•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Une fillette meurt de soif en détention aux États-Unis

Le récit de Frédéric Arnould

Une jeune migrante guatémaltèque de 7 ans qui était détenue au Nouveau-Mexique après avoir tenté de franchir la frontière américaine avec son père est morte de déshydratation, samedi dernier, quelques heures après son arrestation.

La fillette avait été interpellée avec son père et une douzaine d’autres migrants alors qu’ils tentaient de s’introduire illégalement aux États-Unis à partir du Mexique.

Selon le quotidien The Washington Post, au moins huit heures après avoir été mise en détention par la police du Nouveau-Mexique, l’enfant a commencé à montrer des signes de détresse grave et à souffrir de convulsions.

Son état était si critique qu’elle a dû être transportée à l’hôpital d’El Paso en hélicoptère où l’enfant a succombé à la déshydratation et à un état de choc, selon le service américain des douanes et de la protection des frontières.

D’après le Post, la fillette n’avait pas bu ni mangé depuis plusieurs jours.

Selon une source au sein du ministère des Affaires étrangères du Guatemala, la fillette se nomme Jackeline Caal. C’était la fille d’un homme de 29 ans, Nery Caal, qui avait quitté le Guatemala avec sa fille à la recherche d’un avenir meilleur aux États-Unis.

Ils sont originaires de la région de Raxruha, dans le nord du Guatemala.

Selon le groupe de défense des droits de la personne Physicians for Human Rights, cette enfant « n'aurait jamais dû être placée en détention par les services de l'immigration » après avoir voyagé « dans des conditions inimaginables ».

Il n'y a aucune excuse pour qu'un enfant meure de déshydratation pendant qu'il est sous la garde du gouvernement […] La détention d'enfants n'est jamais dans leur intérêt supérieur et constitue une violation de leurs droits.

Kathryn Hampton, agente de programme pour Physicians for Human Rights
Plus de 2300 enfants de migrants ont été séparés de leurs parents après la mise en place de la politique « tolérance zéro » de l’administration Trump, au début du mois de mai.Plus de 2300 enfants de migrants ont été séparés de leurs parents après la mise en place de la politique « tolérance zéro » de l’administration Trump, au début du mois de mai. Photo : Associated Press / Gregory Bull

La mise en détention des enfants qui accompagnent les migrants qui sont arrêtés par les autorités américaines soulève la controverse depuis plusieurs mois aux États-Unis.

Alors que le président Donald Trump fait de sa ligne dure envers l'immigration clandestine l'un des étendards de sa présidence, plus de 2300 enfants et adolescents ont été séparés de leurs parents et mis en détention aux frontières américaines entre le 5 mai et le 9 juin en vertu de la politique de tolérance zéro.

Une politique que l’administration Trump a dû assouplir en raison de la vague d’indignation soulevée par cette politique aux États-Unis comme à l’étranger.

Or, il semble que la situation ne se soit guère améliorée, déplore Physicians for Human Rights.

« La mort de cette jeune fille aurait très bien pu être évitée, si le Département de la sécurité intérieure avait mis en œuvre des activités de recherche et de sauvetage le long de la zone frontalière avec la participation de professionnels médicaux », souligne Physicians for Human Rights dans un communiqué.

Les décisions concernant le traitement médical nécessaire pour les migrants et les demandeurs d'asile qui sont secourus dans le désert devraient être prises par un professionnel de la santé ayant une formation médicale, et non par un agent de la force publique.

Kathryn Hampton, agente de programme pour Physicians for Human Rights

L’organisme réclame la tenue d’une enquête approfondie sur la mort de cette enfant.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Associated Press

Amériques

International