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Montréal et Saint-Lambert s’entendent pour réduire le bruit des spectacles au parc Jean-Drapeau

Un groupe en concert au parc Jean-Drapeau

Le festival Heavy Montréal a entraîné 167 plaintes en 2018.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Des limites de bruit devraient être imposées en 2019 lors des spectacles au parc Jean-Drapeau, recommandent les Villes de Montréal et de Saint-Lambert, ainsi que la Société du parc Jean-Drapeau, en conclusion d'un projet pilote mené l'été dernier. La durée des événements devrait aussi être revue si nécessaire.

« La norme qu'on va établir, c'est un plafond avec un nombre de décibels, qu'on est en train de finaliser avec Saint-Lambert », indique Jean-François Parenteau, responsable des services aux citoyens au comité exécutif de Montréal. Il précise toutefois que des autorisations pourraient être données « sur une base ponctuelle », pour certains événements qui dépasseraient ce plafond.

Des mesures d’atténuation du son sont d’ailleurs prévues dans le projet d’aménagement du parc Jean-Drapeau. Le site du nouvel amphithéâtre pourra compter sur des tours à délais qui permettront de « mieux calibrer le son en fonction des événements et des conditions météorologiques », indique le communiqué faisant le bilan de l’expérience pilote.

Le maire de Saint-Lambert, Pierre Brodeur, se dit très satisfait de cette entente.

« Il y a une volonté de trouver des solutions. C’est très réconfortant de voir que tout le monde travaille ensemble. On a eu au cours de l’année 2018 plus de réunions qu’au cours des six dernières années », affirme-t-il.

Depuis longtemps, le bruit des spectacles au parc Jean-Drapeau est un sujet litigieux entre Montréal et Saint-Lambert.

L’ancienne administration de la municipalité de la Rive-Sud a d’ailleurs lancé une poursuite contre Montréal en 2015 en raison du niveau sonore des concerts.

Élu il y a un an, le maire Brodeur dit avoir l'intention de régler cette affaire à l'amiable. Selon lui, Saint-Lambert a déjà dépensé un demi-million de dollars pour cette poursuite.

Documenter le bruit

Le projet pilote, initié par la Ville de Saint-Lambert, la Société du parc Jean-Drapeau et l’arrondissement de Ville-Marie, visait à documenter le bruit généré par les événements offerts au parc et à trouver des pistes pour améliorer la cohabitation entre les résidents et les promoteurs de spectacles.

Entre le 20 mai et le 30 septembre, le service à la clientèle du parc Jean-Drapeau a reçu 486 plaintes – sept fois plus qu’en 2017 – provenant de 170 personnes. Près de 80 % de ces plaintes provenaient de résidents de Saint-Lambert.

Pendant l’été, les niveaux de bruit ont été mesurés à trois endroits au moyen de sonomètres :

  • aux endroits où se déroulent les spectacles;
  • près d’Habitat 67, à la Cité du Havre;
  • près de résidences à Saint-Lambert.

On a analysé l’intensité sonore en décibels (dB) des événements qui ont suscité le plus grand nombre de plaintes pendant l’été, soit Heavy Montréal (167 plaintes), Osheaga (112), Piknik Électronik (91) et ÎleSoniq (60).

Les niveaux sonores moyens pendant ces événements ont varié entre 75 dBA et 86 dBA au parc Jean-Drapeau et entre 51 dBA et 54 dBA à Saint-Lambert. En ce qui concerne la perception des basses fréquences, cause particulière de nuisance, les niveaux moyens ont varié entre 92 dBC et 99 dBC au parc Jean-Drapeau et entre 67 dBC et 73 dBC à Saint-Lambert.

L’atténuation de l’impact des basses fréquences, en collaboration avec les promoteurs d’événements, le milieu de la santé et celui de la recherche universitaire, fait d’ailleurs l’objet d’une des recommandations du rapport.

La mesure des niveaux de bruit devrait également se poursuivre en 2019 au parc Jean-Drapeau et dans les municipalités environnantes, recommande le rapport.

La mesure de l’intensité sonore

Le niveau sonore est habituellement mesuré en décibels pondérés (dBA), ce qui permet de simuler ce qu'entend l'oreille humaine. Les dBA ne sont toutefois pas adéquats pour rendre compte de la perception des basses fréquences, pour laquelle on utilise une autre pondération, appelée dBC.

Les décibels sont une unité de mesure logarithmique. Ainsi, une augmentation de 3 dB correspond à un doublement de l’énergie sonore, une augmentation de 10 dB correspond à une multiplication par 10 de l’énergie du son, et une augmentation de 20 dB correspond à une multiplication par 100 de cette énergie.

Le niveau sonore d’une conversation normale se situe à environ 60 dBA, celui d’un aspirateur, à 70 dBA, celui d’une tondeuse, à 90 dBA, et celui d’une tronçonneuse, à 100 dBA.

Source : ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec

Avec la collaboration de Benoît Chapdelaine

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