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Trump a participé à l’opération visant à museler une maîtresse alléguée, selon des médias américains

Donald Trump, regardant vers le bas.
Donald Trump a participé à l’opération visant à museler une de ses maîtresses alléguées, selon des médias américains. Photo: Associated Press / Evan Vucci
Radio-Canada

En pleine campagne présidentielle, Donald Trump a participé à une rencontre entre son ex-avocat Michael Cohen et le patron du National Enquirer dont l'objectif était de museler l'une de ses maîtresses alléguées, affirment des médias américains. Selon CNN, les procureurs fédéraux estiment que cette réunion était au cœur d'un stratagème visant à l'aider à gagner la présidence.

Un texte de Sophie-Hélène Lebeuf

En août 2015, Michael Cohen, l'ancien avocat et homme de confiance de Donald Trump, et David Pecker, le PDG du groupe de presse American Media (AMI) qui publie le tabloïd National Enquirer, se sont rencontrés pour adopter une stratégie afin d'aider le magnat de l'immobilier, qui était alors candidat à l'investiture républicaine.

Dans l'entente divulguée mercredi par les procureurs fédéraux, AMI admet que David Pecker, un ami de longue date de Donald Trump, « a offert son aide pour gérer les histoires négatives sur les relations du candidat présidentiel avec des femmes, entre autres, en assistant [son équipe] de campagne à découvrir ces histoires afin de pouvoir les acheter et éviter leur publication », rapporte NBC News jeudi.

De telles pratiques constituent aux yeux des procureurs des contributions financières électorales illégales, souligne CNN.

AMI a admis avoir versé 150 000 $ « de concert avec la campagne » dans le but principal d'« enterrer l'histoire impliquant une femme afin d'éviter que cela ait une influence sur l'élection ».

Les procureurs fédéraux ont accordé l'immunité à AMI pour sa participation à une violation aux lois sur le financement électoral en échange de sa coopération dans ce dossier.

L'entreprise a de plus indiqué que David Pecker, Michael Cohen et « au moins un autre membre de la campagne » étaient présents lors de la rencontre.

CNN et NBC News affirment que ce troisième individu est Donald Trump lui-même. Le Wall Street Journal avait déjà affirmé le mois dernier que Donald Trump avait participé à cette réunion.

Des témoignages qui se recoupent

Karen McDougal, souriant à la caméraKaren McDougal dit avoir été la maîtresse de Donald Trump pendant 10 mois, en 2006 et 2007. Photo : Getty Images / Dimitrios Kambouris

En mars 2018, la playmate Karen McDougal, qui dit avoir été la maîtresse de Donald Trump pendant 10 mois, en 2006 et 2007, a affirmé avoir vendu l'exclusivité de son récit au National Enquirer pour 150 000 $. Le journal à scandales n'a cependant jamais publié l'histoire.

En août dernier, Michael Cohen a reconnu avoir enfreint les règles du financement électoral en achetant le silence de Mme McDougal et de l'actrice de cinéma pornographique Stormy Daniels, une autre femme affirmant avoir eu une liaison avec Donald Trump. Celle-ci avait reçu 130 000 $.

Au moment de plaider coupable, Michael Cohen avait affirmé avoir acheté leur silence « principalement afin d'influencer l'élection présidentielle de 2016 » et avoir agi « à la demande du candidat », qui n'était pas spécifiquement nommé.

Le document de cour faisait lui aussi état de la rencontre avec M. Pecker et « au moins un autre membre de la campagne ».

Un enregistrement réalisé par Michael Cohen à l'insu de Donald Trump, saisi par le FBI et diffusé en juillet par CNN, révélait que le milliardaire avait bel et bien évoqué le versement d'une somme d'argent à Mme McDougal. M. Cohen y indiquait qu'il devait créer une compagnie « pour le transfert de toutes ces informations en lien avec notre ami David ».

Trump nie toute implication

Dans une entrevue accordée jeudi au réseau Fox News, Donald Trump a pris ses distances avec son ancien avocat, le présentant comme un employé de « bas niveau » qui l’aidait davantage avec ses relations publiques qu'avec les questions juridiques.

Le président, qui a toujours nié avoir eu ces liaisons extraconjugales, a également réfuté toute implication dans les versements compromettants, invoquant des arguments tous azimuts, voire contradictoires.

Il a affirmé que son ex-avocat avait agi de sa propre initiative, faisant valoir qu'un avocat était « censé connaître la loi ».

Je ne lui ai jamais ordonné de faire quoi que ce soit de mal. Quoi qu'il ait fait, il l'a fait tout seul.

Donald Trump

« Je ne crois pas qu'on ait donné de l'argent à ce tabloïd. Il faut que je vérifie », a-t-il aussi lancé du même souffle, avant d'affirmer que s'il l'avait fait, ce ne serait pas illégal.

« Premièrement […] ce n’est même pas du financement électoral. Deuxièmement, si ce l’était, ce n’est même pas une violation de la loi sur le financement électoral, et troisièmement, c’est une affaire de droit civil », a-t-il soutenu.

Les procureurs ont « déposé ces chefs d’accusation pour me mettre dans l’embarras », ajoutant qu'il ne s'agissait pas, à ses yeux, d'« accusations criminelles ».

Mercredi, Michael Cohen a été condamné à une peine de plus de trois ans de prison pour s'être rendu coupable d'évasion fiscale, pour avoir menti au Congrès et avoir enfreint les règles du financement électoral en achetant le silence de Karen McDougal et de Stormy Daniels.

Aux États-Unis, le National Enquirer est connu pour inventer des grossesses, des liaisons ou des divorces de célébrités depuis des décennies.

Lorsque Donald Trump a annoncé sa candidature à la Maison-Blanche en juin 2015, le National Enquirer s'est converti en machine de propagande pour lui, mais a aussi discrédité ses concurrents, en premier lieu son adversaire démocrate Hillary Clinton.

Donald Trump, président des États-Unis

Avec NBC News, CNN et AFP

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