs extrémités l'une contre l'autre, dans un mouvement de ressort jusqu'à ce que l'une glisse sur l'autre de façon semblable à un claquement de doigts humains.

Les scientifiques ont utilisé une caméra à haute vitesse pour saisir ce mouvement en action pour la toute première fois.


2. Des excréments de manchots Adélie visibles de l’espace

Les excréments des manchots Adélie (Pygoscelis adeliae) sont visibles de l'espace.Agrandir l’imageLes excréments des manchots Adélie (Pygoscelis adeliae) sont visibles de l'espace. Photo : Google Earth

Il est possible d’observer les excréments des manchots Adélie (Pygoscelis adeliae), qui peuplent les côtes de l’Antarctique, à partir des images captées par les satellites en orbite terrestre.

Ces manchots adorent le krill, ces petites crevettes roses qui vivent dans les eaux froides océaniques. Ils en mangent tellement que leurs matières fécales, appelées guanos, se teintent de rose.

Comme ces manchots vivent en énormes groupes de plusieurs centaines de milliers d’individus, il est possible de détecter leurs colonies à partir des grandes taches laissées par ce guano rose-marron sur le blanc immaculé de la calotte glaciaire.

La photo qui accompagne notre texte montre les zones habitées par ces manchots sur l’île de Cuverville, en Antarctique, où les taches sont très visibles.

Ces images sont utiles pour les scientifiques, qui peuvent ainsi estimer leur nombre et ainsi avoir un portrait de la santé des populations de l’espèce qui tend à décliner rapidement depuis les années 1990. Elles permettent aussi d’étudier leurs déplacements d’un endroit à l’autre.

En mars dernier, une colonie inconnue à ce jour de 1,5 million de spécimens a été observée dans les Îles Danger. Les biologistes ont utilisé des images satellites couvrant 60 ans pour comprendre son évolution. Selon eux, la mesure de l'épaisseur d'excréments permet d’établir que ces spécimens habitent la région depuis 2800 ans.


3. Du papier réutilisable encore et encore

Le papier est réinscriptible, durable et facile à utiliser. Le papier est réinscriptible, durable et facile à utiliser. Photo : American Chemical Society

Des ingénieurs en matériaux chinois ont créé un papier réinscriptible durable et facile à utiliser. Il est possible d’écrire ou de dessiner dessus, et les informations y restent lisibles jusqu’à six mois à la température de la pièce, comparativement à d'autres papiers réinscriptibles dont les informations disparaissent après quelques jours.

Lorsque l’utilisateur veut effacer les informations qui y apparaissent, il n’a qu’à refroidir le papier à -10 degrés Celsius, ce qui le fait revenir à sa couleur bleue initiale.

Ce processus a pu être répété plus de 100 fois sans perte de fonctionnalité.

Bien que nous vivions à l'ère du numérique, les besoins en matériaux d'impression traditionnels restent énormes. Toutefois, les papiers traditionnels ne peuvent être utilisés qu’une seule fois avant d'être éliminés, ce qui représente un problème environnemental, comme les déchets solides et la pollution chimique. Sans compter la source première du papier, le bois, dont l’utilisation nécessite la destruction d’espace naturel.

Le recours au papier réinscriptible, les écrans thermochromiques, les cristaux photoniques et les polymères à mémoire de forme constituent d'autres approches pour résoudre ce problème.


4. Une robe qui révèle les attouchements

Une femme enfile une robe.Extrait de la vidéo de l’expérience « Dress for Respect » Photo : Ogilvy

Des ingénieurs brésiliens ont créé une robe dotée de capteurs qui permet de comptabiliser le nombre d’attouchements qu’une femme peut subir dans les endroits publics, mais aussi d’établir leur intensité et les régions touchées.

Dans l’expérience « Dress for Respect », les chercheurs ont demandé à trois femmes d’âges, de tailles et d’allures différentes de revêtir leurs robes dans le but d’obtenir un portrait global du harcèlement qu'elles vivent dans une discothèque.

