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Les petites banques alimentaires, premières victimes des difficultés économiques

Une étagère avec des boîtes de conserve de saumon et de thon.

Depuis trois ans, la quantité de nourriture que la banque alimentaire de Calgary partage avec d'autres organismes à l'extérieur de la ville a diminué de 25 %.

Photo : CBC

Radio-Canada

La crise du prix du pétrole albertain ravive les craintes des banques alimentaires de la province, qui font déjà face à une demande accrue depuis cinq ans. La situation est particulièrement préoccupante dans les régions rurales où plusieurs organismes dépendent de l'aide des grandes villes pour une partie de leur approvisionnement.

Un texte de François Joly

La banque alimentaire de Calgary a des allures de fourmilière à l’approche de la période des fêtes. Au milieu de la valse des camions et des chariots élévateurs se trouve Lynn Reid, le directeur de la banque alimentaire du comté de Rocky Mountain View, située dans la petite municipalité d'Olds.

Il a fait une heure de voiture en compagnie de son fils et de deux autres bénévoles pour venir chercher une cargaison de plus de 2700 kilogrammes de nourriture.

« J’espère qu’on va trouver des boîtes de céréales là-dedans », dit-il.

Un homme en entrevue à la banque alimentaire de Calgary.

Une à deux fois par mois, Lynn Reid fait l'aller-retour entre Olds et Calgary pour venir chercher une cargaison de nourriture.

Photo : Radio-Canada

Comme beaucoup de banques alimentaires, celle de Rocky Mountain View vient s’approvisionner plusieurs fois par mois à Calgary. « Ça nous permet d'économiser une petite fortune », précise Lynn Reid.

Comme beaucoup d'autres personnes, il s'inquiète de la baisse des cours du pétrole albertain.

Ressources en demande

Depuis les inondations de 2013 et l'effondrement des cours du brut l’année suivante, la banque alimentaire de Calgary fait face à une demande accrue.

Elle a déjà été forcée de réduire l’aide qu’elle fournit à d’autres organismes. Durant l'année financière 2017-2018, elle a offert plus de 907 185 kg de nourriture à des banques alimentaires dans l'ouest du pays. C’est 25 % de moins qu’en 2015-2016.

Dolores Coutts, en entrevue, à la banque alimentaire de Calgary.

La banque alimentaire de Calgary consacre déjà la moitié de son budget annuel de 8 millions de dollars à l’achat de denrées périssables comme de la viande ou des produits laitiers, explique Dolores Coutts.

Photo : Radio-Canada

Cette baisse s’explique toutefois en partie par un changement dans la composition des cargaisons de nourriture, précise la directrice des communications et du développement, Dolores Coutts.

« Nous avons décidé de nous concentrer sur les aliments plus nutritifs et de réduire la quantité de certaines choses comme les boissons sucrées qui sont souvent plus lourdes », précise-t-elle.

Dans plusieurs cas, le problème n’est pas le manque de nourriture, mais plutôt le manque d’argent pour la transporter. Quand la demande augmente, il faut plus d’argent pour acheter des denrées. Il y a aussi moins d’argent est pour payer les camions de transport, en particulier pour aller dans les régions situées loin d’une autoroute principale.

La banque alimentaire de Calgary consacre déjà la moitié de son budget annuel de 8 millions de dollars à l’achat de denrées périssables comme la viande et les produits laitiers.

Faire confiance à sa communauté

La banque alimentaire de Rocky Mountain View dispose heureusement de son propre camion et n'est située qu'à 100 km de la métropole albertaine. L’aide que son organisme reçoit a toutefois des allures de loterie. Le contenu varie énormément d'une semaine à l'autre selon ce qui est disponible à Calgary.

Plutôt que des céréales, les bénévoles comme Vince Meier ont dû cette fois trouver de la place pour des cannes de Noël.

« Nous recevons d’habitude trois fois plus de boîtes remplies de produits comme des boîtes de conserve », explique-t-il.

Vince Meier dans l'entrepôt de la banque alimentaire, la main posée sur une pile de boîtes remplies de nourriture.

Vince Meier dit qu'il reçoit d'habitude davantage de boîtes remplies de produits comme des boîtes de conserve.

Photo : Radio-Canada

La qualité des produits pourrait d’ailleurs encore diminuer si une nouvelle vague de mises à pied frappe les travailleurs de l'industrie pétrolière.

« Nos ressources seront encore plus en demande et il y en aura moins pour les régions rurales », déplore Dolores Coutts.

Lynn Reid refuse quant à lui de s'en faire. L'octogénaire dit que la population et les entreprises de la région sont toujours au rendez-vous quand la nourriture vient à manquer.

« Il faut savoir faire confiance à sa communauté. Jusqu’ici, ça nous a bien servi », dit-il.

Alberta

Pauvreté