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Construire des écoles en trois ans, le souhait du ministre Roberge

Le reportage de Jean-Philippe Robillard
Jean-Philippe Robillard

Le nouveau ministre de l'Éducation du Québec, Jean-François Roberge, veut accélérer la construction d'écoles primaires. Il souhaite que les projets soient achevés en trois ans plutôt qu'après quatre à six ans, comme c'est le cas actuellement; un défi pour les commissions scolaires.

Selon des données compilées par Radio-Canada, il faut en moyenne cinq ans pour qu'un projet d'agrandissement ou de construction d'une école se concrétise à la Commission scolaire de Montréal. Ailleurs au Québec, les délais sont similaires, selon le ministre Jean-François Roberge. « On ne peut pas accepter ça », souligne-t-il.

Le ministre de l'Éducation est convaincu qu'on peut construire des écoles primaires plus rapidement. Il explique les délais actuels par le fait que « les procédés ne sont pas bons » puisqu'ils « n'ont pas été revus depuis fort longtemps, parce qu'on accepte qu'il y ait trop de validations, de survalidations ».

Les délais de livraison des projets d'écoles sont trop longs, confirme la présidente de la Commission scolaire de Montréal (CSDM), Catherine Harel Bourdon, qui ajoute que les besoins de nouvelles classes sont criants sur son territoire. « C'est qu'on a beaucoup d'étapes dans le processus de construction d'une école. La première chose, c'est qu'on attend 10 mois pour la réponse du ministère », dit-elle. Mme Harel Bourdon ajoute que par la suite, le projet doit respecter les règlements municipaux pour l'obtention des permis et que chaque arrondissement a des règles et des procédures différentes.

Et c'est sans compter l'opposition de certains résidents aux projets d'agrandissement et de construction de nouvelles écoles.

Extérieur de l'école Sainte-Bernadette-Soubirous.Travaux d'agrandissement de l'École Sainte-Bernadette-Soubirous dans le quartier Rosemont, à Montréal Photo : Radio-Canada

La CSDM a environ 325 classes en chantier et des projets pour en construire plus de 200 autres. Les demandes ont été faites au ministère de l'Éducation en août.

À l'heure actuelle, lorsqu'une commission scolaire dépose une demande de financement pour l'agrandissement ou la construction d'une école, elle doit attendre environ un an avant d'obtenir une réponse du ministère de l'Éducation.

La présidente de la Commission scolaire de Laval, Louise Lortie, croit elle aussi que les constructions d'écoles doivent s'accélérer. « Il y a vraiment beaucoup d'élèves, dit-elle. On besoin de construire des écoles plus rapidement. »

Mme Lortie cite l'exemple d'une nouvelle école primaire qui ouvrira ses portes en septembre 2019, soit six ans après avoir obtenu le financement du ministère de l'Éducation. « Au moment où on a l'argent, il faut trouver un terrain pour la construire. C'est ce qui a été long dans ce cas-ci », dit-elle.

Au cabinet du maire de Laval, on s'assure de faire le nécessaire pour limiter les délais.

Délais = coûts supplémentaires

Les projets sont tellement longs à aboutir que parfois les coûts augmentent. Ce fut le cas à l'École Sainte-Bernadette-Soubirous dans Rosemont, à Montréal. Le budget est passé de 9 à 12 millions de dollars, selon la présidente de la CSDM, Catherine Harel Bourdon. « Ça nous a pris plus de deux ans avec le ministère de l'Éducation [...] pour obtenir le financement de cet écart-là », ajoute-t-elle.

Les délais d'ouverture de nouveaux établissements scolaires sont tels que lorsque les travaux sont terminés, il arrive même que la démographie des quartiers environnants ne soit plus la même qu'au début du projet, indique la présidente de la Commission scolaire de Laval.

De son côté, le ministre de l'Éducation promet que les choses vont changer. « C'est devenu une priorité au gouvernement de revoir ça », dit-il.

M. Roberge précise que si c'est nécessaire, des étapes superflues seront éliminées et que des délais seront réduits, notamment entre le moment où la commission scolaire dépose sa demande et la réception de la réponse. Il souligne qu'« un dossier peut être dans un classeur durant trois mois » avant d'être analysé.

Le ministre Roberge croit qu'en apportant ces changements, il pourra ajouter des concours d'architecture dans le processus de rénovation et de construction d'écoles sans accroître les délais.

Une façon, selon lui, d'avoir des écoles qui seront plus belles et plus inspirantes.

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