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Plus de 8000 policiers mobilisés à Paris en prévision des manifestations du week-end

Des policiers retiennent un manifestant.

Des policiers arrêtent un homme lors d'une manifestation de gilets jaunes, à Paris.

Photo : Reuters / Benoit Tessier

Radio-Canada

Le dispositif de sécurité renforcé, utilisé le 8 décembre pour faire face à la manifestation des gilets jaunes, sera reconduit samedi à Paris, où les autorités craignent que les « plus radicalisés » ne viennent « casser » encore dans la capitale, a déclaré vendredi le préfet de police, Michel Delpuech.

Au total, 8000 membres des forces de l'ordre seront mobilisées, un dispositif composé à la fois de « forces lourdes », c'est-à-dire des compagnies républicaines de sécurité et des escadrons de gendarmerie mobile, et des « éléments mobiles » de la police. Quatorze véhicules blindés de la gendarmerie seront aussi déployés, comme la semaine dernière.

Le périmètre de protection des institutions, autour de l'Élysée, du ministère de l'Intérieur, de l'Assemblée nationale et de Matignon, sera renouvelé. Sur le reste de la capitale, un quadrillage préventif très fin sera mis en place.

« Notre stratégie, c'est une adaptation permanente. Les mots clés c'est quadrillage, mobilité, réactivité », a dit Michel Delpuech sur RTL.

« La semaine passée, nous avons, me semble-t-il, plutôt bien maîtrisé l'aspect gilets jaunes. En revanche, il est exact que dans les rues de Paris, à partir du milieu de l'après-midi [...] on a assisté à des scènes de casse et de pillage par des délinquants d'opportunité et d'appropriation et notre objectif sera de mieux maîtriser ce phénomène ».

Les équipes mobiles, dont le rôle est de se rendre dans les foyers d'agitation pour interpeller, seront davantage préservées pour la fin de l'après-midi, où les tentatives de violences s'intensifient, précise le préfet de police.

Il était encore difficile cette semaine pour les autorités d'estimer l'ampleur de la manifestation à venir, le mouvement n'étant pas organisé et n'ayant pas de porte-parole. Mais le préfet dit vouloir se préparer à tous les scénarios.

« Il y a des appels sur les réseaux sociaux, dit-il. Ceux des gilets jaunes qui souhaitent encore se mobiliser par des manifestations [...] sont souvent ceux d'entre eux qui sont les plus déterminés, pour ne pas dire les plus radicalisés. »

1082 arrestations dans la capitale

Un homme brandit un drapeau français devant les policiers.

Des manifestants raillent les policiers lors de heurts à Paris.

Photo : Reuters / Benoit Tessier

« Les gens qui viennent sur Paris, leur cible c'est Paris lieu de pouvoir, et en particulier la présidence de la République, l'Élysée. Et Paris lieu de richesse, voilà les deux cibles », ajoute le préfet.

La semaine dernière, les violences ont donné lieu à 1939 interpellations en France, dont 1082 dans la capitale.

Le gouvernement a exhorté les gilets jaunes cette semaine à ne pas manifester, jugeant qu'il n'était « pas raisonnable » de poursuivre le mouvement dans le climat créé par l'attentat de Strasbourg, et invoquant la fatigue des forces de l'ordre, après trois semaines de mobilisation.

« L'heure est au dialogue. Au moment où ce dialogue s'ouvre et au moment où le gouvernement va mettre en oeuvre les mesures que le président de la République a annoncées, il me semble que le contexte n'est plus à la manifestation », a déclaré vendredi la ministre des Armées, Florence Parly, sur Radio Classique.

Emmanuel Macron a annoncé lundi des mesures sur le pouvoir d'achat pour les bas salaires avec notamment une hausse du revenu des salariés au SMIC et une défiscalisation des heures supplémentaires.

Les gilets jaunes sont partagés quant à la conduite à tenir. Certaines figures du mouvement, comme Jacline Mouraud, porte-parole des gilets jaunes libres, estiment qu'il faut aller rencontrer le gouvernement.

Pour d'autres, comme Laetitia Dewalle, qui vient du Val-d'Oise, « la manifestation est nécessaire tant que nous n'aurons pas obtenu [satisfaction sur] nos revendications ».

Certains élus en région ont déjà demandé des renforts de police, comme le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, et appellent au calme.

« On a été très éprouvés samedi dernier [...] On n'a pas envie de revivre ça. Le mieux véritablement c'est que les gilets jaunes trouvent un autre moyen d'expression que la manifestation », a-t-il déclaré vendredi sur BFM TV.

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