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Comment promouvoir la réconciliation dans la livraison des services de santé?

Un document et des gens en arrière-plan
Plus de 300 professionnels de la santé ont pris part à une conférence de deux jours sur la santé autochtone organisée par l'organisme Dilico Anishinabek Family Care. Photo: Radio-Canada / Mathieu Grégoire
Radio-Canada

Promouvoir la réconciliation avec les peuples autochtones au sein des services de santé, c'est l'objectif d'une conférence de deux jours qui a réuni plus de 300 professionnels de la santé et qui a pris fin jeudi à Thunder Bay, dans le Nord-Ouest de l'Ontario.

La rencontre mise sur pied par l’organisme Dilico Anishinabek Family Care se voulait une occasion de réseautage entre les divers partenaires du secteur de la santé de la région de Thunder Bay et des environs.

Nous voulions permettre aux leaders de notre secteur qui font déjà du travail de promotion de la réconciliation de partager leurs connaissances, explique la directrice des services de santé à Dilico Anishinabek Family Care, Natalie Paavola.

L’organisme offre des services de santé et de bien-être aux communautés anichinabées du Nord-Ouest de l’Ontario.

Une femme avec un blouson noir qui porte des lunettesNatalie Paavola est directrice de la santé à l'organisme Dilico Anishinabek Family Care. Photo : Radio-Canada / Mathieu Grégoire

Compétence culturelle autochtone

Pour Mme Paavola, la promotion de la réconciliation passe inévitablement par l’éducation au sein de toutes les organisations professionnelles, dont celles du domaine de la santé.

Nous devons respecter les peuples autochtones du Canada, leur permettre de se sentir en sécurité. C’est vers là que la réconciliation doit nous mener et l’éducation joue un rôle important dans cela, affirme-t-elle.

Les propos de Mme Paavola sont corroborés par l’infirmière Judy Harvey de l’hôpital Memorial du district de Nipigon. Cette dernière a suivi une formation en compétence culturelle autochtone. Elle estime que pour éradiquer les préjugés auxquels font face les peuples autochtones aujourd’hui, il faut changer les programmes scolaires et enseigner aux enfants ce qui leur est réellement arrivé.

Une femme avec des cheveux noirsJudy Harvey est infirmière à l'hôpital Memorial du district de Nipigon. Photo : Radio-Canada

À l’établissement de santé où elle œuvre, Mme Harvey recense certains gestes posés dans l’optique de promouvoir la réconciliation. Des discussions sont en train d’y être menées notamment afin de créer une chambre où des cérémonies de purification (smudging) peuvent se dérouler en permanence.

C’est important surtout quand un patient autochtone est en fin de vie. Il faut créer cette nouvelle relation de confiance avec nos amis et voisins autochtones.

Judy Harvey, infirmière et coordonnatrice des soins palliatifs à l’hôpital Memorial du district de Nipigon

L’infirmière Kendra Walt du Centre régional des sciences de la santé de Thunder Bay admet que certains professionnels de la santé non autochtones véhiculent inconsciemment des idées préconçues négatives envers les Autochtones.

La question devient de savoir comment éduquer et sensibiliser surtout ceux qui ne comprennent pas ce que traverse la population autochtone et l’historique de la colonisation, note-t-elle.

Une femme qui porte des lunettesKendra Walt est éducatrice interprofessionnelle au Centre régional des sciences de la santé de Thunder Bay. Photo : Radio-Canada / Mathieu Grégoire

À point nommé

Selon Natalie Paavola, cette conférence inaugurale arrive à point nommé.

Nous savons que nous avons plusieurs défis dans notre ville de Thunder Bay. Plusieurs d’entre eux découlent du racisme et du manque de connaissances, fait-elle savoir.

Mercredi, le directeur indépendant de l’examen de la police, Gerry McNeilly, a publié un rapport dénonçant le racisme systémique au sein du Service de police de Thunder Bay.

Natalie Paavola espère que les participants à la conférence pourront mettre en pratique, dans leurs milieux de travail respectifs, les connaissances acquises sur les conséquences que le racisme crée dans le secteur de la santé.

Avec les informations de Mathieu Grégoire

Nord de l'Ontario

Autochtones