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Mort d'une adolescente : la protection de la jeunesse a failli, selon Daphne Penrose

Une femme parlant aux micros.
La défenseure des enfants du Manitoba dénonce le manque de soutien de la part des services de la protection des enfants dans la mort d’une adolescente, décédée de suites de surdose accidentelle de drogue. Photo: Radio-Canada / Patrick Foucault
Radio-Canada

Un rapport de la défenseure des enfants et de la jeunesse du Manitoba, Daphne Penrose, dénonce le manque de soutien de la part des services de la protection des enfants dans la mort d'une adolescente et demande au gouvernement de revoir ses politiques en matière de protection des enfants.

Un texte de Laïssa Pamou

L'adolescente de 17 ans nommée Angel est morte de suites d'une surdose accidentelle de drogue alors qu'elle était en lien avec les services de protection de l’enfance, précise le rapport.

Pour éviter des cas similaires à l’avenir, Daphne Penrose recommande d’informer les employés des services de protection de la jeunesse en matière de traumatisme chez les mineurs.

Selon elle, les normes de service provinciales existantes devraient être mises à jour, et des mesures devraient être prises pour garantir leur uniformité partout au Manitoba.

Elle recommande également qu’une révision indépendante de la stratégie provinciale en matière d’exploitation sexuelle soit faite et que des installations sûres pour les jeunes exploités sexuellement et pour ceux qui consomment des stupéfiants soient créées.

Elle suggère que les enfants qui reçoivent des services de sevrage médicalement assisté soient surveillés.

Une vie traumatisante

Tout au long de sa vie, Angel a été agressée sexuellement par les hommes.

À l’âge de 8 ans, elle a eu le courage de demander de l’aide en affirmant qu’elle était incapable de supporter ce qui se passait à la maison, explique Daphne Penrose.

À 12 ans, elle avait déjà été appréhendée 14 fois, mais elle retournait chaque fois dans sa famille. Or, selon la défenseure des enfants, sa famille n’était pas en mesure d’assurer sa sécurité.

Daphne Penrose déplore également un manque de suivi psychologique, même si la jeune adolescente se présentait rarement à ses rendez-vous.

Les professionnels du système de protection de l’enfance ont déterminé qu’Angel avait besoin d’une thérapie intensive en santé mentale, mais aucun soutien ne lui a jamais été offert. La jeune fille a été forcée à supporter seule le poids de son traumatisme.

Daphne Penrose, défenseure des enfants et de la jeunesse du Manitoba

Les tentatives d’Angel pour obtenir de l’aide ont plutôt abouti à ce qu'on lui attribue une étiquette négative, dénonce Daphne Penrose. Les employés des services de protection de la jeunesse la qualifiaient de perturbatrice et d’irrespectueuse. Or, en réalité, c’était une petite fille qui souffrait de traumatisme, ajoute-t-elle.

À 11 ans, elle a essayé de se suicider. Durant la même période, les travailleurs ont démontré qu’Angel affichait 14 des 15 indicateurs connus d’exploitation sexuelle, poursuit Mme Penrose, mais une fois de plus, rien n'a été fait. Le rapport indique que l'adolescente a commencé à utiliser des solvants entre 9 et 11 ans.

Peu de mots du gouvernement

Le gouvernement a reçu une copie du rapport sous embargo à l’avance, affirme Daphne Penrose.

Dans une note envoyée à nos collègues de CBC par courriel, la ministre de la Famille, Heather Stefanson, remercie la défenseure des enfants pour son travail. Elle affirme que les ministères concernés examineront ses recommandations.

Avec des informations de Patrick Foucault

Manitoba

Enfance