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Une Ontarienne de 9 ans est la première enfant au Canada à suivre un traitement de stimulation cérébrale profonde

Andi Dreher, 9 ans et sa mère Lori dans une salle de jeu à l'Hôpital SickKids de Toronto
Andi Dreher, 9 ans et sa mère Lori dans une salle de jeu à l'Hôpital SickKids de Toronto Photo: Radio-Canada / Kelda Yuen
Radio-Canada

Souffrant d'une forme d'épilepsie très sévère, Andi Dreher, 9 ans, est la première enfant au Canada à suivre un traitement de stimulation cérébrale profonde, généralement réservé aux adultes.

Depuis l'âge de trois ans, l'enfant souffre d'épilepsie. À l'âge de 7 ans, Andi Dreher avait jusqu'à 150 crises par jour et était alors incapable de faire les tâches les plus simples comme de marcher, de parler et de manger.

« Elle sait qu’elle jouait au soccer, qu’elle était meneuse de claque, qu’elle faisait tout ça et qu’elle ne peut plus. C’est difficile », dit sa mère Lori Dreher.

Parmi les affections neurologiques graves chez les enfants, l'épilepsie est la plus courante. Pour la plupart, la maladie peut être contrôlée par des médicaments. Mais un enfant sur trois qui est atteint d’épilepsie ne répond pas aux médicaments. Une partie d’entre eux peut potentiellement bénéficier de certains traitements chirurgicaux, affirme le Dr George Ibrahim, le neurochirurgien pédiatrique de l’hôpital SickKids de Toronto, qui a opéré Andi.

Lorsque Andi et sa famille sont venus de Kitchener pour le rencontrer l’an dernier, il dit avoir été surpris de la gravité de son cas.

Elle a une malformation du cerveau qui entraine les crises et parce que les crises se produisent depuis si longtemps et si fréquemment, d’autres régions [du cerveau] que celle qui était anormale, généraient des crises, explique le neurochirurgien.

Le Dr George Ibrahim de l'Hôpital SickKids de TorontoLe Dr George Ibrahim de l'Hôpital SickKids de Toronto Photo : Radio-Canada / Kelda Yuen

À court d’options, le Dr Ibrahim et son équipe ont décidé d’essayer quelque chose de différent.

Croyant que la stimulation cérébrale profonde puisse être la solution, il a recruté le Dr Suneil Kalia, un neurochirurgien à l’Hôpital Western de Toronto, pour l'assister. L’hôpital Western est l'établissement qui réalise le plus grand nombre de ces procédures au Canada.

La stimulation cérébrale profonde est généralement pratiquée sur des adultes pour traiter des troubles physiques comme la maladie de Parkinson, l’épilepsie et la douleur chronique. Elle consiste à envoyer des stimulations ciblées dans le cerveau pour soulager les symptômes sans endommager les tissus adjacents.

Réaliser cette procédure sur un enfant est toutefois rare. Il n'existait que 40 cas connus et aucun au Canada avant celui d'Andi Dreher.

Radiographie des électrodes dans le cerveau d'Andi DreherLes électrodes dans le cerveau d'Andi Dreher Photo : SickKids

Le 1er octobre dernier, l’enfant a subi une opération de huit heures pour que des électrodes soient placées dans son cerveau et connectées à un implant à piles logé dans sa poitrine.

L’idée est qu’avec le courant électrique qui passe dans ces électrodes, nous pouvons altérer les circuits neurologiques […]. Dans le cas d’Andi, nous voulions réduire la fréquence de ses crises et l’excitabilité du cerveau, explique le Dr Ibrahim.

L’implant a été activé le 15 novembre. Lori Dreher le contrôle et peut l’ajuster. Par exemple, la semaine dernière nous étions sur le niveau D et elle était un zombie, aucun contrôle musculaire, aucun mot. Nous l’avons changé au niveau B et elle a été immédiatement capable de dire quelques mots et une phrase ou deux sur sa journée. […] Nous croyons donc que ça va fonctionner une fois que l’on aura peaufiné [les réglages], raconte-t-elle

Selon le Dr Ibrahim, il faudra toutefois attendre plusieurs mois avant de pouvoir vraiment constater les effets de la stimulation cérébrale profonde.

Elle est une petite fille extrêmement résiliente. Elle a une forme d’épilepsie très sévère et malgré ça, elle aime la vie, affirme le médecin.

Avec les informations de CBC

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