•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Crise du recyclage : les entreprises paieront plus cher en 2019

Usine de recyclage (archives)
Usine de recyclage (archives) Photo: Radio-Canada

La crise du recyclage qui a durement heurté les centres de tri au Québec aura des impacts sur les entreprises en 2019. Celles-ci pourraient payer jusqu'à 6 % plus cher pour financer les coûts des collectes municipales.

Un texte de Nahila Bendali

Au Québec, les entreprises qui mettent des emballages sur le marché doivent compenser les coûts nets des collectes municipales de recyclage.

Pour 2019, Éco Entreprises Québec (EEQ) estime que ces entreprises pourraient payer 144,4 millions de dollars au régime de compensation, soit 6 % de plus que l’année précédente.

Ces estimations doivent être recommandées par Recyc-Québec et approuvées par le gouvernement.

« On a eu des années avec des taux stables, des années avec de légères baisses », souligne Maryse Vermette, présidente-directrice générale d’Éco Entreprises Québec.

La fermeture du marché chinois aux exportations de matières recyclables, qui a créé une crise dans l’industrie, est pointée du doigt.

Dépendance aux marchés externes

L'automne dernier, jusqu'à 60 % des matières récupérées au Québec allaient vers l'Asie.

La fermeture du marché en début d’année a eu un impact majeur sur plusieurs centres de tri, qui fonctionnaient à perte et ne parvenaient pas à trouver un marché pour leur matière.

« On a été dépendants des marchés externes, surtout du marché chinois », admet Mme Vermette.

La pression s’est répercutée sur les coûts des collectes municipales, que doivent financer les entreprises.

Les conséquences pourraient durer encore longtemps.

« On anticipe encore, pour l’année suivante, une hausse d’au moins 10 % », prévoit Maryse Vermette. « C’est beaucoup. »

Philippe Cantin, directeur du développement durable du Conseil canadien du commerce de détail, dont les membres fournissent 60 millions de dollars au régime, nuance.

« Dans d’autres provinces, l’augmentation est plus importante. On parle de deux chiffres de pourcentage. »

Des matières recyclables sous la neigeDes tonnes de matières recyclables sont entreposées à l'extérieur au centre de tri de Sherbrooke. Photo : Radio-Canada / Martin Bilodeau

Moderniser l'industrie

Autant EEQ que des associations sectorielles, qui représentent des entreprises contributrices au régime de compensation, veulent voir une modernisation de l’industrie du recyclage au Québec.

« Ce qui importe, c’est de travailler à améliorer nos centres de tri, produire de la matière de qualité et travailler sur le développement des marchés » pour réduire la dépendance à l’Asie, souligne Maryse Vermette, d’Éco Entreprises Québec.

Le Conseil canadien du commerce de détail abonde dans le même sens.

« Il faut vraiment travailler pour développer une économie circulaire au Québec et pouvoir soutenir les industries qui sont en mesure de transformer les matières », affirme Philippe Cantin.

Des employés au centre de tri de Récupération Mauricie à Trois-Rivières.Des employés au centre de tri de Récupération Mauricie à Trois-Rivières Photo : Radio-Canada / Claudie Simard

Le Conseil de la transformation agroalimentaire du Québec dénonce pour sa part le « manque de vision » du précédent gouvernement quant à la collecte et au traitement des matières recyclables.

« On n’avait pas de recherche et développement. On envoyait tout ça en Chine et on était très contents comme ça », déplore la vice-présidente en développement durable Annick Van Campenhout.

Recyc-Québec agit

La société d’État Recyc-Québec a annoncé vendredi une aide supplémentaire de 3,5 millions de dollars aux centres de tri qui veulent moderniser leurs équipements, améliorer le tri de leurs fibres et augmenter les débouchés de l’économie circulaire au Québec.

Ce soutien n’a pas de lien direct avec les coûts des collectes sélectives, mais les municipalités en bénéficieront, croit la vice-présidente aux opérations chez Recyc-Québec, Sophie Langlois-Blouin.

« Les municipalités ont des contrats avec ces centres de tri, et elles veulent s’assurer que les matières soient traitées efficacement et, surtout, localement. »

Recyc-Québec se défend d’avoir attendu qu’il soit trop tard avant d’agir.

Sophie Langlois-Blouin rappelle qu’il y a eu une aide d’urgence de 10 millions de dollars en juillet aux centres de tri, pour contrer les effets de la crise.

« Cette aide, c’est des coûts que les entreprises n’auront pas à défrayer. »

La situation semble se stabiliser, mais Recyc-Québec reste à l’affût des changements dans le coût de revente des matières.

« C’est aussi pour ça qu’on veut développer les marchés ici », conclut Sophie Langlois-Blouin.

Québec

Recyclage