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Le Parti vert pourrait-il prendre le pouvoir à l'Île-du-Prince-Édouard?

Sur un macaron du Parti vert de l'Île-du-Prince-Édouard est inscrit le prénom du chef de cette formation, Peter Bevan-Baker.

Photo : Radio-Canada

Elisa Serret

L'Île-du-Prince-Édouard a souvent été à l'avant-garde en désignant un premier ministre d'origine arabe, un autre ouvertement homosexuel et une femme. Cette province pourrait encore surprendre l'an prochain en faisant élire le premier gouvernement vert au pays.

Josh Underhay est enseignant et père de deux jeunes enfants. Été comme hiver, il se déplace en vélo. Car pour lui, les effets du changement climatique se font sentir et il est grand temps d’agir.

À 35 ans, Josh Underhay entreprend un changement de carrière. Aux prochaines élections provinciales, il se lancera en politique dans les rangs du Parti vert. Selon lui, l'heure est venue de mettre un terme à la vieille joute politique qui dure depuis 100 ans entre les progressistes-conservateurs et les libéraux.

Il est convaincu que l’Île-du-Prince-Édouard est mûre pour un parti vert au pouvoir.

Les deux hommes sont attablés, et en avant-plan, une affiche, sur laquelle il est écrit : « Green Social ».

Josh Underhay, candidat du Parti vert de l'Île-du-Prince-Édouard, discute avec un membre de cette formation dans un bar.

Photo : Radio-Canada

Josh Underhay n’est pas le seul à croire que le vert est la couleur de l'avenir. Les récents sondages indiquent que le Parti vert a le vent dans les voiles. Si bien que les verts pourraient déloger les libéraux.

Un chef charismatique

Le chef de la formation, Peter Bevan-Baker, est un homme respecté dans la province, affirme le professeur de sciences politiques de l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard Don Desserud.

L’ancien dentiste s’est fait élire en 2015. Il l’a emporté devant une libérale dans la circonscription de Kellys Cross-Cumberland. Selon les sondages, le chef environnementaliste serait plus populaire que l’actuel premier ministre libéral, Wade MacLauchlan.

Peter Bevan-Baker avait tenté sa chance dans les rangs des partis verts de l’Ontario et du Canada, mais sans succès. Cette fois, les choses vont bon train. Le Parti a maintenant deux députés à l’Assemblée législative. Une autre candidate, Hannah Bell, a rejoint le chef vert, après avoir remporté une élection partielle en décembre 2017. C’est à ce moment-là que Peter Bevan-Baker a senti que tout était possible.

Gros plan sur le visage du chef vert.

Le chef du Parti vert de l'Île-du-Prince-Édouard, Peter Bevan-Baker

Photo : Radio-Canada

Le chef vert veut faire de la politique de proximité. Une fois par mois, il vient dans un bar de Charlottetown rencontrer ses concitoyens; des curieux et des membres du Parti. Ils discutent de tout et de rien.

Le chef veut ainsi contrer le cynisme politique ambiant et montrer à ses concitoyens qu’il est possible de faire autrement. Josh Underhay l’accompagne au rendez-vous de décembre. Josh se considère l’émule de Peter Bevan-Baker. C’est grâce à lui, dit-il, qu’il a décidé de faire le saut en politique.

Peter est un homme véritablement bon et il nous donne envie de nous impliquer.

Josh Underhay, candidat vert aux prochaines élections

Les curieux sont de plus en plus nombreux à participer à ces soirées, affirment les organisateurs.

« Nous sentons qu’il y a un vent de changement à l’Île-du-Prince-Édouard. La politique ici est devenue très intéressante depuis que les verts sont là. Ça fait du bien », confie un nouveau membre du parti.

C’est la première fois en 100 ans qu’un tiers parti arrive à faire élire deux députés à l’Assemblée législative de l’Île-du-Prince-Édouard.

Un contexte favorable

Les élections provinciales pourraient être déclenchées à tout moment à compter de mai 2019.

Ils sont en train d'entrer dans la salle.

Les futurs candidats du Parti vert visitent l'Assemblée législative de l'Île-du-Prince-Édouard.

Photo : Radio-Canada

Début décembre, Josh Underhay et Nick Arseneault, un autre candidat, visitent l’Assemblée législative avec le chef du Parti vert. L’engouement pour la formation exprime avant tout un désir de changement, croient les nouvelles recrues, qui admirent l’intérieur de l’Assemblée et ses 27 sièges.

Le Parti vert est frais, ça donne une fraîcheur à la politique, ça donne une fraîcheur à notre avenir ici à l'Île-du-Prince-Édouard.

Nick Arseneault, candidat vert aux prochaines élections

Le professeur Don Desserud estime que les verts jouissent d’un contexte idéal. Il est du même avis que Josh Underhay; il pense aussi que les insulaires veulent du changement.

Selon lui, le règne libéral tire à sa fin. Ce parti est au pouvoir depuis plus de 13 ans. « On a vu ça souvent dans l’histoire. Après deux ou trois mandats, ici, on veut du changement », souligne-t-il.

Don Desserud ajoute que le Parti progressiste-conservateur n’a pas la cote pour l’instant. La formation est sans chef depuis des mois, et ce manque de leadership permet au Parti vert de prendre plus de place à l’Assemblée, selon l’expert.

Le Parti progressiste-conservateur devrait se choisir un nouveau chef en février 2019. Cela donne peu de temps à ce parti pour renverser la vapeur avant les prochaines élections provinciales, souligne le professeur.

Pas juste un parti vert

Josh Underhay considère que le Parti vert a su démontrer que la petite formation n’est pas qu’un parti environnementaliste.

Le cadre fiscal est responsable et la plateforme électorale du Parti est bien étayée. Ils ont des politiques réalistes sur l’économie, la santé, l’éducation et les technologies.

Don Desserud, professeur de sciences politiques à l’Université de l’Î.-P.-É.

Les deux candidats croient que les Prince-Édouardiens perçoivent le Parti vert comme étant une réelle solution de rechange, et non simplement un parti pro-environnement.

Le chef vert est debout et discute avec des gens attablés devant un repas.

Le chef du Parti vert de l'île-du-Prince-Édouard, Peter Bevan-Baker, discute avec des concitoyens lors d'un événement organisé par le parti.

Photo : Radio-Canada

« Je pense que le grand public commence à le voir; le Parti vert n'est pas seulement le parti de l'environnement. Nous avons d'excellentes politiques profondes à propos de la gouvernance, de la santé et de l'économie », note Josh Underhay.

En un an, la formation a réussi à faire amender un projet de loi sur la main-d'oeuvre. Et il a fait adopter un projet de loi sur l'innovation et les technologies.

Pour le Parti vert, il semble que tous les rêves sont permis dans la prochaine année. S’il ne prend pas le pouvoir aux prochaines élections, tout porte à croire qu’il pourrait au moins faire élire assez de députés pour qu’un gouvernement minoritaire, vert ou non, siège. Un scénario jamais vu depuis 1890.

Île-du-Prince-Édouard

Politique provinciale