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Compressions au Conseil des arts de l'Ontario : « Ça va faire mal aux artistes »

La scène de concert est vide.

Une scène de concert

Photo : iStock

Radio-Canada

« On a vraiment peur! » lance, comme un cri d'alarme, la directrice générale de l'Association des professionnels de la chanson et de la musique (APCM), Natalie Bernardin. Les nouvelles compressions du gouvernement Ford, cette fois au Conseil des arts de l'Ontario (CAO), sèment l'inquiétude dans le secteur culturel de la province.

Un texte de Kevin Sweet et Valérie Lessard

Ces coupes de 5 millions de dollars, confirmées jeudi, surviennent peu de temps après un investissement de 20 millions de dollars sur quatre ans par le précédent gouvernement libéral.

Il s'agissait d'une première augmentation du budget du CAO en 20 ans , tient à rappeler Natalie Bernardin, dont l'association vise à promouvoir les auteurs, compositeurs et chanteurs francophones en Ontario. Mais là, si cette coupe dans le budget 2017-2018 est une indication de ce qui nous attend...

Il est possible qu'on régresse dès le 1er avril 2019, craint de son côté Martin Arseneau, le directeur général de Réseau Ontario, qui appuie les diffuseurs et artistes francophones de la province.

C'est difficile de rêver, renchérit-il.

La pointe de l'iceberg?

Cette compression de 7 % du budget du Conseil des arts de l’Ontario n'étonne cependant pas M. Arseneau.

Nous, on se prépare au pire.

Martin Arseneau, directeur général, Réseau Ontario

Son homologue de l'APCM abonde en ce sens. Natalie Bernardin s'inquiète d'abord et avant tout pour les artistes qu'elle représente.

Ce sont nos membres, mais aussi ceux de l'Association des auteures et auteurs de l'Ontario français ou encore de Théâtre Action qui vont écoper. Ça va faire mal aux artistes.

Natalie Bernardin, directrice générale, APCM

À l'instar de sa collègue, Martin Arseneau n'entend pas baisser les bras. Il compte faire valoir le mérite et l’influence économique de son organisme auprès du gouvernement conservateur ontarien.

Réseau Ontario gère 950 spectacles par année et c’est sûr que ç'a un impact sur l’économie. Il faudrait trouver une façon de chiffrer ces impacts-là et de prouver au gouvernement que nos organismes et nos activités sont des moteurs de développement économique, explique le directeur général de l'organisation.

Pour l’heure, la compression n’a pas d’incidence immédiate sur les activités en cours de Réseau Ontario ni sur celles de l'APCM, mais Martin Arseneau et Natalie Bernardin sont déjà en train de revoir à la loupe, et à la baisse, les chiffres associés à leurs projets avec leurs équipes respectives.

On est en train de revoir nos budgets pour les trois prochaines années.

Martin Arseneau, directeur général, Réseau Ontario

Là, on est en train de voir si on retourne à ce qu’on recevait en termes de financement il y a deux ans, mentionne M. Arseneau.

Un retour en arrière représenterait une perte d’environ 10 000 $ pour Réseau Ontario, à une époque où les coûts associés à la diffusion et à la production d’événements augmentent exponentiellement. L'expansion qu’avait prise le Contact ontarois dans les dernières années pourrait être compromise en 2020.

On va tout faire pour ne pas que ça arrive, promet le directeur général.

Le milieu littéraire aussi touché

Le milieu du livre ne sera pas épargné non plus. Les Éditions L'Interligne dépendent énormément des subventions du CAO. Le financement provincial compte pour environ 30 % du budget opérationnel de la maison d'édition ottavienne.

Si les compressions sont plus grandes, c'est certain que l'impact va être plus grand, souligne Mireille Groleau, la présidente du conseil d'administration de L'Interligne.

Une diminution du nombre de publications de la maison d'édition pourrait s'avérer une conséquence tangible, cite-t-elle en exemple. Une stratégie de développement afin d'ouvrir de nouveaux marchés pour les auteurs pourrait aussi être en péril.

L'enjeu, ça va être d'être innovateur. On ne pourra plus compter, je pense, pour les trois prochaines années du moins, sur la même capacité de financement de la part du Conseil des arts de l'Ontario.

Mireille Groleau, présidente du conseil d'administration des Éditions L'Interligne

Au-delà des artistes francophones

Selon Natalie Bernardin, ces plus récentes compressions vont mobiliser bien plus que les organismes francophones, car elles touchent aussi tout le secteur culturel anglophone de la province.

La lutte devant nous n'est plus réservée aux seuls francophones. Il va falloir s'allier aux autres groupes attaqués par ce gouvernement, toutes langues et cultures confondues, soutient la directrice générale de l'APCM.

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