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Un premier câble de télécommunication dans les Grands Lacs

On voit la ville de Toronto au loin, à partir du navire sur le lac Ontario, par une journée ensoleillée.
La ville de Toronto vue du navire. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Au début de l'an prochain, le tout premier câble de télécommunication à fibres optiques dans les Grands Lacs sera opérationnel. D'une longueur totale de 131 km, dont 58 km dans le lac Ontario, il s'ajoutera au réseau mondial de câbles sous-marins sur lesquels nos échanges et nos activités quotidiennes reposent.

Un texte d’André Bernard, de Découverte

Toronto est en vue. Nous sommes en août dernier à environ 20 km de la Ville Reine, à bord du navire câblier IT Intrepid de l'entreprise québécoise IT International Telecom. Sur le pont, l’équipage s’affaire autour du câble qui glisse lentement dans l’eau.

Ce câble de télécommunication à fibres optiques, propriété de CrossLake Fibre, s’ajoute aux liaisons terrestres autour de Toronto. Dans un contexte où les échanges et la demande pour la bande passante explosent d’année en année, le marché réclame d'autres routes pour l’acheminement de données.

On voit le câble sur le pont du navire qui est en train d'être déroulé.Le câble de télécommunication est déployé à partir du navire. Photo : Radio-Canada

L'infrastructure actuelle, bien que fonctionnelle, date un peu. Elle remonte au boom du commerce en ligne. Ce câble, en plus d’être une route additionnelle du Canada vers l’étranger, emprunte aussi un chemin différent, ce qui rend le réseau plus solide et résistant.

Mike Cunningham, directeur général de Crosslake Fibre
Une carte montrant le tracé du nouveau câble dans le lac Ontario, entre Toronto et Buffalo.Le tracé du câble dans le lac Ontario Photo : Radio-Canada / Louis-Philippe Boudreau

Le réseau mondial des câbles sous-marins

Le câble qui relie Toronto à Buffalo s'ajoute au réseau mondial de câbles sous-marins qui parcourt plus de 1,2 million de kilomètres dans les océans, les mers et les rivières. Quatre-vingt-dix-neuf pour cent de nos données voyagent d’un continent à l’autre, par ces câbles sous-marins.

Animation : Louis-Philippe Boudreau/Radio-Canada

« Tout le monde a tendance à penser intuitivement que la majorité des communications passent par l'air, par les communications sans fil, mais si vous faites une transaction en ligne, un appel FaceTime à partir de l'Asie, toute l'information va passer par de la fibre optique, à la fois sur terre et dans les mers », explique Christine Tremblay, ingénieure physicienne et spécialiste des réseaux de fibres optiques à l’École de technologie supérieure (ETS).

Si le développement de ce réseau de câbles sous-marins était autrefois l’apanage des grandes sociétés de télécommunication, il est aujourd’hui porté par les grands joueurs du numérique qui doivent interconnecter leurs fermes de serveurs d’un continent à l’autre.

Il y a de plus en plus de câbles qui sont installés partout dans le monde. Facebook et Google installent leurs propres câbles.

Nancy Poirier, v.-p. planification et ingénierie des câbles à IT International Telecom

Ces câbles de télécommunication, au fil des ans, sont devenus le nerf de la guerre des communications modernes. On a pu le constater récemment aux Îles-de-la-Madeleine, quand l'un des deux câbles sous-marins qui relient les îles au continent a subi un bris après une tempête.

Les câbles sous-marins à fibres optiques qui rendent possibles nos télécommunications mondialesLes câbles sous-marins à fibres optiques qui rendent possibles nos télécommunications mondiales Photo : Radio-Canada

Comme ces câbles sont simplement déposés sur le fond marin, on doit porter une attention particulière au tracé, pour choisir à la fois les routes les plus courtes, mais aussi les plus sûres. On choisira de préférence des fonds sablonneux où on peut enfouir le câble et on tentera d’éviter les zones exposées au mouvement des glaces ou aux activités maritimes intenses, que ce soit les ancres des navires ou les engins de pêche. C’est pourquoi, là où c’est possible, et c’est le cas dans le lac Ontario, on a enfoui le câble sur une bonne portion de son parcours.

Capacité de transport

Le câble sous-marin entre Buffalo et Toronto doit transporter ses premières données au début de l’année 2019. Sa capacité de transport est phénoménale, comme la majorité des câbles de télécommunication sous-marins modernes.

Depuis 1988, année où on a installé le premier câble à fibre optique transocéanique, les modes de transmission du signal ont permis de faire voyager toujours plus d’informations dans ces minuscules fibres.

On voit l'intérieur d'un câble de télécommunications sous-marin et les fibres optiques qu'il contient.Le câble est composé de dizaines de fibres optiques. Chacune d’elle a la capacité de transporter dix térabits de données à la seconde. Photo : Radio-Canada

Le câble plongé dans le lac Ontario contient 192 fibres optiques. Chacune d’elle a la capacité de transporter 10 térabits de données à la seconde. Comme cette liaison entre le Canada et les États-Unis est plus directe, l’information va aussi y circuler légèrement plus rapidement. Ces quelques millisecondes gagnées pourraient faire toute la différence pour certains utilisateurs, dont le milieu financier, qui compte sur la vitesse et la réduction du temps de latence pour les transactions à haute fréquence.

Projets à venir

Au cours des prochaines années, de nouveaux câbles de télécommunication sous-marins devraient s’ajouter à ceux existants dans l’est du pays; on pense au projet d’un nouveau câble vers les Îles-de-la-Madeleine, mais aussi au projet « Maple Leaf Fibre » annoncé récemment, qui doit relier Montréal à Toronto en traversant en partie le lac Ontario et ce grand projet dans le nord du Québec, le projet EAUFON, qui doit desservir les communautés de l’Arctique canadien.

Le reportage d’André Bernard et Hélène Morin est diffusé à Découverte, dimanche, à 18 h 30, à ICI Radio-Canada Télé.

Science