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Le Sénat américain blâme MBS et demande la fin du soutien à la guerre au Yémen

Le prince héritier d'Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane
Le prince héritier d'Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane Photo: Reuters / Amir Levy
Radio-Canada

Les élus ont adopté deux résolutions exprimant leur désapprobation à l'endroit de l'Arabie saoudite, infligeant une rare rebuffade au président Trump. L'une blâme le prince héritier Mohammed ben Salmane pour l'assassinat du journaliste Jamal Khashoggi, l'autre recommande de cesser de soutenir la guerre menée par Riyad au Yémen.

Dans un geste symbolique, les sénateurs ont voté à 56 voix – dont 7 républicains – contre 41 pour mettre un terme au soutien militaire américain à la guerre menée au Yémen par l’Arabie saoudite contre les milices chiites houthies, alignées sur l'Iran.

La résolution appelle aussi le gouvernement saoudien à « s’assurer d’une reddition de comptes appropriée ».

C’est la première fois qu’une des deux Chambres du Congrès demande l'arrêt d'une intervention militaire à l'étranger en vertu de la Loi sur les pouvoirs de guerre.

Adoptée en 1973, lors de la guerre du Vietnam, la loi limite la capacité du président à engager les troupes américaines sans l’approbation du Congrès.

L'autre résolution, adoptée unanimement, stipule que « le prince héritier Mohammed Ben Salmane est responsable du meurtre » du ressortissant saoudien Jamal Khashoggi, commis dans l'ambassade saoudienne à Istanbul, en octobre dernier.

Elle contredit nettement le président Donald Trump, qui a soutenu que le service de renseignement n'avait « rien trouvé d'absolument certain ». « Il se pourrait très bien que le prince héritier ait eu connaissance de cet événement tragique – peut-être, peut-être pas! », avait soutenu le président dans un communiqué publié en novembre.

Des médias, dont le Washington Post, auquel collaborait Jamal Khashoggi, ont pourtant rapporté que selon la CIA, le rôle de Mohammed ben Salmane ne faisait plus de doute.

Deux votes symboliques

Les deux votes sont largement symboliques, parce que les résolutions devraient ensuite être entérinées par la Chambre des représentants, contrôlée par les républicains, qui ont jusqu’ici bloqué toute initiative législative visant à punir le régime saoudien.

Donald Trump avait en outre déjà indiqué qu'il opposerait son veto présidentiel à la résolution interdisant l'aide militaire américaine à l'Arabie saoudite.

Ces votes constituent malgré tout une condamnation claire de la clémence affichée par Donald Trump à l'égard de l'Arabie saoudite, pays qu'il voit comme un allié indispensable pour contenir l'influence de l'Iran au Moyen-Orient et pour réguler les cours mondiaux du pétrole.

Ce sont aussi les arguments mis de l'avant par le secrétaire d'État, Mike Pompeo, et son homologue à la Défense, Jim Mattis.

Les autorités saoudiennes ont promis l'achat d'armement américain pour plus de 100 milliards de dollars.

La justice saoudienne affirme que le prince héritier ne porte aucune responsabilité dans cette affaire et qu'il n'était pas au courant de ce meurtre qui est, selon elle, l'oeuvre d'un groupe d'éléments incontrôlés.

Avec les informations de Reuters, Associated Press, et New York Times

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