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Thérapie de groupe sur le parc Lepage

Une vingtaine de citoyens se sont réunis jeudi soir au centre communautaire de Saint-Robert pour discuter de la sécurité au parc Lepage.
Une vingtaine de citoyens se sont réunis jeudi soir au centre communautaire de Saint-Robert pour discuter de la sécurité au parc Lepage. Photo: Radio-Canada / Édith Drouin
Radio-Canada

« J'ai vécu ça, moi, voir 200 jeunes qui arrivent en criant de chaque côté. Je vais te dire que ça fait bizarre d'entendre ça et de les voir [...] Ils pesaient peut-être 90 livres, les deux petits qui se sont frappés, ça fait mal à voir », se désole une résidente de Saint-Robert qui a été témoin d'une des bagarres du parc Lepage.

Un texte d’Édith Drouin

Une vingtaine de citoyens sont rassemblés au centre communautaire de Saint-Robert un jeudi soir pour discuter de la sécurité au parc Lepage à Rimouski.

La dame enchaîne. Elle raconte même avoir vu un jeune élève se cacher dans sa haie pour échapper à des garçons qui le poursuivaient.

Je sors et je lui dis  : “Mais voyons, qu’est-ce que tu fais là?” Il me dit : “J’ai peur, ils sont 10 qui me courent après depuis tantôt!”, relate-t-elle.

Elle se demande pourquoi les élèves qui quittent les écoles Saint-Jean et Langevin sur l’heure du dîner ne peuvent plus retourner dans l’établissement avant le début des cours. Un autre résident partage son interrogation. Il a l’impression que cet état de fait encourage les jeunes à demeurer au parc pour se bagarrer.

À l’avant de la salle, une agente de la Sûreté du Québec, le directeur des écoles Langevin, Saint-Jean et Paul-Hubert, Yann Normand, le conseiller municipal Jocelyn Pelletier et le directeur de l’organisme En Tout C.A.S., Luc Jobin, répondent aux questions des citoyens.

Le directeur des établissements scolaires concernés explique que les élèves des écoles Langevin et Saint-Jean qui choisissent de sortir ne peuvent plus retourner à l’école avant le début des cours. Selon lui, ils peuvent simplement éviter cette situation en restant à l’école.

Pour occuper les jeunes et contrer ce problème, une représentante de la Corporation des loisirs de Saint-Robert prend la parole afin d'annoncer que le centre communautaire de Saint-Robert sera ouvert trois midis par semaine dans le cadre d’un projet nommé Midi-jeunesse.

Un sentier dans un boisé.Le parc Lepage est un espace vert vallonné et boisé prisé des Rimouskois. Photo : Radio-Canada / François Gagnon

Des résidentes prennent la parole pour expliquer qu'elles ont peur de marcher seules dans le parc. Je n’en prends même pas de marches au parc Lepage, ça m’énerve trop! lance l’une d’elles.

Autour de la table, d’autres tempèrent le débat. Ils affirment ne jamais s'être sentis en danger au parc Lepage.

L’un d’entre eux explique qu’il faut également s’intéresser à la raison pour laquelle les adolescents s’attroupent pour se bagarrer. Je pense qu'il faut prendre soin des jeunes aussi. À mes yeux à moi, si on en est rendu à faire des bagarres, c’est à quelque part parce qu’il y a une soupape qui n’est pas adressée, soutient-il.

Luc Jobin rassure le groupe. Les jeunes sont souvent plus dérangeants que dangereux, fait-il valoir. Il précise qu’il ne souhaite pas minimiser la peur des résidents, mais qu’il n’a jamais entendu parler d’un acte de violence envers un adulte depuis la création de son organisme, il y a une douzaine d’années.

Une citoyenne note aussi à la blague que les jeunes sont plus disciplinés qu’ils en ont l’air. Pour du monde qui se tapochent, ils sont disciplinés. Ils retournent tous à leurs cours après! Je vais là vers 13 h 30 et il n’y a pas un chat! s’exclame-t-elle.

Un boisé et une bâtiment en arrière plan durant l'hiver.Le parc Lepage est voisin de l’École Paul-Hubert, qui accueille les élèves de troisième, quatrième et cinquième secondaire de la ville. Photo : Radio-Canada / François Gagnon

L’aménagement du parc fait aussi partie de la conversation.

Un citoyen évoque la consultation faite par la Ville en juin 2017 et le plan d’aménagement qui avait été présenté aux résidents. Il n’y a pas grand-chose qui a été fait, déplore-t-il.

Celle qui s’occupe du développement des parcs pour la Ville, Sophie Bérubé, précise qu’un budget est destiné à l’aménagement du parc en 2019, mais que la réfection des lieux devrait se faire progressivement sur plusieurs années.

Malgré les divergences d’opinions, tous s’entendent finalement pour dire qu’il est surtout important de continuer à fréquenter le parc et de s'en occuper. Ils espèrent que des activités pour les jeunes et les moins jeunes y seront organisées et que la Ville réaménagera l'espace vert pour le rendre plus attrayant.

Bas-Saint-Laurent

Société