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La Commission des services policiers de Thunder Bay mise sous tutelle

Logo du Service de police de Thunder Bay sur fond bleu.
L'avocat Thomas Lockwood sera responsable de l'administration des services policiers de Thunder Bay. Photo: Radio-Canada / Cathy Alex/CBC
Radio-Canada

La Commission civile de l'Ontario sur la police (CCOP) a mis sous tutelle la Commission des services policiers de Thunder Bay (CSPTB) et a nommé un administrateur externe, selon les recommandations contenues dans un rapport du sénateur Murray Sinclair, portant sur la relation entre la police et les Autochtones.

La CCOP a choisi pour cette fonction l'avocat Thomas Lockwood, qui sera en poste pendant un an.

Dans un communiqué, la CCOP mentionne qu’elle se réserve le droit de prolonger le mandat de M. Lockwood si elle le juge nécessaire.

M. Sinclair recommande que de nouveaux membres soient choisis et formés pour constituer une nouvelle commission.

La nouvelle présidente de la CSPTB, Celina Reitberger, a affirmé que les membres se réuniront comme prévu lundi prochain.

Ceux-ci n'auront cependant plus de pouvoir.

Celina ReitbergerCelina Reitberger est la première personne autochtone de la Commission des services policiers de Thunder Bay. Photo : CBC / Cathy Alex

Par cette décision, l’organisme provincial indique qu’il accepte les conclusions de l'enquête menée par le sénateur Murray Sinclair, qui recommande le démantèlement temporaire de la CSPTB.

Dans son rapport déposé vendredi après-midi, Murray Sinclair conclut que la CSPTB n’a pas su reconnaître les habitudes claires et indéniables de violence et de racisme systémique à l’endroit des Autochtones à Thunder Bay, et ne s’y est donc pas attaquée.

Problèmes systémiques relevés par M. Sinclair :

  • Absence de mécanisme officiel permettant aux Autochtones de participer à la planification des services policiers;
  • Sous-représentation des Autochtones au sein de la police et pas de politique en place pour remédier à ce déséquilibre;
  • Pas de programme de formation ou d’orientation obligatoire pour sensibiliser les policiers à l’histoire et à la culture de la communauté autochtone;
  • Pas d'engagement de ressources à long terme pour les programmes qui ont pour but de favoriser les relations avec les communautés autochtones.

L’origine de ces problèmes peut être retracée jusqu’à une absence de leadership de la part de la CSPTB, soutient M. Murray.

Un manque de consultation critiqué

Le chef de la Nation Nishnawbe Aski, Alvin Fiddler, a fait savoir dans un communiqué qu’il endosse les conclusions du rapport de M. Sinclair.

Il dénonce toutefois le choix hâtif d'un administrateur, sans consultation des communautés autochtones.

Le maintien de l'ordre à Thunder Bay présente des défis uniques et il est essentiel que l’administrateur connaisse bien ces problèmes et ait un bon rapport avec les peuples autochtones.

Alvin Fiddler, chef de la Nation Nishnawbe Aski

Démission hâtive du vice-président de la CSPTB

Don Smith, un des membres de la CSPTB, avait annoncé qu’il quittait son poste quelques heures avant le dépôt du rapport de M. Sinclair.

M. Smith a affirmé qu’il partait par souci d’harmonie pour Thunder Bay.

Portrait d'un homme dans un salle d'un poste de police.Don Smith est conseiller municipal de Shuniah, en périphérie de Thunder Bay. Photo : Radio-Canada / Miguel Lachance

Il dit qu’il a pris connaissance du rapport et que celui-ci contient quelques points valides.

M. Smith ne croit toutefois pas que la CSPTB ait été négligente.

Nous nous sommes donné coeur et âme pour la communauté [...] tout le temps que j’ai siégé à la commission, [elle] était très forte éthiquement et j’ai fait tout ce qui était en mon pouvoir pour promouvoir l’harmonie et la réconciliation.

Don Smith, vice-président de la Commission des services policiers de Thunder Bay

M. Smith se dit déçu de la tournure des événements.

Il estime que les membres ont fait leur travail de bonne foi, et que leur pouvoir était limité.

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