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Un tsunami cosmique aurait détruit la mégafaune marine au Pliocène

Impression artistique d'une supernova.
Représentation artistique d'une supernova Photo: NASA

L'explosion d'une ou de plusieurs supernovas à quelque 150 années-lumière de la Terre, il y a environ 2,6 millions d'années, aurait mené à la disparition de grands animaux marins tels que le mégalodon, plus grand requin qui ait jamais peuplé les océans terrestres.

Une lumière étrangement brillante est apparue dans le ciel du Pliocène et y est restée des semaines ou peut-être même des mois, explique l’astrophysicien américain Adrian Melott, de l’Université du Kansas.

En l'espace de quelques centaines d'années, longtemps après la dissipation de cette lumière, une vague d'énergie cosmique provenant de cette explosion d'étoiles a atteint la Terre et a déstabilisé son atmosphère au point de provoquer des changements climatiques importants.

Des articles récents ont révélé la présence d’un isotope radioactif du fer dans d'anciens gisements des fonds marins; ils fournissent une preuve solide d’un lien temporel avec l’explosion de supernovas.

Adrian Melott

Le professeur Melott ne peut établir avec certitude si le tsunami cosmique est le résultat d’une ou de plusieurs supernovas.

Il y a un débat à savoir s'il n'y a eu qu'une seule supernova ou plutôt une chaîne de supernovas. Je préfère penser à une combinaison de deux, l’une plus puissante et plus proche que l’autre.

Adrian Melott

Selon l’hypothèse de l’astrophysicien et de collègues brésiliens, l'architecture même de l’Univers local de notre galaxie, la Voie lactée, laisse à penser qu’elle a été sculptée à la suite d’une série de supernovas.

Quoi qu’il en soit, la Terre a été recouverte d’une couche de fer-60, et des particules appelées muons ont rejoint sa surface, causant des cancers et des mutations, particulièrement chez les gros animaux.

Impression artistique d'un C. megalodon chassant deux baleines appartenant au genre Eobalaenoptera.Représentation artistique d'un C. megalodon chassant deux baleines appartenant au genre Eobalaenoptera. Photo : Musée d'histoire naturelle de la Virginie

Nous avons estimé que le taux de cancer a augmenté d'environ 50 % pour un organisme de la taille d'un être humain. Pour un éléphant ou une baleine, la dose de radiation augmente encore plus.

Adrian Melott

L'extinction du Pliocène s’est d’ailleurs concentrée dans les eaux côtières, où les plus gros organismes recevaient une plus grande dose de rayonnement des muons.

« Les dommages causés par les muons s'étendaient aux organismes vivant dans les premières centaines de mètres des océans, devenant moins graves à de plus grandes profondeurs », affirment les chercheurs.

Les grands animaux marins vivant dans les eaux peu profondes ont pu être condamnés par le rayonnement des supernovas.

L’une des extinctions animales les plus connues de cette période est celle du mégalodon (Carcharocles megalodon), qui atteignait la taille d’un autobus.

On peut penser qu’elle [l’extinction] peut être liée aux muons. Fondamentalement, plus la créature est grande, plus les effets du rayonnement ont été importants.

Adrian Melott

Le détail de ces travaux est publié dans la revue Astrobiology (Nouvelle fenêtre) (en anglais).

Astronomie

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