L'expérience « Dress for Respect » dans une discothèque de Sao Paulo.L'expérience « Dress for Respect » dans une discothèque de Sao Paulo Photo : Ogilvy

L’expérience a ainsi permis de suivre en temps réel, grâce à des capteurs wi-fi, leurs déplacements dans la discothèque de Sao Paulo.

Les résultats sont révélateurs : le trio féminin a été touché pas moins de 157 fois en quatre heures, c’est-à-dire plus de 40 fois par heure.

L’expérience « Dress for Respect ».L’expérience « Dress for Respect » Photo : Ogilvy

Cette expérience créée par l’agence publicitaire brésilienne Ogilvy en partenariat avec la marque Schweppes avait pour but d’alerter l’opinion sur la notion de consentement.


5. Une capsule ingérable contrôlée sans fil

La capsule mise au point par des ingénieurs du MIT.La capsule mise au point par des ingénieurs du MIT. Photo : MIT

Une « pilule électronique » qui peut être ingérée et contrôlée au moyen d'une application pour téléphone intelligent a été mise au point par des ingénieurs américains.

La capsule, qui peut être personnalisée pour administrer des médicaments, détecter les conditions environnementales, ou encore les deux, peut demeurer dans l'estomac pendant au moins un mois. Elle transmet des informations et répond aux instructions envoyées par un téléphone avec la technologie Bluetooth.

Cette capsule est fabriquée au moyen de la technologie d'impression 3D. Elle pourra également permettre de détecter les infections et les réactions allergiques et libérer un médicament en réaction. Des informations qui pourront être communiquées à son porteur ou à son médecin.

La version actuelle de l'appareil est alimentée par une petite pile à oxyde d'argent. Toutefois, ses créateurs étudient la possibilité de remplacer cette batterie par d'autres sources d'énergie, comme l'acide gastrique.


6. La forme de votre crâne, héritage de vos ancêtres néandertaliens?

Le crâne d'un homme de Néandertal et celui d'un humain.Le crâne d'un homme de Néandertal et celui d'un humain Photo : Institut Max Planck

On sait que les deux espèces, les hommes de Néandertal et les Homo sapiens, ont échangé leur patrimoine génétique à travers des échanges sexuels durant leur évolution.

On sait aussi que les humains modernes ont un crâne plus arrondi que celui des Néandertaliens, qui est plus allongé.

Des paléoanthropologues allemands ont analysé le génome de 4000 humains actuels pour constater que des séquences d’ADN néandertaliennes sont présentes chez les humains modernes et qu’elles sont associées à des crânes plus allongés.

Même si les crânes actuels sont bien distincts des crânes de Néandertal, les chercheurs ont quand même pu voir de subtiles différences entre les humains actuels.

Ces séquences d’ADN de Néandertal se trouvent sur les chromosomes 1 et 18. Ces fragments d’ADN modifiaient l’expression de deux gènes, UBR4 et PHLPP, connus pour participer au développement du cerveau.


7. Les photographies de 2018 du National Geographic

Un avion et des milliers de voitures Volkswagen et Audi stationnées dans le désert.La photo de l'année, selon le « National Geographic » Photo : National Geographic

Encore cette année, le magazine américain a décerné ses prix pour les meilleures photographies parmi les milliers de candidatures dans trois catégories : vie sauvage, endroits et gens.

La photo gagnante du grand prix, accompagné d’une somme de 10 000 $, a été décernée au Californien Jassen Todorov.

Sa photo intitulée Iréel montre un avion et des milliers de voitures Volkswagen et Audi stationnées et bien alignées dans le désert de Mojave en Californie. Ces automobiles, les modèles construits de 2009 à 2015 par Volkswagen, ont été placées dans ce cimetière de voitures à la suite d’un rappel massif causé par le scandale lors duquel l’entreprise avait été reconnue coupable d’avoir trafiqué les émissions polluantes de ces voitures.

La gagnante de la catégorie « Vie sauvage » s’intitule Flying at the crossing et a été prise par le Néerlandais Pim Volkers. Elle montre un troupeau de gnous traversant la rivière Mara en Tanzanie.

Un troupeau de gnous traversant la rivière Mara en Tanzanie.La photo de l'année dans la catégorie « Vie sauvage » Photo : National Geographic

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