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Écrasement à Fond-du-Lac : deux recommandations rendues publiques

Un avion écrasé au sol, des gens s'activent dans le noir.
Un habitant de Fond-du-Lac a pris cette photo du lieu de l'écrasement. Photo: Raymond Sanger

Le Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) formule deux recommandations à Transports Canada afin d'éviter que les équipages de vol des aéroports nordiques éloignés prennent la décision de décoller quand il y a de la glace, de la neige ou du givre sur l'aéronef. Ces conclusions découlent d'une enquête sur un écrasement d'avion à Fond-du-Lac, en Saskatchewan.

Le BST propose de fournir de l’équipement adéquat aux aéroports, et davantage de conformité réglementaire en identifiant les lieux où l’équipement de dégivrage et d’antigivrage est inadéquat.

« Il est interdit de décoller quand il y a du givre, de la neige ou de la glace sur l’aéronef. Quand on fait quelque chose de risqué, et qu’il n’arrive rien, ça porte à le refaire. Ce n’est pas parce qu’on ne connaît pas les risques, mais bien parce qu’on sait qu’ils peuvent être sans conséquence. Après plusieurs fois, cette action deviendra normalisée », commente le gestionnaire des opérations régionales pour le BST, Eric Vermette.

Ces recommandations font suite à une enquête sur un écrasement survenu à Fond-du-Lac, en Saskatchewan, le 13 décembre 2017. Un des avions de la compagnie aérienne West Wind Aviation, un ATR 42-320, s’est écrasé peu de temps après le décollage.

Vingt-deux passagers et trois membres de l’équipage étaient à bord de l’appareil. Tous les occupants ont été blessés, dont dix grièvement. L’un d’eux, Arson Fern fils, âgé de 19 ans, est décédé deux semaines plus tard.

Dans les jours qui ont suivi l’accident, le ministère des Transports du Canada avait suspendu le certificat d’exploitation aérienne de la compagnie en raison d’un grand nombre de « faiblesses dans le système de contrôle opérationnel », avant de lui rendre le 8 mai dernier.

Transports Canada a 90 jours pour répondre aux suggestions, mais la présidente du BST, Kathy Fox, est confiante que le gouvernement fédéral les appliquera. « Les opérateurs et les aéroports ne sont pas obligés d’attendre [Transports Canada]. Ils peuvent dès maintenant identifier leurs besoins. »

Mme Fox demande toutefois à Transports Canada d’agir rapidement. « Sinon, les gens continueront d’être exposés à des risques importants qui ne sont pas nécessaires. »

Des résultats frappants

Le Bureau de la sécurité des transports du Canada a voulu savoir si les conditions de l’accident à Fond-du-Lac pouvaient se reproduire ailleurs.

Le BST a envoyé un questionnaire aux pilotes de 83 exploitants canadiens qui desservent des aéroports nordiques éloignés. Plus de 650 pilotes y ont répondu.

« 40 % ont avoué décoller fréquemment en dépit de surfaces critiques contaminées, et ont indiqué que l’équipement de dégivrage est souvent inadéquat dans les aéroports nordiques éloignés », informe l’enquêteur désigné David Ross.

Le BST avait déjà affirmé que l’avion qui s’est écrasé à Fond-du-Lac n’avait pas été dégivré, malgré la présence de glace. Leurs experts avaient qualifié de « complètement inadéquat » le matériel de dégivrage trouvé à l’aéroport.

« Il faut leur donner l’équipement et les outils nécessaires, car ils ne peuvent pas utiliser ce qu’ils n’ont pas », déplore Kathy Fox.

Des changements depuis l’accident

En réaction au rapport du BST, la compagnie West Wind affirme avoir fait d’importants changements dans ses politiques internes depuis l’accident, y compris en rapport à ses activités dans les régions nordiques.

« Nos activités sont sécuritaires. Partout où nous opérons, nous disposons de l’équipement nécessaire pour dégivrer nos avions », assure Michael Rodyniuk, PDG de West Wind.

Il explique qu’à Fond-du-Lac, l’exploitant a notamment bâti un nouvel édifice pour garder l’équipement de dégivrage à l’abri du froid. L’entreprise dispose de camions et de plateformes élévatrices permettant de dégivrer toutes les surfaces critiques de ses avions.

De son côté, le ministre des Transports du Canada, Marc Garneau, affirme qu’il a demandé au ministère « d’examiner le problème de déglaçage de façon prioritaire ».

Par ailleurs, des survivants de l’accident, représentés par l’avocat Tony Merchant ont intenté une poursuite contre la compagnie aérienne. Me Merchant souhaite conclure un règlement à l’amiable au cours des deux à trois prochains mois.

Saskatchewan

Prévention et sécurité