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L'annulation des Jeux de la Francophonie pourrait coûter cher au Nouveau-Brunswick

Le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs.
Le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs, ne veut pas consacrer plus de 10 millions de dollars à l'organisation des Jeux de la Francophonie Moncton-Dieppe. Photo: La Presse canadienne / Andrew Vaughan
Radio-Canada

Le Nouveau-Brunswick aurait à payer quand même certains coûts s'il renonce à organiser les Jeux de la Francophonie de Moncton-Dieppe 2021.

Le premier ministre Blaine Higgs a répété jeudi que son gouvernement ne dépensera pas plus que 10 millions de dollars pour l’organisation des Jeux, et il a déclaré qu’ils sont en péril à moins qu’Ottawa se charge du reste des coûts. Ces derniers sont estimés à 130 millions de dollars par le comité organisateur local.

Mais l’article 24 des Statuts du Comité international des Jeux de la Francophonie stipule que tout gouvernement hôte qui annule l’événement a quand même une responsabilité financière.

Sauf cas de force majeure, lorsque l’État ou le gouvernement qui a été désigné pour organiser une édition des Jeux décide de ne pas réaliser les Jeux, change la date et/ou le site des Jeux inscrits dans le dossier de candidature, est dans l’incapacité d’accueillir les Jeux ou ne peut respecter les conditions de dates et de sites mentionnés dans le cahier des charges : les dépenses effectuées ou engagées par le CIJF en vue de la tenue des Jeux dans le pays désigné, de même que toute réclamation financière liée à un engagement du CIJF, découlant de l’une des trois raisons citées ci-dessus, sont assumées par cet État ou gouvernement, peut-on lire dans les Statuts du Comité international.

L’Organisation internationale de la Francophonie compte 54 membres « de plein droit », dont le Canada, le Canada/Nouveau-Brunswick et le Canada/Québec.

C’est pourquoi la candidature de Moncton-Dieppe a été déposée par la province, et non par le fédéral.

La somme dépensée jusqu’à présent par le Comité international pour les Jeux de Moncton-Dieppe n’est pas connue.

Engagement financier mis en doute

D’anciens ministres libéraux ont dit cette semaine que leur gouvernement n’avait pas signé le cahier des charges, un document contraignant décrivant les engagements de la province envers les Jeux.

Le gouvernement de Brian Gallant avait reporté la signature du document parce qu’il voulait voir diminuer l’estimation des coûts de l’organisation des Jeux, expliquent Roger Melanson et Francine Landry.

La province peut revenir sur son engagement d’organiser les Jeux, laisse entendre le premier ministre progressiste-conservateur.

Le cheval n’est pas encore sorti de la grange. Nous avions une soumission de 17 millions. Maintenant c’est 130. C’est un cheval tout à fait différent, a déclaré Blaine Higgs, en anglais.

Le Nouveau-Brunswick devrait revoir l’idée d’organiser un pareil événement, selon le premier ministre. « C’est une chance pour nous de changer le modèle. Profitons-en », a-t-il lancé.

Blaine Higgs songe à un nouveau partage des coûts

Il envisage une restructuration du partage des coûts qui comprendrait le Québec et le Canada. Les Jeux prendraient alors une dimension nationale et ils auraient lieu dans différentes provinces.

Le premier ministre a fait ces commentaires lorsqu’on lui a demandé si son gouvernement allait nommer cinq autres administrateurs au comité organisateur, à la suite de la démission de ceux nommés par le gouvernement libéral précédent. Blaine Higgs n’a pas promis de les remplacer.

Des athlètes féminines courent sur la piste du stade de MonctonLa région de Moncton et Dieppe a accueilli les Jeux de la francophonie canadienne en 2017 (ci-dessus), le Championnat canadien d'athlétisme en 2013, et le Sommet de la Francophonie en 1999. Photo : Radio-Canada / François Le Blanc

Un nouveau partage de la responsabilité d’organiser les Jeux risque de ne pas être possible, car la candidature du Nouveau-Brunswick a déjà été acceptée en avril 2016.

Le gouvernement fédéral s’engage à financer les Jeux de Moncton-Dieppe avec le même montant que le Nouveau-Brunswick, selon le ministre fédéral des Affaires intergouvernementales, Dominic LeBlanc. Si le Nouveau-Brunswick décide d'y consacrer plus de 10 millions de dollars, a-t-il ajouté, son gouvernement fournira un montant équivalent. Moncton et Dieppe se sont engagées pour leur part à investir 750 000 $ chacune.

Inquiétude à l’échelle internationale

Y a-t-il lieu de s’inquiéter pour la survie des Jeux de la Francophonie de 2021? Oui, selon Alain Mercier, rédacteur en chef du magazine en ligne Francs Jeux.com qui s'intéresse au mouvement sportif international.

Oui, je pense que l’écart entre le budget initial de 19 millions de dollars ou 17 millions de dollars et les estimations d’aujourd’hui est tel qu’on imagine mal que ces deux [municipalités] acceptent d’aller aussi haut dans le budget. Donc, si jamais l’événement devait être arrêté, je ne suis pas sûr que la survie des Jeux de la Francophonie en tant que tels soit assurée. J’imagine mal un pays arriver à trois ans des Jeux pour dire : “Écoutez, nous, les Jeux, on les veut et on va les prendre”, explique Alain Mercier, lors d'une entrevue à l'émission Le réveil Nouveau-Brunswick, d'ICI Acadie.

Avec des renseignements de Jacques Poitras

Avec les informations de CBC

Nouveau-Brunswick

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