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Une Russe plaide coupable à une accusation de complot contre les États-Unis

Maria Butina, devant un micro
Maria Butina a plaidé coupable à une accusation de complot contre les États-Unis. Photo: The Associated Press
Radio-Canada

Maria Butina a plaidé coupable à une accusation de complot en vue d'agir comme agent étranger, reconnaissant avoir voulu s'infiltrer dans les cercles politiques républicains. Son plaidoyer s'inscrit dans le cadre d'une entente conclue avec des procureurs fédéraux américains.

La ressortissante russe de 30 ans a admis, devant un tribunal fédéral de Washington, avoir participé à un effort organisé, soutenu par des responsables russes, pour ouvrir des voies de communication non officielles avec des Américains influents au sein du Parti républicain et de la National Rifle Association (NRA), le principal lobby proarmes des États-Unis.

L’objectif était de les convaincre de considérer la Russie comme un allié et non comme un ennemi.

Maria Butina a déclaré avoir agi « sous la direction » d'un responsable russe, identifié par des médias américains comme étant Alexander Torshin, l'ex-gouverneur adjoint de la Banque centrale de Russie, qui a récemment pris sa retraite.

Dans le cadre de l'accord, elle a accepté de remettre aux procureurs toute preuve de crimes dont elle aurait eu connaissance, de présenter un bilan complet de ses avoirs financiers, de participer à des entrevues avec des représentants de la loi en renonçant à son droit à l'assistance d'un avocat pendant ces entrevues et de témoigner devant de grands jurys ou des tribunaux de Washington ou ailleurs, selon CNN.

L'audience pour déterminer la date du prononcé de sa peine a été fixée en février 2019.

Elle restera en détention le temps de sa collaboration avec les procureurs.

Elle est passible d'une peine maximale de cinq ans d'emprisonnement, mais sa collaboration lui vaudra vraisemblablement une peine réduite. Selon les documents de cour, elle sera probablement expulsée par la suite.

Arrêtée en juillet dernier, elle avait plaidé non coupable.

Les procureurs changent leur fusil d'épaule

Précédemment, les procureurs avaient accusé Maria Butina d'avoir utilisé la sexualité comme moyen d'espionnage, d'être en contact avec les agences de renseignement russes et d'utiliser son amoureux, le conseiller du Parti républicain Paul Erickson, pour gagner l'accès à des Américains influents, des accusations qu'ils ont par la suite laissé tomber.

Les avocats de Maria Butina s'étaient vigoureusement opposés au portrait dépeint cet été par les procureurs, les accusant de l'avoir faussement décrite « comme une sorte de séductrice entraînée par le Kremlin ou un personnage de roman d'espionnage troquant le sexe contre un accès [à des gens influents] et le pouvoir ».

La jeune femme, originaire de Sibérie, s'est fait connaître de la NRA en militant pour une organisation proarmes russe, le « Droit aux armes ».

Elle était surveillée par le FBI depuis son arrivée à Washington en vertu d'un visa étudiant, en août 2016.

Elle a profité de sa présence en territoire américain pour développer des contacts avec des responsables conservateurs et participer à des dîners « d'amitié et de dialogue » afin de favoriser un réchauffement des relations – à l'époque très tendues – entre Washington et Moscou.

Des photos la montraient avec plusieurs dirigeants de la NRA et des responsables politiques républicains. En 2015, lors d'une réunion politique de Donald Trump, elle avait interrogé le milliardaire républicain sur sa position envers Moscou.

Une porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a estimé que l'arrestation de Maria Butina était politiquement motivée. Elle a plaidé coupable « pour survivre », a-t-elle affirmé.

Avec les informations de New York Times, et CNN

International