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Cohen sur Trump : « cet homme ne dit pas la vérité »

Michael Cohen en arrière plan.

Michael Cohen, l'ex-avocat du président Trump pendant la campagne électorale américaine en 2016.

Photo : Reuters / Jonathan Ernst

Radio-Canada

L'ex-avocat de Donald Trump, Michael Cohen, est catégorique : le président des États-Unis n'ignorait rien de l'illégalité du versement de montants d'argent à deux prétendues ex-maîtresses pour acheter leur silence.

M. Cohen a répondu aux questions d'ABC News, vendredi matin. On lui a notamment demandé si Donald Trump savait, lors de la campagne de 2016, que les paiements à Stormy Daniels, une ex-actrice pornographique, et à Karen McDougal, une ex-modèle de Playboy, étaient « répréhensibles ». « Bien sûr », a répondu l'avocat, qui prendra le chemin de la prison en mars prochain et qui réagissait publiquement pour la première fois depuis sa condamnation de jeudi.

Donald Trump a agi ainsi, car « il était très inquiet des effets que [ces affirmations des deux femmes] auraient pu avoir sur l'élection », a poursuivi Michael Cohen.

Le président des États-Unis assure qu'il n'a jamais demandé à Michael Cohen de violer la loi. Il fait plutôt porter à l'avocat la responsabilité d'éventuelles erreurs. « Je ne pense pas que quelqu'un puisse croire cela », a répliqué M. Cohen à l'émission Good Morning America.

« Tout d'abord, rien de ce qui était fait au sein [du conglomérat] Trump Organization ne pouvait avoir lieu sans l'assentiment de M. Trump, a-t-il poursuivi. Il m'a ordonné d'effectuer ces versements, il m'a ordonné d'être impliqué dans ces affaires », a dit l'ancien homme de confiance du milliardaire devenu président.

L'avocat de 52 ans a notamment été condamné pour avoir organisé le paiement de 280 000 $ aux deux femmes, afin d'acheter leur silence et d’ainsi « influencer l'élection » présidentielle de 2016. Pour la justice, ces versements constituent une violation des lois sur le financement des campagnes électorales.

Donald Trump « connaît la vérité », a lancé Michael Cohen, vendredi matin. « Je connais la vérité, d'autres connaissent la vérité », a-t-il poursuivi.

Voici la vérité : le peuple des États-Unis, les gens dans le monde ne croient pas ce qu'il dit. Cet homme ne dit pas la vérité. Et il est triste que je doive prendre la responsabilité de ses sales coups.

Michael Cohen, vendredi matin, à propos de Donald Trump

Un homme très « différent »

Ce dossier sur ces versements d'argent est venu s'ajouter à l'enquête sur les ingérences russes dans la campagne de 2016 et une éventuelle collusion entre Moscou et l'équipe de campagne de Donald Trump que mène le procureur spécial Robert Mueller.

Michael Cohen a affirmé que, selon lui, Donald Trump ne disait pas la vérité à propos de cette enquête russe. « Non », a-t-il laconiquement répondu, sans commenter plus en détail, disant ne pas vouloir risquer de « compromettre » les enquêtes en cours.

L'ex-avocat, qui se disait prêt il y a encore quelques mois à « prendre une balle » pour Donald Trump, a affirmé « en avoir fini avec les mensonges » ainsi qu'avec sa « loyauté aveugle » pour un homme qu'il admirait, mais qui est selon lui très « différent » depuis qu'il est entré dans le bureau ovale.

Ces déclarations de l'ancien homme de confiance sont une nouvelle manifestation du climat délétère qui règne autour de la Maison-Blanche. La possibilité d'une inculpation du président américain ou du déclenchement d'une procédure de destitution est désormais ouvertement évoquée par des élus démocrates.

Et les révélations sur les affaires autour de Donald Trump se succèdent.

Vendredi, le New York Times et le Wall Street Journal ont affirmé qu'une enquête fédérale était en cours pour déterminer l'existence de versements illicites de personnalités étrangères au comité chargé d'organiser l'investiture de Donald Trump.

Les quotidiens, citant des sources proches du dossier, affirment que cette nouvelle enquête se concentre sur de possibles versements de donateurs originaires du Qatar, de l'Arabie saoudite et des Émirats arabes unis, qui auraient cherché à influencer la politique américaine.

Avec les informations de Agence France-Presse

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